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dimanche 16 août 2026

RDC-Rwanda : l’appel aux armes d’un ancien sénateur rwandais suscite une vive controverse

Tito Rutaremara appelle les Banyamulenge à « prendre les armes » et à soutenir le M23. C'est une déclaration de Tito Rutaremara, ancien sénateur rwandais et figure historique du Front patriotique rwandais (FPR) qui suscite une vive polémique après la commémoration du massacre de Gatumba, organisée le 13 août 2026 à Kigali.

Prenant la parole lors de cette cérémonie consacrée à la mémoire des victimes rapporte Eugène Diomi Ndongala, l’ancien responsable rwandais s’est adressé à la communauté banyamulenge en contestant son identité congolaise et en l’appelant à soutenir le mouvement rebelle du M23.

Selon la transcription en français des propos prononcés en kinyarwanda, Tito Rutaremara aurait notamment déclaré : « Levez-vous, prenez les armes, aidez le M23 et libérez le Congo ».

Une remise en cause de l’identité congolaise des Banyamulenge

Dans son intervention, l’ancien sénateur a également affirmé que les Banyamulenge étaient des Rwandais, malgré leur appartenance à la communauté congolaise. « Vous êtes des Rwandais comme moi… que vous le vouliez ou non », aurait-il déclaré, ajoutant que les Banyamulenge seraient des « Congolais d’origine rwandaise ».

Il aurait également minimisé l’appellation Banyamulenge en affirmant qu’elle désignait simplement un village. Ces propos interviennent alors que la question de l’identité et de la citoyenneté des Banyamulenge constitue depuis plusieurs décennies l’un des sujets les plus sensibles dans les relations entre la RDC et le Rwanda.

Un appel explicite à soutenir le M23

Au-delà de la question identitaire, c’est surtout l’appel à l’action armée qui provoque les réactions les plus vives. Tito Rutaremara aurait exhorté les jeunes à ne pas se limiter à la défense de leurs droits, mais à « libérer le Congo » et à « aider le M23 ».

Il aurait également déclaré que « le Congo est à vous », avant d’appeler les Banyamulenge à prendre les armes. Ces déclarations sont particulièrement sensibles dans un contexte marqué par la guerre dans l’est de la RDC et par les accusations de Kinshasa contre Kigali concernant son soutien au M23.

Kinshasa dénonce une instrumentalisation

Les propos de Tito Rutaremara ont été rapidement dénoncés en République Démocratique du Congo. Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a rappelé que les Banyamulenge sont des citoyens congolais au même titre que les autres communautés du pays. Cette réaction vise notamment à contester toute tentative de présenter les Banyamulenge comme une population étrangère ou comme des ressortissants rwandais vivant en RDC.

Des organisations banyamulenge prennent leurs distances

Les déclarations de l’ancien sénateur rwandais ont également suscité des réactions au sein de la communauté banyamulenge. Banyamulenge Global Advocacy (BGA) a condamné le discours, dénonçant notamment une instrumentalisation de la communauté lors d’une cérémonie consacrée au deuil et à la mémoire des victimes de Gatumba.

L’organisation reproche mà Tito Rutaremara d’avoir humilié les Banyamulenge, remis en cause leur identité congolaise et appelé les jeunes à rejoindre le M23. BGA estime que de telles déclarations exposent davantage les Banyamulenge au risque d’être considérés comme une communauté étrangère ou comme un « cheval de Troie » au sein de la RDC.

Une déclaration qui intervient dans un contexte judiciaire tendu

Cette polémique intervient alors que les relations entre Kinshasa et Kigali restent fortement marquées par le conflit dans l’est de la RDC. Le texte présenté comme une saisine de la Cour internationale de Justice par la RDC le 26 juin 2026 accuse notamment le Rwanda de soutenir des groupes armés opérant sur le territoire congolais. Kinshasa affirme que ces agissements auraient été accompagnés de graves violations des droits humains.

Dans ce contexte, l'appel public d'un ancien haut responsable rwandais à soutenir le M23 et à « libérer le Congo » risque d'alimenter davantage les accusations congolaises concernant l'implication de Kigali dans la crise sécuritaire.

Le risque d’une nouvelle stigmatisation des Banyamulenge

Au-delà de la confrontation entre les deux États, ces déclarations pourraient avoir des conséquences sur la communauté banyamulenge elle-même. En affirmant publiquement que les Banyamulenge sont des Rwandais et en les appelant à soutenir un mouvement armé, le discours contribue, selon ses détracteurs, à renforcer les amalgames qui peuvent les exposer à davantage de suspicion et de violences.

La communauté se retrouve ainsi au cœur d'une controverse dans laquelle son identité congolaise est à nouveau disputée, alors même que le conflit armé continue de provoquer de graves tensions dans l'est du pays.

La transcription attribuée au discours de Tito Rutaremara reste au centre de la polémique. Les passages les plus contestés portent notamment sur son appel à « prendre les armes », à « aider le M23 » et à « libérer le Congo ».


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