APO

dimanche 2 août 2026

Mongala : une ONG dénonce de graves violations des droits des Pygmées et porte plainte contre des militaires, des policiers et une société forestière

L'Action des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS) a saisi les autorités judiciaires et militaires d'une plainte visant des éléments des FARDC, de la Police nationale congolaise (PNC) ainsi que la société d'exploitation forestière Booming Green. L'ONG les accuse d'avoir commis de graves violations des droits des peuples autochtones Pygmées dans le territoire de Bongandanga, en province de la Mongala.

Une intervention armée après un conflit autour des droits communautaires

Dans sa dénonciation, l'AJBS affirme que les tensions trouvent leur origine dans l'absence de cahier des charges social entre la société Booming Green et les communautés locales de Mongo-Yakata, dans le secteur de Boso-Simba. Selon l'organisation, cette situation prive les populations des retombées de l'exploitation forestière de leurs terres ancestrales et alimente depuis plusieurs années un climat de contestation.

L'ONG explique que les communautés avaient entrepris des actions pacifiques pour réclamer l'ouverture d'un dialogue, notamment en bloquant temporairement la circulation des véhicules de l'entreprise.

Elle soutient toutefois que, le 22 juillet 2026, la société aurait fait appel aux forces de sécurité plutôt que de privilégier une solution concertée.

Des accusations de torture, de pillages et de détentions arbitraires

Selon l'AJBS, l'intervention des éléments des FARDC et de la PNC aurait été marquée par un usage excessif de la force. L'organisation affirme que plus de seize coups de feu auraient été tirés pour disperser les habitants, provoquant la panique au sein des communautés, notamment parmi les femmes, les enfants et les personnes âgées.

La plainte fait également état d'actes de torture, de traitements cruels, de pillages d'habitations et de destructions de biens. L'ONG cite notamment le cas de Boengela Kombe, qui aurait subi de graves violences ayant entraîné la perte de deux dents.

Deux membres de la communauté, Boengela Kombe et Ifefo Monganga, auraient par ailleurs été arrêtés sans procédure régulière. Selon l'AJBS, ils auraient d'abord été retenus par une autorité locale avant d'être détenus plusieurs jours dans les installations de Booming Green, puis transférés au sous-commissariat de Yakata, où ils seraient toujours détenus.

L'AJBS réclame des poursuites et la fermeture d'un cachot présumé

L'organisation se dit particulièrement préoccupée par l'existence présumée d'un lieu de détention au sein des installations de l'entreprise forestière, qu'elle considère comme une violation grave de l'État de droit et de la loi sur la protection des peuples autochtones Pygmées.

Dans sa plainte, l'AJBS demande notamment la libération immédiate des deux personnes détenues, l'ouverture d'une enquête judiciaire et militaire indépendante, l'identification et la poursuite des auteurs présumés, la protection des victimes et des témoins, ainsi que la fermeture de tout lieu de détention illégal qui existerait dans les installations de Booming Green.

L'ONG sollicite également une réparation intégrale des préjudices subis par les victimes et affirme rester disponible pour collaborer avec les autorités afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

À ce stade, les personnes et entités mises en cause n'ont pas publiquement réagi à ces accusations.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire