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dimanche 6 septembre 2026

Kinshasa : 11 morts dans l’incendie d’une salle de mariage, les autorités annoncent une vaste inspection

Kinshasa s’est réveillée sous le choc après l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 août 2026, dans une salle où se déroulait une fête de mariage, sur l’avenue Triomphale. Le bilan communiqué par le ministre provincial de l’Intérieur, Jeannot Canon, fait état de 11 morts et de plusieurs blessés pris en charge dans des structures sanitaires de la capitale.

Les victimes seraient mortes par étouffement

S’exprimant sur le drame, Jeannot Canon a indiqué que les autorités poursuivent leurs vérifications afin d’établir le bilan définitif et les circonstances exactes de l’incendie.

Selon les premières informations recueillies dans les centres de santé visités par les autorités, plusieurs personnes ont été prises en charge pour des blessures et des malaises liés notamment à la panique et à l’étouffement.

Le ministre provincial a notamment fait état des blessés pris en charge à l’hôpital Vijana dans la commune de Linguala, tandis que des victimes ont également été examinées à l’Hôpital du Cinquantenaire.

Il précise que les décès enregistrés seraient principalement liés à l’étouffement, plutôt qu’à des brûlures directes provoquées par les flammes.

Une salle d’exposition transformée en espace de fête ?

L’un des principaux points qui retiennent l’attention des autorités concerne la destination initiale de la salle Manassé. Le ministre Jeannot Canon affirme que le bâtiment aurait été conçu à l’origine comme une salle d’exposition de meubles, et non comme une salle destinée à accueillir des manifestations festives.

La question de l’autorisation d’exploitation de cet espace pour des événements de ce type devra donc être éclaircie par les enquêteurs.

« Nous devons savoir si réellement ils ont eu l’autorisation d’ouvrir une salle de fête », a déclaré le ministre provincial, estimant que les premières constatations font apparaître des interrogations sur le respect des normes de sécurité.

L’origine du feu reste inconnue

À ce stade, les autorités se refusent à établir la cause exacte du sinistre. Selon Jeannot Canon, les premières vérifications effectuées sur l’installation électrique n’ont pas permis d’identifier une défaillance évidente. La logette électrique serait restée intacte.

L’hypothèse d’un problème électrique n’est donc pas privilégiée à ce stade. D’autres pistes, notamment celle d’une source de feu telle qu’une bougie, restent à vérifier.

Le ministre a insisté sur le fait que les enquêtes sont toujours en cours et que la police criminelle devra déterminer l’origine exacte de l’incendie.

Des interpellations possibles

La question des responsabilités devrait également être examinée. Le ministre provincial Jeannot Canon n’exclut pas des interpellations au terme des premières investigations. Les enquêteurs devront notamment vérifier les conditions dans lesquelles la salle a été utilisée, les éventuelles autorisations administratives ainsi que le respect des normes de sécurité.

La responsabilité des gestionnaires ou organisateurs pourrait ainsi être examinée en fonction des conclusions de l’enquête.

La ville prend en charge les blessés

Après le drame, les autorités provinciales ont effectué une tournée dans plusieurs structures sanitaires pour s’enquérir de l’état des victimes.

Le ministre provincial de l’Intérieur indique que la ville de Kinshasa a pris en charge les blessés encore hospitalisés et assure le suivi de leur situation.

Jeannot Canon appelle par ailleurs la population kinoise au calme, assurant que les autorités suivent l’évolution de la situation.

Vers l’inspection de toutes les salles de fête

Au-delà de ce drame, l’exécutif provincial annonce des mesures plus larges. La ville de Kinshasa envisage désormais une inspection des salles accueillant des manifestations publiques, afin de vérifier leur conformité aux normes de sécurité.

Les établissements qui ne répondent pas aux exigences pourraient être sommés de se mettre en conformité, voire fermés s’ils présentent un danger pour le public.

Pour Jeannot Canon, le drame de l’avenue Triomphale doit servir d’alerte pour renforcer les contrôles et éviter qu’un événement similaire ne se reproduise.

La cause exacte de l’incendie, les éventuelles responsabilités et les conditions d’exploitation de la salle Manassé restent donc à établir par les enquêtes en cours.


