Le
président national du Mouvement du peuple congolais pour la République (MPCR),
Jean-Claude Vuemba Luzamba, se prononce sur le dialogue national annoncé par le
président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Dans
une déclaration consacrée notamment au retour annoncé du Comité central du
MPR-Parti État, l’opposant affirme que la République Démocratique du Congo a
besoin d’un dialogue au regard de la gravité de la crise actuelle. Il refuse
toutefois un processus dont l’organisation et les règles seraient définies
unilatéralement par le pouvoir en place.
Félix-Antoine
Tshisekedi ne peut pas être juge et partie
Pour
Jean-Claude Vuemba, un dialogue véritablement inclusif ne peut être organisé de
manière à déterminer à l’avance les participants, les exclusions, le cadre et
les conclusions attendues.
Il
estime que le chef de l’État ne peut être simultanément initiateur,
organisateur et arbitre d’un processus censé réunir différentes composantes de
la société congolaise.
Le
président du MPCR plaide ainsi pour une médiation qu’il souhaite « crédible,
indépendante et impartiale », capable de garantir la participation de toutes
les parties prenantes.
Une
crise qui dépasse la question sécuritaire
Jean-Claude
Vuemba considère que la crise congolaise ne se limite pas à l’insécurité dans
l’Est du pays. Il évoque également des dimensions politique, institutionnelle,
électorale, économique et sociale.
Il
cite notamment la dégradation de la confiance entre gouvernants et gouvernés,
les restrictions des libertés politiques, la situation de certains opposants et
activistes détenus, l’exil de plusieurs acteurs politiques ainsi que les
contestations liées au processus électoral de 2023.
Selon
lui, ces questions doivent nécessairement figurer parmi les sujets à examiner
dans le cadre d’un dialogue national.
Les
élections de 2023 au cœur des préoccupations
Le
président du MPCR estime que les irrégularités dénoncées lors des élections de
2023 et la crise de confiance qui en a découlé ne peuvent être écartées du
débat national.
Pour
lui, la légitimité issue du processus électoral ne doit pas empêcher l’examen
des contestations et des dysfonctionnements relevés autour de ces scrutins.
Il
considère donc que le dialogue doit permettre d’apporter des réponses aux
différentes préoccupations liées au processus électoral et à la gouvernance du
pays.
Les
articles 70 et 220 comme « lignes rouges »
Jean-Claude
Vuemba rejette par ailleurs toute initiative qui viserait, selon lui, à
modifier les fondamentaux de la Constitution du 18 février 2006 dans le but de
prolonger le pouvoir en place.
Il
affirme que les articles 70 et 220 constituent pour lui des « lignes rouges »
et défend le principe de deux mandats présidentiels de cinq ans.
L’opposant
refuse ainsi qu’un dialogue, un référendum ou une éventuelle « refondation de
l’État » puisse servir de moyen pour contourner les dispositions
constitutionnelles qu’il considère comme intangibles.
Pour
une véritable décrispation politique
Pour
Jean-Claude Vuemba, la priorité doit être la restauration de l’État de droit et
la réouverture de l’espace politique.
Il
appelle notamment à mettre fin à ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la
justice et des services de sécurité, à favoriser la libération des prisonniers
politiques et d’opinion, à garantir le retour sécurisé des exilés politiques et
à assurer un accès équitable aux médias publics.
Ces
mesures, estime-t-il, constitueraient de véritables actes de décrispation
politique, au-delà des simples promesses.
Nous
sommes pour le dialogue
Malgré
son opposition au format annoncé, Jean-Claude Vuemba réaffirme son soutien au
principe d’un dialogue national.
Il
souhaite un processus capable de réunir les Congolais autour de la paix, de
l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la démocratie et du respect
de la Constitution.
«
Nous sommes pour le dialogue. Nous sommes pour un dialogue véritablement
national, véritablement inclusif », affirme-t-il.
Mais le président du MPCR rejette un dialogue organisé exclusivement sous l’autorité du chef de l’État. Pour lui, le Congo a besoin d’un « dialogue des Congolais, par les Congolais et pour sauver le Congo ».
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