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vendredi 28 août 2026

RDC : Jean-Claude Vuemba favorable au dialogue, mais rejette le processus piloté par Félix-Antoine Tshisekedi

Le président national du Mouvement du peuple congolais pour la République (MPCR), Jean-Claude Vuemba Luzamba, se prononce sur le dialogue national annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Dans une déclaration consacrée notamment au retour annoncé du Comité central du MPR-Parti État, l’opposant affirme que la République Démocratique du Congo a besoin d’un dialogue au regard de la gravité de la crise actuelle. Il refuse toutefois un processus dont l’organisation et les règles seraient définies unilatéralement par le pouvoir en place.

Félix-Antoine Tshisekedi ne peut pas être juge et partie

Pour Jean-Claude Vuemba, un dialogue véritablement inclusif ne peut être organisé de manière à déterminer à l’avance les participants, les exclusions, le cadre et les conclusions attendues.

Il estime que le chef de l’État ne peut être simultanément initiateur, organisateur et arbitre d’un processus censé réunir différentes composantes de la société congolaise.

Le président du MPCR plaide ainsi pour une médiation qu’il souhaite « crédible, indépendante et impartiale », capable de garantir la participation de toutes les parties prenantes.

Une crise qui dépasse la question sécuritaire

Jean-Claude Vuemba considère que la crise congolaise ne se limite pas à l’insécurité dans l’Est du pays. Il évoque également des dimensions politique, institutionnelle, électorale, économique et sociale.

Il cite notamment la dégradation de la confiance entre gouvernants et gouvernés, les restrictions des libertés politiques, la situation de certains opposants et activistes détenus, l’exil de plusieurs acteurs politiques ainsi que les contestations liées au processus électoral de 2023.

Selon lui, ces questions doivent nécessairement figurer parmi les sujets à examiner dans le cadre d’un dialogue national.

Les élections de 2023 au cœur des préoccupations

Le président du MPCR estime que les irrégularités dénoncées lors des élections de 2023 et la crise de confiance qui en a découlé ne peuvent être écartées du débat national.

Pour lui, la légitimité issue du processus électoral ne doit pas empêcher l’examen des contestations et des dysfonctionnements relevés autour de ces scrutins.

Il considère donc que le dialogue doit permettre d’apporter des réponses aux différentes préoccupations liées au processus électoral et à la gouvernance du pays.

Les articles 70 et 220 comme « lignes rouges »

Jean-Claude Vuemba rejette par ailleurs toute initiative qui viserait, selon lui, à modifier les fondamentaux de la Constitution du 18 février 2006 dans le but de prolonger le pouvoir en place.

Il affirme que les articles 70 et 220 constituent pour lui des « lignes rouges » et défend le principe de deux mandats présidentiels de cinq ans.

L’opposant refuse ainsi qu’un dialogue, un référendum ou une éventuelle « refondation de l’État » puisse servir de moyen pour contourner les dispositions constitutionnelles qu’il considère comme intangibles.

Pour une véritable décrispation politique

Pour Jean-Claude Vuemba, la priorité doit être la restauration de l’État de droit et la réouverture de l’espace politique.

Il appelle notamment à mettre fin à ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la justice et des services de sécurité, à favoriser la libération des prisonniers politiques et d’opinion, à garantir le retour sécurisé des exilés politiques et à assurer un accès équitable aux médias publics.

Ces mesures, estime-t-il, constitueraient de véritables actes de décrispation politique, au-delà des simples promesses.

Nous sommes pour le dialogue

Malgré son opposition au format annoncé, Jean-Claude Vuemba réaffirme son soutien au principe d’un dialogue national.

Il souhaite un processus capable de réunir les Congolais autour de la paix, de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la démocratie et du respect de la Constitution.

« Nous sommes pour le dialogue. Nous sommes pour un dialogue véritablement national, véritablement inclusif », affirme-t-il.

Mais le président du MPCR rejette un dialogue organisé exclusivement sous l’autorité du chef de l’État. Pour lui, le Congo a besoin d’un « dialogue des Congolais, par les Congolais et pour sauver le Congo ».


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