Kinshasa
s’est réveillée sous le choc après l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du
vendredi 4 au samedi 5 août 2026, dans une salle où se déroulait une fête de
mariage, sur l’avenue Triomphale. Le bilan communiqué par le ministre
provincial de l’Intérieur, Jeannot Canon, fait état de 11 morts et de plusieurs
blessés pris en charge dans des structures sanitaires de la capitale.
Les
victimes seraient mortes par étouffement
S’exprimant
sur le drame, Jeannot Canon a indiqué que les autorités poursuivent leurs
vérifications afin d’établir le bilan définitif et les circonstances exactes de
l’incendie.
Selon
les premières informations recueillies dans les centres de santé visités par
les autorités, plusieurs personnes ont été prises en charge pour des blessures
et des malaises liés notamment à la panique et à l’étouffement.
Le
ministre provincial a notamment fait état des blessés pris en charge à
l’hôpital Vijana dans la commune de Linguala, tandis que des victimes ont
également été examinées à l’Hôpital du Cinquantenaire.
Il
précise que les décès enregistrés seraient principalement liés à l’étouffement,
plutôt qu’à des brûlures directes provoquées par les flammes.
Une
salle d’exposition transformée en espace de fête ?
L’un des principaux points qui retiennent l’attention des autorités concerne la destination initiale de la salle Manassé. Le ministre Jeannot Canon affirme que le bâtiment aurait été conçu à l’origine comme une salle d’exposition de meubles, et non comme une salle destinée à accueillir des manifestations festives.
La
question de l’autorisation d’exploitation de cet espace pour des événements de
ce type devra donc être éclaircie par les enquêteurs.
«
Nous devons savoir si réellement ils ont eu l’autorisation d’ouvrir une salle
de fête », a déclaré le ministre provincial, estimant que les premières
constatations font apparaître des interrogations sur le respect des normes de
sécurité.
L’origine
du feu reste inconnue
À ce
stade, les autorités se refusent à établir la cause exacte du sinistre. Selon
Jeannot Canon, les premières vérifications effectuées sur l’installation
électrique n’ont pas permis d’identifier une défaillance évidente. La logette
électrique serait restée intacte.
L’hypothèse
d’un problème électrique n’est donc pas privilégiée à ce stade. D’autres
pistes, notamment celle d’une source de feu telle qu’une bougie, restent à
vérifier.
Le
ministre a insisté sur le fait que les enquêtes sont toujours en cours et que
la police criminelle devra déterminer l’origine exacte de l’incendie.
Des
interpellations possibles
La
question des responsabilités devrait également être examinée. Le ministre
provincial Jeannot Canon n’exclut pas des interpellations au terme des premières
investigations. Les enquêteurs devront notamment vérifier les conditions dans
lesquelles la salle a été utilisée, les éventuelles autorisations
administratives ainsi que le respect des normes de sécurité.
La
responsabilité des gestionnaires ou organisateurs pourrait ainsi être examinée
en fonction des conclusions de l’enquête.
La
ville prend en charge les blessés
Après
le drame, les autorités provinciales ont effectué une tournée dans plusieurs
structures sanitaires pour s’enquérir de l’état des victimes.
Le
ministre provincial de l’Intérieur indique que la ville de Kinshasa a pris en
charge les blessés encore hospitalisés et assure le suivi de leur situation.
Jeannot
Canon appelle par ailleurs la population kinoise au calme, assurant que les
autorités suivent l’évolution de la situation.
Vers
l’inspection de toutes les salles de fête
Au-delà
de ce drame, l’exécutif provincial annonce des mesures plus larges. La ville de
Kinshasa envisage désormais une inspection des salles accueillant des
manifestations publiques, afin de vérifier leur conformité aux normes de
sécurité.
Les
établissements qui ne répondent pas aux exigences pourraient être sommés de se
mettre en conformité, voire fermés s’ils présentent un danger pour le public.
Pour
Jeannot Canon, le drame de l’avenue Triomphale doit servir d’alerte pour
renforcer les contrôles et éviter qu’un événement similaire ne se reproduise.
La
cause exacte de l’incendie, les éventuelles responsabilités et les conditions
d’exploitation de la salle Manassé restent donc à établir par les enquêtes en
cours.
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