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vendredi 23 octobre 2026

RDC : le SYNAMED aux Cliniques universitaires de Kinshasa exige la localisation du Dr Lucien Bukasa

Après l’enlèvement présumé de leur collègue, des médecins réunis en assemblée générale extraordinaire dénoncent les circonstances de sa disparition et demandent aux autorités de garantir ses droits. Ils réclament que le médecin orthopédiste soit localisé et, si des faits lui sont reprochés, présenté devant les instances compétentes conformément à la procédure légale.

Le Syndicat national des médecins (SYNAMED), section des Cliniques universitaires de Kinshasa, hausse le ton après la disparition du docteur Lucien Bukasa, médecin spécialiste en orthopédie et chef de travaux à la faculté de médecine de l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Réunis en assemblée générale extraordinaire le 23 octobre 2026, ses collègues ont exprimé leur inquiétude face aux circonstances de son enlèvement présumé et exigé des autorités des informations précises sur le lieu où il se trouve.

A l’issue de cette rencontre, le docteur Aldo Mavinga Nzita, secrétaire sectionnaire principal du SYNAMED aux Cliniques universitaires de Kinshasa, a indiqué que les informations disponibles demeuraient floues. Selon les témoignages et informations relayés par ses collègues, le médecin aurait été interpellé la veille, entre 17 heures et 18 heures, à la sortie d’une intervention chirurgicale dans une clinique orthopédique située dans la commune de Lemba.

Le Dr Lucien Bukasa aurait été emmené par des personnes non identifiées circulant à bord d’un véhicule de couleur noire, dépourvue de plaques d’immatriculation, vers une destination qui restait inconnue au moment de l’assemblée.

Le responsable syndical a précisé que plusieurs informations circulaient sur les réseaux sociaux au sujet du lieu de détention présumé du médecin, voire de sa prétendue libération. Toutefois, aucune de ces informations n’avait pu être confirmée de manière fiable.

Une priorité : savoir où se trouve le médecin

Pour le docteur Aldo Mavinga Nzita, la préoccupation immédiate des médecins n’est pas de déterminer les raisons de cette interpellation présumée, mais de connaître le lieu où se trouve leur collègue et de s’assurer de sa sécurité.

« Nous ne voulons pas connaître d’abord la cause, nous voulons savoir où il est », a-t-il insisté en résumant les principales préoccupations exprimées au cours de l’assemblée.

Le SYNAMED estime que, quels que soient les faits éventuellement reprochés au médecin, ceux-ci doivent être examinés dans le respect des lois et des procédures en vigueur en République Démocratique du Congo.

Le docteur Mavinga Nzita a rappelé le parcours professionnel de son collègue, présenté comme un spécialiste chevronné en orthopédie et un enseignant ayant contribué à la formation de plusieurs générations de médecins à l’UNIKIN. À ses yeux, cette responsabilité professionnelle justifie également que ses droits et sa dignité soient préservés.

Des informations contradictoires sur une éventuelle libération

Au cours des échanges, plusieurs participants ont fait état de messages diffusés sur les réseaux sociaux annonçant que le médecin aurait été retrouvé ou libéré. Ces informations ont toutefois suscité la prudence des membres de l'assemblée.

Un participant a affirmé avoir pris contact avec un médecin, présenté durant la réunion comme le frère du médecin recherché et lui-même gynécologue aux Cliniques universitaires de Kinshasa. Selon son compte rendu, ce dernier avait démenti l'information faisant état d'une libération.

À l'issue de cette vérification, les participants ne disposaient d'aucune confirmation officielle permettant d'établir où se trouvait leur collègue.

Certains intervenants ont également souligné la nécessité de distinguer les rumeurs des informations vérifiées et d'éviter la propagation de nouvelles susceptibles d'entretenir la confusion autour de cette affaire.

Le recours aux autorités et aux instances médicales envisagé

Au cours de l'assemblée générale extraordinaire, plusieurs médecins ont proposé différentes démarches pour obtenir des éclaircissements. Ils ont recommandé de mobiliser les structures syndicales et ordinales de la profession médicale afin d'approcher les autorités compétentes.

Parmi les pistes évoquées figurent des démarches auprès des ministères de la Santé et de l'Intérieur, ainsi qu'auprès des services chargés de la sécurité, dans le but de vérifier si le médecin est effectivement détenu par un service officiel et, le cas échéant, de connaître le fondement de cette détention.

Les participants ont estimé que les organisations représentatives des médecins disposent de relais institutionnels susceptibles de faciliter ces démarches. Ils ont appelé à privilégier les voies appropriées pour obtenir des réponses rapides, sans exclure une mobilisation plus large si la situation persistait.

Une éventuelle grève évoquée en cas d'absence de réponse

Au cours des discussions, un participant a proposé de lancer une campagne médiatique pendant 48 heures pour sensibiliser l'opinion publique et exercer une pression sur les autorités. En l'absence de résultats, il a également évoqué la possibilité d'un mouvement de grève.

Cette proposition a été formulée comme une piste d'action au cours des échanges. Aucun déclenchement effectif d'une grève n'a été annoncé dans les éléments rapportés de cette assemblée.

Pour les médecins présents, l'objectif demeure d'obtenir la localisation de leur collègue et de garantir le respect de ses droits, tout en privilégiant les démarches susceptibles de conduire à une issue rapide.

Le respect de la procédure judiciaire exigé

Les participants ont rappelé qu'une personne soupçonnée d'avoir commis une infraction doit être prise en charge dans le respect des procédures légales. Ils ont insisté sur l'importance d'informer la famille et de permettre, le cas échéant, la présentation de l'intéressé devant les autorités judiciaires compétentes.

Leur démarche, ont-ils expliqué, ne vise pas à faire obstacle à une éventuelle enquête, mais à obtenir des garanties sur la situation du médecin et à prévenir toute atteinte à ses droits fondamentaux. « S'il y a un problème, qu'il soit présenté devant le tribunal qui va statuer sur ce problème », a résumé l'un des intervenants au cours des discussions.

Un communiqué annoncé pour formaliser les revendications

À la clôture de la réunion, le docteur Aldo Mavinga Nzita a annoncé la préparation d'un communiqué destiné à formaliser la position des participants et à porter leurs préoccupations à la connaissance des autorités et de l'opinion publique.

Le SYNAMED et les médecins des Cliniques universitaires de Kinshasa entendent ainsi réclamer des éclaircissements sur les circonstances de la disparition du docteur Lucien Bukasa, sa localisation et la garantie de ses droits.

En attendant des informations officielles, l'assemblée a réaffirmé sa volonté de poursuivre les démarches nécessaires pour retrouver la trace de leur collègue.

À ce stade, les circonstances exactes de la disparition présumée du médecin, le service qui pourrait le détenir et les éventuels motifs de son interpellation restent à établir officiellement.


mercredi 21 octobre 2026

RDC : la Protection civile renforce la préparation face aux risques de la saison des pluies 2026-2027

À l’approche de la saison des pluies 2026-2027, les autorités congolaises et leurs partenaires renforcent les mécanismes de prévention et d’alerte précoce face aux risques d’inondations, de crues, d’érosions et de glissements de terrain. Réunis à Kinshasa le 21 octobre 2026, dans le cadre d’un briefing saisonnier et d’un forum médias, ils ont appelé à anticiper les impacts potentiels du phénomène El Niño et à mieux informer les populations exposées.

Des précipitations supérieures à la normale attendues dans plusieurs régions

Selon les prévisions saisonnières de l’Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (METTELSAT), la période d’octobre à décembre 2026 pourrait connaître des précipitations supérieures à la normale sur une grande partie du pays. Certaines zones de l’Ouest et du centre pourraient toutefois enregistrer des conditions proches de la normale.

Face à ces perspectives, la secrétaire permanente de la Plateforme nationale de gestion des risques de catastrophes, Huguette Kahindo Mulihirwa, a insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance météorologique et hydrologique, d’actualiser les plans de contingence et de mobiliser les ressources avant la survenue d’éventuelles catastrophes.

Elle a également appelé les ministères sectoriels, les autorités provinciales et locales, les partenaires humanitaires et la société civile à coordonner leurs interventions afin de protéger les communautés les plus vulnérables.

Transformer les prévisions en actions concrètes

Pour la Direction générale de la Protection civile (DGPC), l’enjeu consiste à traduire les informations scientifiques en mesures opérationnelles. Son directeur général intérimaire a notamment plaidé pour le renforcement des systèmes d’alerte précoce, l’amélioration des capacités de secours, la protection des infrastructures essentielles et la préparation des populations exposées.

