L’organisation
de défense de la liberté de la presse dénonce des mesures qu’elle juge
susceptibles de favoriser l’autocensure et appelle à la levée immédiate des
sanctions contre l’émission « Samedi Miracle » et le journaliste Claude
Kashonga.
L’Observatoire
de la liberté de la presse en Afrique (OLPA) monte au créneau face aux
restrictions qui, selon lui, pèsent sur les médias dans les zones du Sud-Kivu
administrées par l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23).
Dans
une correspondance datée du 27 août 2026 et adressée à Patrick Busu Bwa Ngwui,
présenté par l’OLPA comme cadre de l’AFC/M23 et gouverneur du Sud-Kivu,
l’organisation demande la levée « dans un délai relativement court et sans
condition préalable » de toutes les restrictions imposées aux médias locaux.
Des
restrictions annoncées lors d’une réunion avec les médias
L’OLPA
affirme suivre avec attention la situation des organes et professionnels de la
presse dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23.
Selon
l’organisation, lors d’une réunion tenue le 19 août 2026 avec des représentants
des médias de Bukavu, Patrick Busu Bwa Ngwui aurait demandé aux médias locaux
de ne plus diffuser de programmes à caractère politique mettant en cause
l’AFC/M23.
L’OLPA
rapporte également qu’il aurait été interdit aux médias de diffuser l’actualité
politique et institutionnelle en provenance de Kinshasa dans les zones sous
contrôle de l’AFC/M23.
Toujours
selon cette correspondance, les responsables des médias auraient été invités à
soumettre leurs grilles de programmes aux représentants locaux du Conseil
supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), de la
Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) ainsi qu’à la structure de
communication de l’AFC/M23.
L’OLPA
estime que ce dispositif revient à instaurer un contrôle accru du contenu
diffusé par les médias locaux.
L’émission
« Samedi Miracle » au cœur de la controverse
Trois
jours après cette réunion, l’émission politique « Samedi Miracle », diffusée
sur les antennes de Bukavu FM, a été suspendue pour une durée de 30 jours,
selon l’OLPA.
La
mesure fait suite à une édition diffusée le 15 août 2026, donc avant la réunion
du 19 août, au cours de laquelle l’invité Blaise Maseka avait formulé de vives
critiques à l’encontre de l’administration AFC/M23.
Le
présentateur de l’émission, Claude Kashonga, a également été suspendu pour une
période de 45 jours.
Ces
sanctions auraient été prises par les représentants provinciaux de l’Union
nationale de la presse du Congo (UNPC/Sud-Kivu) et du CSAC, précise l’OLPA.
L’OLPA
dénonce des pressions et craint une autocensure
Pour
l’organisation de défense de la liberté de la presse, la suspension de
l’émission et du journaliste intervient dans un contexte de pressions exercées
sur les médias du Sud-Kivu.
L’OLPA
estime que la proximité temporelle entre les sanctions et la réunion du 19 août
2026 soulève des inquiétudes quant aux conditions dans lesquelles les décisions
ont été prises.
L’organisation
considère par ailleurs que le caractère « menaçant » des instructions données
aux responsables des médias pourrait accentuer le sentiment d’insécurité parmi
les journalistes et conduire à une autocensure accrue.
« La
liberté de presse étant un des piliers de la démocratie », l’OLPA appelle ainsi
les responsables de l’AFC/M23 à garantir un environnement permettant aux
journalistes d’exercer leur profession sans intimidation ni restriction
injustifiée.
Une
demande de levée immédiate des sanctions
Dans
sa correspondance, l’OLPA demande la levée de toutes les restrictions imposées
aux médias locaux à la suite de la rencontre du 19 août 2026.
L’organisation
réclame également la levée « immédiate et inconditionnelle » de la suspension
visant l’émission « Samedi Miracle » ainsi que celle frappant le journaliste
Claude Kashonga.
L’OLPA
rappelle, à l’appui de sa démarche, que la liberté de la presse est garantie
par la législation congolaise ainsi que par plusieurs instruments juridiques
internationaux relatifs aux droits de l’homme.
Cette
prise de position intervient alors que la situation de la liberté de la presse
dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 fait l’objet d’une attention
particulière des organisations de défense des droits humains et des
professionnels des médias.
L’OLPA
invite finalement les autorités exerçant le contrôle de fait sur ces
territoires à revenir sur les restrictions dénoncées, estimant qu’une telle
démarche contribuerait à préserver l’espace civique et à consolider les
principes démocratiques.
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