La
République Démocratique du Congo renforce sa stratégie de lutte contre
l’épidémie de la maladie à virus Ebola. À l’occasion du lancement du Plan
multisectoriel de deuxième génération pour la préparation et la réponse à
l’épidémie d’Ebola, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé le 4 septembre
2026 à Kinshasa à une mobilisation collective et durable pour contenir la
propagation du virus et sauver des vies.
Les
partenaires engagés dans la riposte, la représentante de l’OMS en RDC, Dr Anne
Ancia, a salué l’engagement du gouvernement et de l’ensemble des acteurs
sanitaires et humanitaires. Selon elle, face à une épidémie d’une telle
ampleur, « la solidarité est notre force » et l’action collective constitue le
meilleur moyen de faire face à la crise.
Plus
de 6.000 personnes affectées et plus de 3.000 décès
L’OMS
se dit toutefois préoccupée par l’évolution de la situation épidémiologique.
L’épidémie actuelle est présentée comme la deuxième plus importante jamais
enregistrée en RDC et la plus rapide à ce jour.
Plus
de 6.000 personnes ont été affectées et plus de 3.000 ont perdu la vie. La
maladie touche désormais 60 zones de santé dans six provinces.
Derrière ces chiffres se trouvent des familles endeuillées, des communautés inquiètes et des professionnels de santé qui poursuivent leur travail dans des conditions difficiles, parfois au péril de leur vie. La représentante de l’OMS leur a rendu hommage, saluant leur courage et leur engagement dans la riposte.
Des
chaînes de transmission encore difficiles à maîtriser
L’un des principaux défis reste la persistance des décès dans les communautés, loin des structures de prise en charge, ainsi que l’apparition de nouveaux cas dont le lien épidémiologique avec des cas confirmés n’est pas toujours établi. Pour l’OMS, cette situation montre que toutes les chaînes de transmission ne sont pas encore maîtrisées.
La
riposte doit donc être renforcée et rapprochée davantage des populations,
notamment dans les quartiers de Bunia, les camps de déplacés de Nizi et de la
plaine de Savo, ainsi que dans les communautés minières de Mongwalu, Nyanya et
PK 51.
L’insécurité
complique davantage la riposte
L’OMS
pointe également l’insécurité comme un obstacle majeur. Elle limite l’accès des
équipes de riposte à certaines zones et réduit surtout la capacité à atteindre
les populations exposées.
À cela s’ajoutent les déplacements de population, la vulnérabilité humanitaire et les difficultés socio-économiques persistantes. Pour l’OMS, cette combinaison de facteurs contribue à la complexité de l’épidémie et à la rapidité de sa propagation.
Pas
de preuve d’une mutation du virus
La question d’une éventuelle mutation du virus Ebola pouvant expliquer sa transmission rapide a également été évoquée. La représentante de l’OMS a rapporté des échanges avec le professeur Jean-Jacques Muyembe, selon lesquels les études génomiques réalisées par son institut n’ont, à ce stade, pas apporté de preuve d’une mutation du virus susceptible d’expliquer cette propagation.
La
complexité du contexte dans lequel se déroule la riposte serait donc un facteur
majeur de la persistance et de la rapidité de transmission de la maladie.
1,3
milliard de dollars nécessaires
La mise en œuvre du nouveau plan multisectoriel nécessite d’importantes ressources financières. Le gouvernement congolais estime les besoins à 1,3 milliard de dollars américains pour les six prochains mois. Pour l’OMS, ce montant doit être considéré comme un investissement plutôt que comme une simple dépense d’urgence.
L’organisation
estime que le coût de l’inaction serait beaucoup plus élevé, avec davantage de
décès, de familles affectées et de communautés fragilisées, mais aussi un
risque de détourner ultérieurement les ressources consacrées au développement
pour faire face à une crise plus difficile à contenir.
Investir
dans la réponse et renforcer le système de santé
Au-delà de la riposte immédiate, l’OMS insiste sur la nécessité de renforcer durablement le système de santé congolais. La mobilisation des ressources doit ainsi être accompagnée de continuité, de prévisibilité et de solidarité sur le long terme, afin de renforcer les capacités nationales et les mécanismes de préparation aux futures urgences sanitaires.
Pour
l’OMS, les 1,3 milliard de dollars nécessaires ne représentent donc pas
uniquement le financement d’une réponse à Ebola. Ils constituent également un
investissement dans le capital humain et dans la continuité du développement de
la RDC.
Aucun pays ne peut gagner seul
L’OMS
réaffirme enfin son engagement aux côtés du gouvernement congolais et de ses
partenaires. L’organisation promet de poursuivre son appui technique, de
mobiliser les partenaires et d’accompagner les autorités nationales et
provinciales aussi longtemps que nécessaire.
Pour
l’OMS, la lutte contre Ebola ne pourra être gagnée que grâce à la combinaison
de la science, de la solidarité, de la détermination et du courage, avec un
objectif central : mettre fin à l’épidémie et protéger chaque famille et chaque
communauté affectée.
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