Il a également insisté sur l’importance de l’action anticipatoire, qui consiste à prendre des mesures préventives sur la base de prévisions et de seuils définis à l’avance, avant que les conséquences les plus graves d’un événement ne se produisent.

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), par la voix de sa représentante en RDC, Eyrap Marye, a réaffirmé son engagement à accompagner les autorités dans le renforcement des mécanismes d’alerte, de la préparation communautaire et de la coordination des interventions.

Les médias appelés à relayer les alertes officielles

Le briefing a également mis l’accent sur le rôle des professionnels des médias dans la prévention des catastrophes. Les journalistes sont invités à privilégier les sources officielles, à vérifier les informations et à diffuser des messages de prévention clairs, accessibles et adaptés aux communautés concernées.

Les organisateurs rappellent qu’une prévision météorologique ne constitue pas automatiquement une alerte officielle. L’évaluation des risques, la décision des autorités compétentes et la diffusion des consignes doivent suivre les procédures établies afin d’éviter toute confusion.

La DGPC, la METTELSAT, la Plateforme nationale de gestion des risques de catastrophes et leurs partenaires entendent ainsi poursuivre la veille tout au long de la saison des pluies, avec pour objectif de réduire les pertes en vies humaines, de limiter les dégâts matériels et de préserver les moyens de subsistance des populations.

« Prévoir aujourd’hui, c’est sauver des vies demain », a rappelé le directeur général intérimaire de la Protection civile, appelant à une mobilisation collective pour une RDC mieux préparée face aux risques climatiques.


Cameroun : la BAD accorde 40 millions d’euros à AFG Bank pour financer les entreprises

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 21 octobre 2026, une facilité de financement de 40 millions d’euros en faveur d’AFG Bank Cameroun. Ce mécanisme vise à améliorer l’accès des entreprises camerounaises, notamment les petites et moyennes entreprises (PME), au financement du commerce, à soutenir la production locale et à favoriser la création d’emplois.

Deux instruments pour faciliter le financement du commerce

La facilité approuvée par le conseil d’administration du Groupe de la BAD comprend deux volets complémentaires. Le premier est une ligne de crédit destinée au financement du commerce, d’un montant maximal de 30 millions d’euros sur une durée de trois ans et demi, assortie d’une période de différé de trois ans.

Le second volet consiste en une garantie de transaction de 10 millions d’euros, valable cinq ans. Cet instrument doit permettre de faciliter les opérations de financement du commerce réalisées par AFG Bank Cameroun, en réduisant les risques supportés par les banques partenaires qui interviennent dans ces transactions.

Grâce à ce dispositif, la BAD pourra garantir jusqu’à 100 % des engagements concernés auprès des banques confirmatrices, notamment pour la confirmation des lettres de crédit et d’autres instruments similaires émis par AFG Bank Cameroun au bénéfice des entreprises locales.

Les PME, les femmes et les jeunes au cœur du dispositif

Cette facilité vise particulièrement les petites et moyennes entreprises, dont l’accès au financement des opérations internationales demeure un enjeu majeur. Une attention spécifique sera accordée aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes et des jeunes.

« La moitié de la ligne de crédit destinée au financement du commerce sera allouée aux PME, dont 30 % pour soutenir l’entrepreneuriat féminin et/ou jeune », a précisé Eric Valery Zoa, directeur général d’AFG Bank Cameroun.

Pour la banque, ce partenariat doit renforcer sa capacité à répondre aux besoins des entreprises en matière de commerce extérieur et à les accompagner dans le développement de leurs activités.

Agro-industrie, manufactures et import-export concernés

Les financements pourront notamment soutenir les entreprises actives dans l’agro-business, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière et l’import-export.

Les bénéficiaires pourront ainsi financer plus facilement l’importation de machines, d’équipements et d’intrants indispensables à leurs activités. L’accès à ces ressources doit contribuer à améliorer les capacités de production, à renforcer la compétitivité des entreprises et à développer leur potentiel d’exportation.

À terme, l’initiative ambitionne également de stimuler les échanges commerciaux, de consolider les chaînes de valeur locales et de réduire la dépendance à certains produits finis importés, en favorisant une production nationale plus importante.

La BAD réaffirme son soutien au secteur privé camerounais

Pour Leandre Bassolé, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale et responsable pays pour le Cameroun, ce financement doit contribuer à renforcer le rôle du secteur privé dans le développement économique.

