La
situation des étudiants issus des zones affectées par les conflits dans l’Est
de la République Démocratique du Congo préoccupe désormais l’Assemblée
nationale. Le député national Patrick Namazihana Bachoke a adressé une question
écrite à la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche
scientifique et Innovations, afin d’obtenir des précisions sur la prise en
charge de ces étudiants, avec une attention particulière accordée aux
finalistes.
Dans
sa correspondance datée du 26 août 2026, enregistrée au bureau de l’Assemblée
nationale, l’élu revient sur les récentes mesures prises par le ministère de
tutelle à la suite de la dégradation de la situation sécuritaire dans les
villes de Goma et de Bukavu.
Les
activités académiques suspendues à Goma et Bukavu
Par
l’Arrêté ministériel n°239/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026 du 20 août 2026, la
ministre de l’Enseignement supérieur a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel
ordre, les activités académiques dans plusieurs établissements d’enseignement
supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu.
Cette
décision intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences et
l’instabilité sécuritaire dans plusieurs territoires de l’Est du pays. Pour les
étudiants, cette situation entraîne une rupture de leur parcours académique,
particulièrement préoccupante pour ceux qui sont en dernière année et doivent
achever leur cursus ou présenter leurs travaux de fin d’études.
Face
à cette situation, le ministère a publié, le 21 août 2026, une note circulaire
demandant aux établissements situés dans les zones non affectées par les
conflits de prendre des dispositions pour accueillir et intégrer les étudiants
provenant des zones touchées.
Une
mesure jugée salutaire, mais qui soulève des interrogations
Le
député Patrick Namazihana Bachoke salue cette orientation, qu’il considère
comme une mesure permettant d’assurer la continuité des études. Il estime
cependant que la réussite de cette initiative dépendra largement des conditions
concrètes dans lesquelles les étudiants pourront rejoindre les établissements
d’accueil.
Dans
sa question écrite, il souligne que la majorité de ces étudiants vivent dans
des conditions particulièrement précaires en raison des conséquences du
conflit. Leur demander de rejoindre une autre ville ou une autre institution
sans prévoir un accompagnement matériel risque, selon lui, de limiter fortement
l’efficacité de la mesure gouvernementale.
La
note circulaire encadre en effet l’accueil académique, mais ne détaille pas,
selon l’élu, les modalités relatives au transport, au logement ou encore à la
restauration des étudiants concernés.
Transport,
logement et restauration : les principales préoccupations
L’élu
national demande ainsi à la ministre de préciser les dispositions envisagées
pour faciliter le déplacement des étudiants finalistes depuis les zones
affectées vers leurs nouveaux établissements d’accueil.
Il
souhaite également savoir si le Gouvernement prévoit une prise en charge totale
ou partielle des frais de transport, de logement et de restauration. Dans
l’affirmative, il demande que soient précisés le mécanisme retenu ainsi que la
source de financement.
Pour
Patrick Namazihana Bachoke, ces aspects sont essentiels pour éviter que des
étudiants déjà fragilisés par le conflit ne soient contraints d’abandonner
leurs études faute de moyens.
Combien
d’étudiants concernés ?
La
question écrite porte également sur l’identification des bénéficiaires de la
mesure ministérielle.
Le
député demande au ministère de communiquer le nombre d’étudiants finalistes
concernés et d’expliquer le mécanisme qui sera utilisé pour les identifier et
les orienter vers les établissements susceptibles de les accueillir.
Il
souhaite, par ailleurs, connaître les instructions précises données aux
établissements d’accueil afin que l’intégration académique annoncée soit
réellement effective.
Éviter
une mesure uniquement administrative
À
travers sa démarche parlementaire, Patrick Namazihana Bachoke insiste sur la
nécessité de transformer la décision ministérielle en une solution concrète
pour les étudiants victimes des conséquences du conflit.
Pour
lui, l’objectif ne doit pas se limiter à autoriser administrativement les
étudiants à poursuivre leurs études ailleurs. Encore faut-il leur donner les
moyens matériels de rejoindre les établissements d’accueil et d’y poursuivre
leur formation dans des conditions acceptables.
La
situation des étudiants de Goma et de Bukavu illustre ainsi une conséquence
moins visible des conflits dans l’Est de la RDC : au-delà des déplacements de
populations et des pertes matérielles, l’instabilité sécuritaire menace
également la continuité des parcours scolaires et universitaires.
La
réponse du ministère de l’Enseignement supérieur est donc attendue sur les
modalités pratiques de cette prise en charge, notamment pour les finalistes
dont l’avenir académique ne peut être durablement suspendu par la crise
sécuritaire.
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