Incendie à la salle Panacée : le bilan passe à 12 morts, le Gouvernement ordonne le contrôle des salles de fêtes

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo exprime sa profonde consternation après l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre 2026 à la salle de fêtes Panacée, située au croisement de l’avenue de Libération, ex-24 Novembre, et du boulevard Triomphal, en face de l’INPS et à proximité du Musée national.

Le drame a fait 12 morts, dont sept femmes et cinq hommes, ainsi que plusieurs blessés, selon le bilan provisoire communiqué par les services compétents de la ville de Kinshasa.

Cinq personnes toujours hospitalisées

D’après le bilan officiel, cinq blessés restent hospitalisés. Vingt-et-une autres personnes, dont l’état a été stabilisé, ont pu regagner leurs domiciles avec un suivi médical ambulatoire prévu dans les 48 heures.

Les opérations d’identification des corps qui ne le sont pas encore se poursuivent. Face à cette tragédie, le Gouvernement présente ses condoléances aux familles des victimes et assure les personnes touchées de la solidarité et de l’accompagnement de l’État.

Contrôle systématique des salles de fêtes

Au-delà de la prise en charge des victimes, le Gouvernement annonce des mesures de prévention à l’échelle nationale.

Le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Me Jacquemain Shabani, a instruit tous les gouverneurs de province de procéder sans délai au contrôle systématique des salles de fêtes et autres lieux accueillant des manifestations publiques ou des activités de loisirs.

La Direction générale de la Protection civile ainsi que les services de sécurité sont chargés de contribuer à ces opérations.

Fermeture des établissements non conformes

Le Gouvernement ordonne la fermeture immédiate de tout établissement qui ne respecte pas les normes de sécurité. Les autorités provinciales sont appelées à assurer une application rigoureuse de cette mesure.

À Kinshasa, un rapport sur l’exécution de ces contrôles devra être transmis au Gouvernement dans un délai de quinze jours.

Cette décision vise notamment à prévenir la répétition de drames similaires dans les espaces recevant du public.

Les circonstances du drame toujours sous enquête

Parallèlement, les services compétents poursuivent leurs investigations afin de déterminer l’origine de l’incendie, les circonstances exactes du drame et les éventuelles responsabilités.

Le suivi médical des blessés, l’identification des victimes et l’accompagnement des familles se poursuivent également. Le Gouvernement réaffirme enfin sa volonté de renforcer les mécanismes de prévention et de contrôle et de faire respecter les normes de sécurité applicables aux établissements ouverts au public sur l’ensemble du territoire national.


Ebola en RDC : l’ONU appelle à une riposte adaptée aux multiples crises qui frappent les populations

Le Coordonnateur des Nations unies en République démocratique du Congo, Damien Mama appelle à une réponse contre Ebola qui tienne compte de la complexité de la situation humanitaire et sécuritaire dans les zones affectées. Il s’est adresse le 4 septembre 2026 lors de la présentation du plan de préparation et de réponse « Une santé » à la 17ème épidémie de maladie à virus Ebola, ainsi qu’à la présentation des engagements des partenaires.

Selon lui, la flambée actuelle évolue dans un environnement marqué par la multiplication des défis, notamment l’insécurité, les déplacements de populations, l’insécurité alimentaire, la malnutrition, la fragilité des services de santé et l’ampleur des besoins humanitaires.

Ces difficultés concernent déjà plusieurs millions de personnes et compliquent davantage les efforts visant à contenir la maladie à virus Ebola.

La continuité des soins au cœur du nouveau plan

Face à cette situation, la réponse à Ebola ne peut pas se limiter au seul contrôle de la transmission du virus. Elle doit également prendre en compte les besoins sanitaires et humanitaires des populations affectées.

Le Coordonnateur des Nations unies a ainsi salué la place accordée à la continuité des soins de santé et aux considérations humanitaires dans le nouveau plan de réponse.

Pour les Nations unies, cette approche permet de mieux répondre aux besoins des communautés dans toute leur complexité, tout en maintenant les services essentiels de santé pendant la riposte.

