L'Action
des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS) a saisi les autorités judiciaires et
militaires d'une plainte visant des éléments des FARDC, de la Police nationale
congolaise (PNC) ainsi que la société d'exploitation forestière Booming Green.
L'ONG les accuse d'avoir commis de graves violations des droits des peuples
autochtones Pygmées dans le territoire de Bongandanga, en province de la
Mongala.
Une
intervention armée après un conflit autour des droits communautaires
Dans
sa dénonciation, l'AJBS affirme que les tensions trouvent leur origine dans
l'absence de cahier des charges social entre la société Booming Green et les
communautés locales de Mongo-Yakata, dans le secteur de Boso-Simba. Selon
l'organisation, cette situation prive les populations des retombées de
l'exploitation forestière de leurs terres ancestrales et alimente depuis
plusieurs années un climat de contestation.
L'ONG
explique que les communautés avaient entrepris des actions pacifiques pour
réclamer l'ouverture d'un dialogue, notamment en bloquant temporairement la
circulation des véhicules de l'entreprise.
Elle
soutient toutefois que, le 22 juillet 2026, la société aurait fait appel aux
forces de sécurité plutôt que de privilégier une solution concertée.
Des
accusations de torture, de pillages et de détentions arbitraires
Selon
l'AJBS, l'intervention des éléments des FARDC et de la PNC aurait été marquée
par un usage excessif de la force. L'organisation affirme que plus de seize
coups de feu auraient été tirés pour disperser les habitants, provoquant la
panique au sein des communautés, notamment parmi les femmes, les enfants et les
personnes âgées.
La
plainte fait également état d'actes de torture, de traitements cruels, de
pillages d'habitations et de destructions de biens. L'ONG cite notamment le cas
de Boengela Kombe, qui aurait subi de graves violences ayant entraîné la perte
de deux dents.
Deux
membres de la communauté, Boengela Kombe et Ifefo Monganga, auraient par
ailleurs été arrêtés sans procédure régulière. Selon l'AJBS, ils auraient
d'abord été retenus par une autorité locale avant d'être détenus plusieurs
jours dans les installations de Booming Green, puis transférés au
sous-commissariat de Yakata, où ils seraient toujours détenus.
L'AJBS
réclame des poursuites et la fermeture d'un cachot présumé
L'organisation
se dit particulièrement préoccupée par l'existence présumée d'un lieu de
détention au sein des installations de l'entreprise forestière, qu'elle
considère comme une violation grave de l'État de droit et de la loi sur la
protection des peuples autochtones Pygmées.
Dans
sa plainte, l'AJBS demande notamment la libération immédiate des deux personnes
détenues, l'ouverture d'une enquête judiciaire et militaire indépendante,
l'identification et la poursuite des auteurs présumés, la protection des
victimes et des témoins, ainsi que la fermeture de tout lieu de détention
illégal qui existerait dans les installations de Booming Green.
L'ONG
sollicite également une réparation intégrale des préjudices subis par les
victimes et affirme rester disponible pour collaborer avec les autorités afin
de faire toute la lumière sur cette affaire.
À ce
stade, les personnes et entités mises en cause n'ont pas publiquement réagi à
ces accusations.
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