Il souligne que l’amélioration de l’accès au financement du commerce peut stimuler la production locale, ouvrir de nouvelles perspectives de croissance et soutenir la création d’emplois. Le partenariat avec AFG Bank Cameroun traduit également la volonté de l’institution panafricaine d’accompagner les PME, en particulier celles portées par des femmes et des jeunes, afin qu’elles puissent mieux tirer parti des opportunités commerciales.

Une garantie pour sécuriser les opérations commerciales

Lancée en 2021, la garantie de transaction de la Banque africaine de développement fait partie des instruments mis en place pour soutenir le financement du commerce sur le continent. Elle couvre différents mécanismes, notamment les lettres de crédit confirmées, les prêts commerciaux, les engagements de remboursement irrévocables, les traites avalisées et les billets à ordre.

Ce dispositif est accessible aux banques enregistrées et opérant en Afrique, sous réserve qu’elles satisfassent aux procédures de vérification préalable de la BAD.

Avec cette facilité de 40 millions d’euros, l’institution entend ainsi renforcer les capacités de financement d’AFG Bank Cameroun et faciliter les échanges commerciaux des entreprises, tout en contribuant au développement de la production locale et à la création d’opportunités économiques au Cameroun.


RDC : les « Héritiers du Combat citoyen » se mobilisent pour défendre la Constitution et l’alternance démocratique

Les pionniers et acteurs des mouvements citoyens en République Démocratique du Congo annoncent la création des « Héritiers du Combat citoyen », une dynamique intergénérationnelle destinée à défendre l’ordre constitutionnel, les libertés fondamentales et l’alternance démocratique. Dans leur déclaration solennelle, ils interpellent Félix-Antoine Tshisekedi sur le projet de référendum et appellent Joseph Kabila à renoncer au recours aux armes.

Préserver les acquis de l’alternance de 2018

Les initiateurs du mouvement rappellent le rôle joué par les militants prodémocratie, les défenseurs des droits humains et les organisations de la société civile dans la lutte ayant conduit à l’alternance politique de 2018. Ils dénoncent les arrestations, les intimidations et les violences subies par plusieurs activistes, citant notamment Luc Nkulula, Rossy Mukendi, Thérèse Kapangala, Delcat Idengo, Obed Muhindo, Freddy Kambale et Manassé Lomboto Mumbere Ushindi.

Pour ces acteurs, l’alternance ne devait pas se limiter au changement de président, mais permettre de consolider les institutions et de garantir le respect des droits et libertés.

Un appel à respecter le pacte républicain

Les « Héritiers du Combat citoyen » mettent en garde contre toute initiative susceptible, selon eux, de remettre en cause l’ordre constitutionnel et la limitation des mandats. Ils demandent au président Félix-Antoine Tshisekedi de renoncer au projet de référendum qu’ils considèrent comme une menace potentielle pour le pacte républicain.

Ils appellent également le sénateur à  vie Joseph Kabila à renoncer à la lutte armée, estimant que le recours à la rébellion est incompatible avec les principes constitutionnels.

Former une nouvelle génération de citoyens

Coordinatrice principale du mouvement, Bénie Bilengi explique que les militants citoyens n’ont pas cessé d’agir sous le pouvoir actuel, mais qu’ils ont notamment assumé un rôle d’observation après avoir contribué à l’alternance pacifique. Leur nouvelle mission consiste désormais à préserver les acquis démocratiques et à former une génération capable de défendre durablement la Constitution et de participer à la gouvernance du pays.

Le coordinateur adjoint, Me Godefroid Mwanabwato, estime pour sa part que la création de cette structure répond à la nécessité de prévenir tout recul démocratique. Il insiste sur le respect de la limitation des mandats et refuse que les sacrifices consentis par les militants soient réduits à une simple étape dans la conquête du pouvoir.

Préoccupation autour de Nathanaël Onokomba

Le mouvement exprime par ailleurs sa préoccupation concernant la situation de Nathanaël Onokomba Shako, étudiant et activiste citoyen. Selon sa déclaration, la défense de ce dernier dénonce le maintien de son arrestation depuis le 5 janvier 2026.

À travers cette nouvelle structure, les initiateurs disent vouloir rassembler les pionniers des luttes citoyennes et les nouvelles générations autour d’un objectif commun : bâtir un Congo souverain et démocratique, fondé sur la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, l’égalité devant la loi et le respect strict de la Constitution.

RDC : la Cour des comptes adopte son rapport définitif sur l’exécution du budget 2025

La Cour des comptes a adopté, mercredi 21 octobre 2026, son rapport général sur l’exécution du budget du pouvoir central pour l’exercice 2025. Réunis en audience, les magistrats ont validé le document à l’issue d’un processus de contrôle ayant donné lieu à un débat contradictoire avec le Gouvernement.

À l’issue de cette adoption, le rapport définitif sera transmis au Parlement, qui pourra s’appuyer sur ses conclusions et recommandations lors de l’examen du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025.

19 observations retenues par les chambres réunies

Prenant la parole à l’issue de l’audience, le premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga Ngwaka, a annoncé que les 19 observations formulées à l’issue des travaux de contrôle ont toutes été retenues par les chambres réunies.

« La Cour des comptes détient aujourd’hui le rapport définitif produit à la suite du contrôle de l’exécution de la loi de finances. Ce rapport va être transmis au Parlement incessamment ».

Cette audience s’est tenue conformément aux dispositions de l’article 73 de la loi organique portant composition, organisation et fonctionnement de la Cour des comptes, qui prévoit l’intervention des chambres réunies dans le processus d’adoption du rapport.

Un débat contradictoire avec le Gouvernement

L’adoption du rapport définitif a été précédée d’une séance de débat contradictoire organisée le lundi 19 octobre 2026. Cette rencontre a permis à la Cour des comptes et au Gouvernement d’examiner les observations issues du contrôle de l’exécution du budget.

Selon Jimmy Munganga Ngwaka, le Gouvernement avait déposé le projet de loi portant reddition des comptes auprès de la Cour le 29 septembre 2026. Dès le 3 octobre 2026, la Cour avait finalisé son rapport provisoire et l’avait transmis au Gouvernement afin de recueillir ses réponses, conformément au principe du contradictoire consacré par l’article 88 de la loi organique.

Les échanges entre les deux parties ont abouti à la signature d’un procès-verbal. Le premier président de la Cour des comptes a précisé que ce document attestait leur accord sur les 19 observations retenues par l’institution de contrôle.

Une procédure destinée à garantir la qualité du rapport

Le premier président a également expliqué que l’élaboration du rapport définitif obéit à plusieurs étapes. Le contrôle de l’exécution des lois de finances relève d’abord de la première chambre, chargée des comptes du pouvoir central. À l’issue de ses travaux, celle-ci établit un rapport provisoire qui est transmis au Gouvernement pour observations et réponses.

Après le débat contradictoire, le rapport est soumis au parquet général pour avis, avant de revenir devant les chambres réunies pour son adoption définitive.

Pour Jimmy Munganga Ngwaka, cette succession d’étapes participe au contrôle de la qualité du travail réalisé par la Cour des comptes. Les chambres réunies peuvent examiner les observations, les enrichir ou décider d’en écarter certaines si nécessaire.

Dans le cas du rapport relatif à l’exercice 2025, les 19 observations ont été maintenues.

Le Parlement appelé à examiner le rapport

La transmission du rapport définitif au Parlement constitue une étape importante du processus de reddition des comptes. Les députés disposeront ainsi d’un document de référence pour apprécier les conditions dans lesquelles le budget du pouvoir central a été exécuté au cours de l’exercice 2025.

Cette procédure s’inscrit dans le cadre du contrôle des finances publiques et vise à renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources de l’État.

Jimmy Munganga Ngwaka a, par ailleurs, salué la collaboration du Gouvernement, qui a mis ses experts à la disposition de la Cour durant les travaux. Il a également félicité les magistrats de la première chambre, le parquet général ainsi que les membres des chambres réunies pour leur contribution à l’élaboration et à l’adoption du rapport.

Avec cette adoption, la Cour des comptes clôt cette étape de son contrôle et s’apprête à transmettre au Parlement ses conclusions sur l’exécution du budget du pouvoir central pour l’exercice 2025.


RDC : El Niño et fortes pluies, les autorités renforcent la préparation face aux risques de catastrophes

Le gouvernement congolais renforce les mesures d’anticipation face aux risques climatiques annoncés pour la saison des pluies 2026-2027. Lors d’un briefing de presse organisé le mercredi 21 octobre 2026, à Kinshasa, la Direction générale de la protection civile et les services météorologiques ont présenté les prévisions saisonnières, les zones les plus exposées ainsi que les actions envisagées pour limiter les conséquences des catastrophes naturelles liées notamment au phénomène El Niño.