Une mobilisation multisectorielle nécessaire

La réussite de cette stratégie dépendra d'une mobilisation impliquant plusieurs acteurs : les ministères concernés, les autorités provinciales, les communautés ainsi que les organisations humanitaires et les autres partenaires engagés dans la réponse.

L'enjeu est de coordonner les interventions afin de répondre simultanément à l'urgence Ebola et aux autres vulnérabilités qui affectent les populations.

Pour l'ONU, cette approche intégrée est indispensable pour protéger les communautés, maintenir l'accès aux soins et renforcer la résilience du système de santé congolais face aux crises actuelles et futures.

Ebola en RDC : Africa CDC réaffirme l’engagement des partenaires aux côtés du gouvernement

Au nom de l’ensemble des partenaires techniques et financiers qui accompagnent la République démocratique du Congo dans la lutte contre la 17ème épidémie de maladie à virus Ebola, le directeur pays d’Africa CDC RDC, Dr Hyppolite Kalambay Ntembwa, a réaffirmé l’engagement des partenaires à soutenir les efforts du gouvernement congolais.

Il a d’abord salué le leadership du gouvernement de la République, particulièrement celui du ministre de la Santé, dans la conduite de la riposte.

Cette dynamique se traduit notamment par le lancement du plan actualisé de riposte pour la période de septembre à décembre 2026, présenté comme un outil essentiel pour renforcer la coordination des interventions.

Éviter les duplications et maximiser l’impact

Pour les partenaires techniques et financiers, l’objectif est de mieux coordonner les interventions afin d’éviter les duplications, de maximiser l’impact des ressources disponibles et de renforcer la redevabilité dans la gestion de la riposte.

Les partenaires présents, ainsi que ceux qui n’ont pas pu participer à la rencontre, se sont engagés à consolider les mécanismes de coordination et de collaboration avec les autorités congolaises.

Une promesse faite aux communautés affectées

Africa CDC a également insisté sur l’importance de placer les communautés au cœur de la réponse. Au nom des partenaires techniques et financiers, son représentant a assuré les populations des provinces touchées de leur détermination à soutenir une riposte qui tienne compte des réalités locales, respecte les traditions et protège les enfants.

Transformer l’épreuve en opportunité

Les partenaires réaffirment ainsi leur engagement à accompagner la mise en œuvre du plan actualisé. « Ensemble, nous allons interrompre la transmission de la maladie. Ensemble, nous allons transformer cette épreuve en une opportunité », a déclaré le représentant.

L’ambition est également de contribuer à restaurer les services de santé essentiels et à renforcer durablement les systèmes de santé au niveau local, afin que la réponse à Ebola laisse des capacités renforcées au-delà de l’urgence.


Ebola en RDC : l’OMS appelle à une mobilisation de 1,3 milliard de dollars pour les six prochains mois

La République Démocratique du Congo renforce sa stratégie de lutte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola. À l’occasion du lancement du Plan multisectoriel de deuxième génération pour la préparation et la réponse à l’épidémie d’Ebola, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé le 4 septembre 2026 à Kinshasa à une mobilisation collective et durable pour contenir la propagation du virus et sauver des vies.

Les partenaires engagés dans la riposte, la représentante de l’OMS en RDC, Dr Anne Ancia, a salué l’engagement du gouvernement et de l’ensemble des acteurs sanitaires et humanitaires. Selon elle, face à une épidémie d’une telle ampleur, « la solidarité est notre force » et l’action collective constitue le meilleur moyen de faire face à la crise.

Plus de 6.000 personnes affectées et plus de 3.000 décès

L’OMS se dit toutefois préoccupée par l’évolution de la situation épidémiologique. L’épidémie actuelle est présentée comme la deuxième plus importante jamais enregistrée en RDC et la plus rapide à ce jour.

Plus de 6.000 personnes ont été affectées et plus de 3.000 ont perdu la vie. La maladie touche désormais 60 zones de santé dans six provinces.

Derrière ces chiffres se trouvent des familles endeuillées, des communautés inquiètes et des professionnels de santé qui poursuivent leur travail dans des conditions difficiles, parfois au péril de leur vie. La représentante de l’OMS leur a rendu hommage, saluant leur courage et leur engagement dans la riposte.

