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vendredi 28 août 2026

Sud-Kivu : l’OLPA exige la levée des restrictions imposées aux médias par l’AFC/M23

L’organisation de défense de la liberté de la presse dénonce des mesures qu’elle juge susceptibles de favoriser l’autocensure et appelle à la levée immédiate des sanctions contre l’émission « Samedi Miracle » et le journaliste Claude Kashonga.

L’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (OLPA) monte au créneau face aux restrictions qui, selon lui, pèsent sur les médias dans les zones du Sud-Kivu administrées par l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23).

Dans une correspondance datée du 27 août 2026 et adressée à Patrick Busu Bwa Ngwui, présenté par l’OLPA comme cadre de l’AFC/M23 et gouverneur du Sud-Kivu, l’organisation demande la levée « dans un délai relativement court et sans condition préalable » de toutes les restrictions imposées aux médias locaux.

Des restrictions annoncées lors d’une réunion avec les médias

L’OLPA affirme suivre avec attention la situation des organes et professionnels de la presse dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23.

Selon l’organisation, lors d’une réunion tenue le 19 août 2026 avec des représentants des médias de Bukavu, Patrick Busu Bwa Ngwui aurait demandé aux médias locaux de ne plus diffuser de programmes à caractère politique mettant en cause l’AFC/M23.

L’OLPA rapporte également qu’il aurait été interdit aux médias de diffuser l’actualité politique et institutionnelle en provenance de Kinshasa dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.

Toujours selon cette correspondance, les responsables des médias auraient été invités à soumettre leurs grilles de programmes aux représentants locaux du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) ainsi qu’à la structure de communication de l’AFC/M23.

L’OLPA estime que ce dispositif revient à instaurer un contrôle accru du contenu diffusé par les médias locaux.

L’émission « Samedi Miracle » au cœur de la controverse

Trois jours après cette réunion, l’émission politique « Samedi Miracle », diffusée sur les antennes de Bukavu FM, a été suspendue pour une durée de 30 jours, selon l’OLPA.

La mesure fait suite à une édition diffusée le 15 août 2026, donc avant la réunion du 19 août, au cours de laquelle l’invité Blaise Maseka avait formulé de vives critiques à l’encontre de l’administration AFC/M23.

Le présentateur de l’émission, Claude Kashonga, a également été suspendu pour une période de 45 jours.

Ces sanctions auraient été prises par les représentants provinciaux de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC/Sud-Kivu) et du CSAC, précise l’OLPA.

L’OLPA dénonce des pressions et craint une autocensure

Pour l’organisation de défense de la liberté de la presse, la suspension de l’émission et du journaliste intervient dans un contexte de pressions exercées sur les médias du Sud-Kivu.

L’OLPA estime que la proximité temporelle entre les sanctions et la réunion du 19 août 2026 soulève des inquiétudes quant aux conditions dans lesquelles les décisions ont été prises.

L’organisation considère par ailleurs que le caractère « menaçant » des instructions données aux responsables des médias pourrait accentuer le sentiment d’insécurité parmi les journalistes et conduire à une autocensure accrue.

« La liberté de presse étant un des piliers de la démocratie », l’OLPA appelle ainsi les responsables de l’AFC/M23 à garantir un environnement permettant aux journalistes d’exercer leur profession sans intimidation ni restriction injustifiée.

Une demande de levée immédiate des sanctions

Dans sa correspondance, l’OLPA demande la levée de toutes les restrictions imposées aux médias locaux à la suite de la rencontre du 19 août 2026.

L’organisation réclame également la levée « immédiate et inconditionnelle » de la suspension visant l’émission « Samedi Miracle » ainsi que celle frappant le journaliste Claude Kashonga.

L’OLPA rappelle, à l’appui de sa démarche, que la liberté de la presse est garantie par la législation congolaise ainsi que par plusieurs instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.

Cette prise de position intervient alors que la situation de la liberté de la presse dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 fait l’objet d’une attention particulière des organisations de défense des droits humains et des professionnels des médias.

L’OLPA invite finalement les autorités exerçant le contrôle de fait sur ces territoires à revenir sur les restrictions dénoncées, estimant qu’une telle démarche contribuerait à préserver l’espace civique et à consolider les principes démocratiques.


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