Les autorités insistent sur la nécessité de mieux informer les populations, de mobiliser les partenaires techniques et financiers et de privilégier les actions anticipatoires afin de protéger les vies humaines et de réduire les pertes matérielles.

Des risques différents selon les régions du pays

Secrétaire permanente de la Plateforme nationale de gestion des risques de catastrophes au sein de la Direction générale de la protection civile, Huguette Kahindo explique que les conséquences attendues ne seront pas uniformes sur l’ensemble du territoire national.

Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les prévisions font état de risques de fortes pluies, de glissements de terrain et de déplacements de populations. Cette situation pourrait aggraver la vulnérabilité des communautés déjà fragilisées par des décennies de conflit et par les déplacements forcés.

Dans les provinces du sud, les préoccupations portent davantage sur le risque de sécheresse et ses conséquences sur la production agricole et le pouvoir d’achat des ménages. Une baisse de la production du maïs pourrait notamment entraîner une hausse des prix et peser davantage sur le panier de la ménagère.

Le corridor fluvial, qui concerne Kinshasa et les provinces riveraines du fleuve Congo, dont le Maï-Ndombe, est également sous surveillance. Une montée importante des eaux pourrait provoquer des inondations et contraindre certaines populations à quitter leurs habitations.

La protection civile mise sur l’anticipation

Face à ces menaces, la RDC entend privilégier une approche fondée sur l’anticipation plutôt que sur la seule intervention après la survenue des catastrophes. Huguette Kahindo indique que le briefing avait pour objectif de présenter aux partenaires techniques et financiers l’état de préparation du pays, les besoins identifiés et les actions anticipatoires à soutenir.

Selon elle, les partenaires présents ont manifesté leur volonté d’accompagner la RDC dans cette démarche. L’enjeu consiste à mobiliser les moyens nécessaires avant que les risques annoncés ne se transforment en crises humanitaires.

La responsable souligne également l’importance de la communication avec les communautés exposées. Malgré leur vulnérabilité aux inondations et à d’autres catastrophes, certaines populations ne disposent pas suffisamment d’informations pour se préparer.

Les médias sont ainsi appelés à jouer un rôle essentiel dans la diffusion des alertes et des consignes de prévention, afin que les informations météorologiques atteignent les personnes les plus exposées.

La météorologie évolue vers des prévisions axées sur les impacts

Pour Théophile Izeil Lemeen, directeur d’exploitation météorologique à la METTELSAT RDC, la mission des services météorologiques ne se limite plus à annoncer la pluie ou le beau temps. Elle consiste désormais à anticiper les conséquences possibles des phénomènes climatiques afin de contribuer à la protection des populations.

Il explique que la météorologie développe des prévisions basées sur les impacts, permettant d’anticiper les inondations et les vagues de chaleur. Ces informations servent ensuite à déclencher des alertes et à aider les services compétents à prendre les mesures nécessaires.

Le responsable met également en avant l’utilisation d’équipements modernes et des données satellitaires, celles associées au système Meteosat de troisième génération, qui doivent améliorer les capacités d’observation et de prévision.

Parmi les zones particulièrement surveillées figurent Kinshasa, le Kongo Central, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Tanganyika et la Tshopo. La montée des eaux du lac Tanganyika fait également l’objet d’une surveillance régulière.

Théophile Izeil Lemeen précise toutefois que les services météorologiques ont pour mission de fournir les prévisions et les alertes, tandis que les structures de la protection civile doivent s’appuyer sur ces informations pour organiser la prévention et informer les populations.

Le projet « Passa Kit » pour renforcer la résilience agricole

La rencontre a également permis d’aborder la contribution des partenaires internationaux à la prévention des catastrophes et au renforcement de la résilience des communautés.

Jean-Marc Le Domaschin du Fonds international de développement agricole (FIDA) a évoqué le projet en cours de conception dénommé « Passa Kit », destiné à améliorer la productivité agricole.

Prévu dans les provinces de la Tshopo, du Nord-Kivu et de l’Ituri, ce projet doit permettre d’identifier les facteurs déclencheurs des catastrophes naturelles et de tenir compte des enseignements tirés de ces risques dans sa conception.

Élaboré en collaboration avec les ministères des Finances, de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, le projet devrait démarrer en avril 2027, selon les informations communiquées lors du briefing.

Cette initiative vise à mieux intégrer les risques climatiques dans les interventions de développement et à renforcer la capacité des communautés rurales à faire face aux chocs susceptibles d’affecter leurs activités agricoles.

Prévu dans les provinces de la Tshopo, du Nord-Kivu et de l’Ituri, ce projet doit permettre d’identifier les facteurs déclencheurs des catastrophes naturelles et de tenir compte des enseignements tirés de ces risques dans sa conception.

Élaboré en collaboration avec les ministères des Finances, de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, le projet devrait démarrer en avril 2027, selon les informations communiquées lors du briefing.

Cette initiative vise à mieux intégrer les risques climatiques dans les interventions de développement et à renforcer la capacité des communautés rurales à faire face aux chocs susceptibles d’affecter leurs activités agricoles.

Informer les populations pour sauver des vies

Au-delà des prévisions, les participants ont insisté sur la nécessité de transformer les données météorologiques en informations accessibles et utiles pour les populations.

L’objectif est de permettre aux habitants des zones à risque de prendre des précautions avant les inondations, les glissements de terrain ou les épisodes de sécheresse. Cela suppose une coordination renforcée entre les services météorologiques, la protection civile, les autorités locales, les partenaires humanitaires et les médias.

Face aux risques annoncés pour la saison des pluies 2026-2027 et aux effets possibles du phénomène El Niño, les autorités congolaises entendent ainsi miser sur la préparation, la diffusion rapide des alertes et la mobilisation des ressources en amont.

La réussite de cette stratégie dépendra de la fiabilité des prévisions, de la rapidité de leur diffusion et de la capacité des institutions à agir avant que les populations ne soient directement touchées.


mardi 20 octobre 2026

RDC : la Cour des comptes rappelle le gouvernement à l’ordre sur le respect des délais de reddition des comptes

Le premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga, a dénoncé les retards dans la transmission des documents relatifs à la reddition des comptes publics. Il appelle le gouvernement à respecter les dispositions légales afin de permettre au Parlement d’exercer pleinement son contrôle sur l’exécution du budget de l’État.

Une séance contradictoire sur l’exécution du budget 2025

La Cour des comptes a organisé, le 19 octobre 2026 à Kinshasa, une séance contradictoire consacrée à l’examen de son rapport provisoire sur le contrôle de l’exécution de la loi de finances de l’exercice 2025.

Présidée par le premier président de cette juridiction, Jimmy Munganga, cette rencontre a réuni des représentants du gouvernement, notamment des responsables des services techniques concernés, des membres des cabinets ministériels ainsi que des représentants de la Primature.

Organisée conformément aux articles 34 et 88 de la loi organique portant composition, organisation et fonctionnement de la Cour des comptes, cette séance s’inscrit dans le cadre de la mission d’assistance de la Cour au Parlement en matière de contrôle de l’exécution des lois de finances.

L’objectif était d’examiner les observations formulées par la Cour, de confronter celles-ci aux réponses du gouvernement, d’analyser les justifications présentées et, au besoin, de recueillir des éclaircissements ou des pièces complémentaires avant la finalisation du rapport définitif.

Jimmy Munganga dénonce le non-respect des délais légaux

Au cours de son intervention, Jimmy Munganga a insisté sur le caractère essentiel du contrôle de l’exécution du budget, préalable à l’examen parlementaire du projet de loi portant reddition des comptes.

Il a rappelé que, même si ce contrôle relève de la compétence du Parlement, la Cour des comptes joue un rôle technique déterminant en examinant l’exécution budgétaire et en transmettant ses observations aux institutions compétentes.

Le premier président a notamment déploré les retards dans la transmission des documents nécessaires à l’accomplissement de cette mission. Selon lui, le gouvernement a déposé la documentation relative à la reddition des comptes le 29 septembre 2026, permettant à la Cour d’engager ses travaux et de préparer rapidement son rapport provisoire.

Jimmy Munganga a indiqué que ce rapport avait été transmis au gouvernement le 3 octobre, en vue de recueillir ses observations conformément à la procédure contradictoire.