Des chaînes de transmission encore difficiles à maîtriser

L’un des principaux défis reste la persistance des décès dans les communautés, loin des structures de prise en charge, ainsi que l’apparition de nouveaux cas dont le lien épidémiologique avec des cas confirmés n’est pas toujours établi. Pour l’OMS, cette situation montre que toutes les chaînes de transmission ne sont pas encore maîtrisées.

La riposte doit donc être renforcée et rapprochée davantage des populations, notamment dans les quartiers de Bunia, les camps de déplacés de Nizi et de la plaine de Savo, ainsi que dans les communautés minières de Mongwalu, Nyanya et PK 51.

L’insécurité complique davantage la riposte

L’OMS pointe également l’insécurité comme un obstacle majeur. Elle limite l’accès des équipes de riposte à certaines zones et réduit surtout la capacité à atteindre les populations exposées.

À cela s’ajoutent les déplacements de population, la vulnérabilité humanitaire et les difficultés socio-économiques persistantes. Pour l’OMS, cette combinaison de facteurs contribue à la complexité de l’épidémie et à la rapidité de sa propagation.

Pas de preuve d’une mutation du virus

La question d’une éventuelle mutation du virus Ebola pouvant expliquer sa transmission rapide a également été évoquée. La représentante de l’OMS a rapporté des échanges avec le professeur Jean-Jacques Muyembe, selon lesquels les études génomiques réalisées par son institut n’ont, à ce stade, pas apporté de preuve d’une mutation du virus susceptible d’expliquer cette propagation.

La complexité du contexte dans lequel se déroule la riposte serait donc un facteur majeur de la persistance et de la rapidité de transmission de la maladie.

1,3 milliard de dollars nécessaires

La mise en œuvre du nouveau plan multisectoriel nécessite d’importantes ressources financières. Le gouvernement congolais estime les besoins à 1,3 milliard de dollars américains pour les six prochains mois. Pour l’OMS, ce montant doit être considéré comme un investissement plutôt que comme une simple dépense d’urgence.

L’organisation estime que le coût de l’inaction serait beaucoup plus élevé, avec davantage de décès, de familles affectées et de communautés fragilisées, mais aussi un risque de détourner ultérieurement les ressources consacrées au développement pour faire face à une crise plus difficile à contenir.

Investir dans la réponse et renforcer le système de santé

Au-delà de la riposte immédiate, l’OMS insiste sur la nécessité de renforcer durablement le système de santé congolais. La mobilisation des ressources doit ainsi être accompagnée de continuité, de prévisibilité et de solidarité sur le long terme, afin de renforcer les capacités nationales et les mécanismes de préparation aux futures urgences sanitaires.

Pour l’OMS, les 1,3 milliard de dollars nécessaires ne représentent donc pas uniquement le financement d’une réponse à Ebola. Ils constituent également un investissement dans le capital humain et dans la continuité du développement de la RDC.

Aucun pays ne peut gagner seul 

L’OMS réaffirme enfin son engagement aux côtés du gouvernement congolais et de ses partenaires. L’organisation promet de poursuivre son appui technique, de mobiliser les partenaires et d’accompagner les autorités nationales et provinciales aussi longtemps que nécessaire.

Pour l’OMS, la lutte contre Ebola ne pourra être gagnée que grâce à la combinaison de la science, de la solidarité, de la détermination et du courage, avec un objectif central : mettre fin à l’épidémie et protéger chaque famille et chaque communauté affectée.


Ebola en RDC : Roger Kamba revient sur la propagation fulgurante de l’épidémie et appelle à tirer les leçons de la riposte

Le ministre de la Santé publique, Dr Roger Kamba, est revenu sur les circonstances du déclenchement de la 17ème épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo et sur les enseignements tirés des premiers mois de riposte.

Il explique avoir été alerté le 14 mai 2026, vers 19 heures, par le professeur Jean-Jacques Muyembe, après la réception à Kinshasa d’échantillons en provenance de Bunia en Ituri. Les premières analyses avaient confirmé la présence du virus Ebola, sans toutefois permettre immédiatement d’identifier son type.

