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jeudi 20 août 2026

Journée mondiale de l’aide humanitaire : à l’UNIKIN, l’ONU appelle à protéger les humanitaires et à lutter contre la désinformation

Les agences du système des Nations unies, en partenariat avec le Club des droits de l’homme de l’Université de Kinshasa, ont organisé, le 19 août 2026 à l’UNIKIN, une conférence-débat à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Placée sous le thème « Agir pour l’humanité », cette activité a réuni des étudiants autour de plusieurs enjeux liés à l’action humanitaire en République Démocratique du Congo, notamment la protection des travailleurs humanitaires, la lutte contre la désinformation, le rôle des femmes et l’engagement des jeunes dans la sensibilisation.

Pour Ignace Panu, président du Club des droits de l’homme de l’Université de Kinshasa, cette initiative visait avant tout à vulgariser le droit à la dignité de la personne humaine. Derrière chaque crise, chaque conflit ou déplacement de population, se trouve une vie humaine dont la dignité doit être préservée. Ce partenariat avec les agences des Nations unies constitue, à ses yeux, une réponse à plusieurs demandes et une opportunité pour l’Université de Kinshasa de renforcer les échanges autour des droits humains.

Les jeunes mobilisés contre les fake news

La conférence-débat a également mis l’accent sur la lutte contre les fausses informations et les violences en ligne. Mélanie Kabungulu a présenté le programme « Veilleurs du Web » de l’UNICEF, destiné aux jeunes âgés de 14 à 24 ans. Ces jeunes sont formés pour détecter les rumeurs et les fausses informations, assurer une veille sur Internet, faire remonter les préoccupations exprimées en ligne et sensibiliser leurs pairs à un usage responsable du numérique.

L’UNICEF s’appuie également sur le programme U-Report, qui permet aux jeunes de contribuer à la sensibilisation des parents et des communautés sur des messages essentiels liés notamment à la protection et au bien-être des enfants.

Le choix de la tranche d’âge des Veilleurs du Web répond, selon l’UNICEF, au fait que de nombreux jeunes de cette génération sont très présents sur Internet, mais n’ont pas toujours bénéficié d’une éducation numérique suffisante.

Ebola : ONU Femmes mise sur le leadership des femmes

La place des femmes dans la réponse aux crises sanitaires a également été abordée. Jules Mulimbi, officier de programme à ONU Femmes, a souligné que les femmes sont particulièrement exposées lors des épidémies, notamment à Ebola, en raison de leur rôle au sein des familles.

Elles sont souvent celles qui prennent soin des malades, accompagnent les proches dans les structures de santé, préparent les repas et jouent un rôle central dans la vie communautaire. Elles sont donc également des éducatrices et des sensibilisatrices de premier plan.

ONU Femmes travaille ainsi au renforcement des capacités des femmes leaders et des responsables d’organisations de la société civile afin qu’elles disposent d’informations fiables sur Ebola, ses modes de prévention et les comportements à adopter.

Ces femmes sont notamment appelées à lutter contre les rumeurs, orienter les personnes malades vers les structures de santé et sensibiliser les communautés sur les mesures de prévention.

Sensibiliser sur les funérailles sécurisées

Jules Mulimbi a également insisté sur la nécessité de sensibiliser les communautés aux funérailles sécurisées en période d’épidémie d’Ebola. Certaines pratiques traditionnelles, comme la manipulation ou la toilette des corps, peuvent favoriser la transmission de la maladie. Les familles sont donc encouragées à faire appel aux équipes habilitées pour organiser des obsèques dans des conditions sécurisées, tout en tenant compte du respect dû aux traditions et à la dignité des personnes. Pour ONU Femmes, le leadership féminin constitue ainsi un élément essentiel de la riposte.

Pas de riposte efficace sans l’implication des femmes

Plusieurs centaines de femmes ont déjà bénéficié d’activités de renforcement des capacités, mais les efforts doivent se poursuivre tant que l’épidémie reste une menace. Selon Jules Mulimbi, les interventions sanitaires doivent être accompagnées d’un important travail au niveau communautaire. L’adhésion des populations, la diffusion d’informations fiables et l’orientation rapide des malades vers les structures appropriées sont indispensables pour renforcer l’efficacité de la riposte.

La conférence de l’UNIKIN aura ainsi permis de mettre en évidence un même impératif : agir pour l’humanité, c’est protéger la dignité des personnes vulnérables, ceux qui leur portent assistance et mobiliser l’ensemble de la communauté pour faire face aux crises.

Mettre fin aux attaques contre les humanitaires

Wasi Kambale, chargé de l’information publique à l’OCHA, a insisté sur la nécessité de mettre fin aux attaques visant les travailleurs humanitaires, particulièrement dans l’est de la RDC. Selon lui, plusieurs humanitaires ont perdu la vie alors qu’ils accomplissaient leur mission auprès des populations vulnérables.

Wasi Kambale rappelle que les acteurs humanitaires interviennent notamment dans les zones touchées par les conflits armés, les déplacements de populations et les épidémies. « Quand un humanitaire est attaqué, ce sont les populations qui devraient bénéficier de cette assistance qui sont privées d’une aide vitale ».


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