Il a toutefois rappelé que la loi relative aux finances publiques prévoit des échéances précises pour le dépôt du projet de loi portant reddition des comptes. Il a cité notamment l’article 84 de cette loi, qui fixe au 15 mai de l’année suivante le délai de dépôt du projet de loi portant reddition des comptes du dernier exercice clos, accompagné des documents requis.

Il a également souligné qu’en cas d’impossibilité de respecter ce premier délai, le texte prévoit un dépôt avant la fin de la session ordinaire de mars, avec le rapport de la Cour des comptes.

Pour Jimmy Munganga, ces dispositions doivent être appliquées dans leur intégralité afin de garantir un contrôle budgétaire sérieux et conforme aux exigences légales.

Le dépôt simultané des textes budgétaires critiqué

Le premier président de la Cour des comptes a également critiqué la pratique consistant, pour le gouvernement, à déposer le projet de loi portant reddition des comptes en même temps que le projet de loi de finances pour le nouvel exercice.

Selon lui, cette méthode compromet le bon déroulement de la procédure parlementaire, puisque l’examen de la reddition des comptes doit intervenir avant celui du nouveau budget et nécessite, au préalable, le contrôle de la Cour des comptes.

Jimmy Munganga estime qu’un calendrier aussi contraint ne permet pas à la Cour d’effectuer sereinement ses vérifications, ni au Parlement d’examiner suffisamment les observations formulées sur la gestion des finances publiques.

Il a ainsi appelé les autorités gouvernementales à développer une véritable culture du respect des textes légaux.

« On ne peut pas violer la loi, piétiner la loi et se sentir à l’aise », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de renforcer le respect des institutions de la République.

Le ministre des Finances appelé à participer aux travaux

Au-delà de la question des délais, Jimmy Munganga a souhaité une implication directe du ministre des Finances dans ce type d’exercice.

Tout en reconnaissant le rôle des directeurs de cabinet et des responsables techniques présents, il a estimé que la participation du ministre, même à titre protocolaire, témoignerait de la considération accordée à la Cour des comptes et à ses missions.

Le premier président a rappelé que le ministre des Finances porte la responsabilité politique et institutionnelle de la conduite des dossiers relevant de son ministère et doit pouvoir répondre des questions relatives à la gestion des finances publiques devant les institutions compétentes.

Pour lui, cette présence contribuerait à renforcer la collaboration entre les institutions et à améliorer la qualité de la gestion budgétaire.

Le gouvernement promet de tenir compte des observations

Prenant la parole au nom du ministre des Finances, son directeur de cabinet a salué l’organisation de cette séance et reconnu l’importance du dialogue contradictoire dans l’amélioration de la gestion publique.

Il a expliqué qu’un travail préparatoire avait déjà été réalisé, avec la transmission des observations de la Cour et la formulation des réponses du gouvernement. Les échanges du 19 octobre devaient permettre d’approfondir certains points et d’apporter les éclaircissements sollicités.

Le représentant du ministre a également reconnu que les remarques formulées par Jimmy Munganga méritaient d’être prises en considération. Il a assuré que celles-ci seraient transmises à l’autorité compétente.

Évoquant un contexte marqué par des chocs sécuritaires et sanitaires, il a souligné les difficultés rencontrées dans la préparation et la présentation des documents relatifs à la reddition des comptes. Il a néanmoins réaffirmé l’engagement du ministre des Finances à se conformer aux prescriptions légales.

Transparence et crédibilité financière en ligne de mire

Le directeur de cabinet a enfin replacé cet exercice dans le cadre plus large des efforts engagés par la République démocratique du Congo pour améliorer sa crédibilité financière et attirer davantage d’investisseurs.

Il a notamment évoqué les initiatives liées au développement des marchés financiers et à la mobilisation de financements, qui exigent, selon lui, une gestion publique plus transparente et une meilleure redevabilité.

La reddition des comptes apparaît ainsi comme un instrument essentiel pour renforcer la confiance dans les institutions et améliorer la perception de la RDC auprès des partenaires et des investisseurs internationaux.

Au terme de cette séance contradictoire, les échanges entre la Cour des comptes et les représentants du gouvernement doivent contribuer à la finalisation du rapport définitif sur l’exécution de la loi de finances 2025.

Pour Jimmy Munganga, l’enjeu dépasse la seule vérification des chiffres budgétaires : il s’agit de faire du respect de la loi, de la transparence et de la responsabilité dans la gestion des deniers publics des principes effectifs de gouvernance.