Toute la nuit, les équipes scientifiques ont travaillé au séquençage du virus. Vers 4 ou 5 heures du matin, le professeur Muyembe a finalement confirmé qu’il s’agissait du virus Ebola de type Soudan, associé historiquement à la région de Bunia.

Le ministre rappelle que ce virus avait déjà été identifié en Ouganda en 2007 et qu’une épidémie avait également été enregistrée en RDC, notamment à Isiro en 2012, mais dans des proportions beaucoup plus limitées.

Une réaction rapide du gouvernement et des partenaires

Après la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai 2026, les autorités congolaises ont rapidement déployé les équipes de riposte. Deux jours plus tard, le ministre affirme avoir été déjà présent sur le terrain en Ituri, aux côtés des partenaires techniques et financiers. Roger Kamba a salué la solidarité internationale et l’appui apporté dès les premières heures de la riposte.

Il a également remercié le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour avoir instruit le gouvernement d’agir rapidement, ainsi que la Primature et le ministère des Finances pour la mobilisation des ressources nécessaires.

Ce n’était pas du tout Ebola Zaïre

Selon le ministre, l’une des premières leçons de cette crise est que cette épidémie ne pouvait pas être abordée exactement comme les précédentes flambées d’Ebola Zaïre.

Roger Kamba dit avoir comparé l’évolution de l’épidémie actuelle avec celle de 2018, qui demeure l’une des plus importantes connues en RDC.

Il souligne qu’en 2018, malgré l’absence d’intervention durant plusieurs mois après l’apparition des premiers cas, l’épidémie n’avait pas connu une explosion comparable à celle observée actuellement.

À l’inverse, en 2026, malgré une intervention rapide, la multiplication des laboratoires, l’installation de capacités de prise en charge et l’arrivée précoce des partenaires, l’épidémie s’est propagée à une vitesse jugée exceptionnelle.

Le ministre dit avoir demandé aux chercheurs d’étudier les raisons de cette différence : le virus lui-même, le contexte ou la combinaison de plusieurs facteurs.

Plus de 6.000 cas et 3.000 décès en trois mois et demi

L’ampleur de la propagation constitue l’une des principales préoccupations des autorités sanitaires. Selon les chiffres présentés par le ministre, l’épidémie a dépassé 6.000 cas et 3.000 décès en trois mois et demi, avec un taux de létalité officiellement estimé à environ 48 %.

Mais Roger Kamba estime que ce taux pourrait être surestimé, notamment en raison des nombreux décès survenus dans les communautés et des personnes contaminées qui n’ont pas été identifiées.

Cette situation pourrait également signifier que le virus circule davantage dans la communauté qu’on ne le pensait, avec des personnes présentant des formes moins sévères de la maladie et susceptibles de transmettre le virus sans être prises en charge.

Des symptômes parfois difficiles à identifier

Le ministre insiste sur une particularité importante observée dans cette épidémie : la symptomatologie semble, dans de nombreux cas, moins alarmante que celle habituellement associée à Ebola Zaïre. Les patients rapportent notamment des maux de tête, des douleurs abdominales, de la fièvre, suivis de vomissements et de diarrhées.

Les saignements, souvent associés dans l’imaginaire collectif à Ebola, seraient beaucoup moins fréquents. Roger Kamba estime qu’environ 10 % des personnes seulement présentent des saignements, lesquels ne seraient pas nécessairement importants.

Cette présentation clinique moins spectaculaire contribue, selon lui, à la circulation du virus dans les communautés sans provoquer la même réaction de peur que lors des précédentes épidémies.

L’Ituri, un contexte particulièrement vulnérable

Le ministre met également en avant les particularités de la province de l’Ituri. Il évoque notamment la situation épidémiologique, le contexte sécuritaire, les déplacements de populations et les besoins humanitaires.

Il souligne également la forte activité minière dans la région, particulièrement à Mongwalu, considéré comme l’un des principaux épicentres de l’épidémie.

La mobilité importante des travailleurs et des personnes qui arrivent dans les zones minières sans y avoir nécessairement leurs familles constitue, selon lui, un facteur susceptible de favoriser la diffusion du virus vers d’autres communautés.

Les prestataires de santé lourdement touchés

Roger Kamba a par ailleurs rendu hommage aux professionnels de santé qui ont payé un lourd tribut depuis le début de l’épidémie. Il cite notamment le Centre médical évangélique de Bunia, où environ 37 personnes auraient été contaminées.

Selon le ministre, plusieurs prestataires ne soupçonnaient pas immédiatement qu’ils étaient confrontés à Ebola, précisément en raison de symptômes qui pouvaient être confondus avec ceux d’autres maladies.

« Beaucoup de personnes se sont contaminées sans même se rendre compte », a-t-il expliqué, rendant hommage aux agents de santé décédés.

Tirer les leçons pour la nouvelle phase de riposte

Pour le ministre de la Santé, les premiers mois de l’épidémie doivent servir de base à l’adaptation de la stratégie de riposte. La prise en compte des formes moins sévères de la maladie, la recherche active des cas et des contacts, la surveillance communautaire ainsi que la compréhension des facteurs favorisant la transmission figurent parmi les enseignements à intégrer dans le nouveau plan.

Roger Kamba estime que cette première période de la crise a permis de mieux comprendre le comportement de l’épidémie et doit désormais permettre d’améliorer l’efficacité de la riposte. L’objectif reste de casser les chaînes de transmission, protéger les communautés et renforcer durablement le système de santé dans les provinces affectées.


mercredi 2 septembre 2026

Kikwit : l’armée démantèle plusieurs barrières et s’attaque aux tracasseries sur la RN1

Sur l’axe Kikwit-Batsongo, la 11e Région militaire passe à l’offensive contre les barrières et les tracasseries routières. Plusieurs points de contrôle ont été démantelés lors d’une opération menée sur la RN1, répondant ainsi au ras-le-bol exprimé depuis longtemps par les usagers.

Tolérance zéro sur la Nationale n°1

Tôt ce vendredi 21 août 2026, deux équipes de patrouilleurs de la 11e Région militaire ont investi l’axe Batsongo–pont Loange, sur instruction du Général-Major Shiko Tshitambwe, commandant de la 1re Zone de défense.

Objectif : faire tomber les barrières illégales et mettre fin aux tracasseries qui perturbent la circulation des personnes et des marchandises sur la RN1.

Sur le tronçon Kikwit-Batsongo, plusieurs barrières ont ainsi été démantelées, notamment à Camp Bikobo, Ndunga 2, Kwenge, Kasay, Masimanimba, Masamuna et Kenge.

Un soulagement pour les usagers

Conducteurs et passagers accueillent favorablement cette opération. Depuis plusieurs années, les plaintes se multiplient concernant les arrêts intempestifs, les perceptions répétées et les paiements exigés par différents services.

Sur le terrain, l’accueil réservé aux militaires traduit le profond ras-le-bol des usagers face à ces pratiques.

Masimanimba, le cas qui interpelle

À Masimanimba, la situation apparaît particulièrement préoccupante. Plus d’une dizaine de services seraient présents au même endroit, parmi lesquels le Tourisme, l’ANR, la DGM, le Transport, la Culture et les Arts ainsi que la PCR.

Une concentration de services qui soulève une interrogation : combien de fois un même véhicule doit-il s’arrêter et payer sur un même trajet ?

Des usagers dénoncent également des perceptions d’argent sans délivrance de documents justificatifs, une pratique qui appelle des explications de la part des services concernés.

L’armée veut libérer la RN1

Le Général de Brigade Moyo Rabbi Richard, commandant a.i. de la 11e Région militaire, suit personnellement l’opération.

L’objectif affiché est clair : faire respecter les instructions de la hiérarchie militaire et débarrasser l’axe des barrières qui entravent la libre circulation.

La RN1 étant une voie essentielle pour le transport des personnes et des marchandises, les usagers réclament davantage de discipline, de transparence et de respect de leurs droits.

À noter : cette opération concerne les barrières et les tracasseries qui leur sont associées. Elle ne vise pas les postes de péage légalement établis.