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vendredi 28 août 2026

RDC : les étudiants déplacés de Goma et Bukavu au cœur d’une question écrite à la ministre de l’Enseignement supérieur

La situation des étudiants issus des zones affectées par les conflits dans l’Est de la République Démocratique du Congo préoccupe désormais l’Assemblée nationale. Le député national Patrick Namazihana Bachoke a adressé une question écrite à la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations, afin d’obtenir des précisions sur la prise en charge de ces étudiants, avec une attention particulière accordée aux finalistes.

Dans sa correspondance datée du 26 août 2026, enregistrée au bureau de l’Assemblée nationale, l’élu revient sur les récentes mesures prises par le ministère de tutelle à la suite de la dégradation de la situation sécuritaire dans les villes de Goma et de Bukavu.

Les activités académiques suspendues à Goma et Bukavu

Par l’Arrêté ministériel n°239/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026 du 20 août 2026, la ministre de l’Enseignement supérieur a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences et l’instabilité sécuritaire dans plusieurs territoires de l’Est du pays. Pour les étudiants, cette situation entraîne une rupture de leur parcours académique, particulièrement préoccupante pour ceux qui sont en dernière année et doivent achever leur cursus ou présenter leurs travaux de fin d’études.

Face à cette situation, le ministère a publié, le 21 août 2026, une note circulaire demandant aux établissements situés dans les zones non affectées par les conflits de prendre des dispositions pour accueillir et intégrer les étudiants provenant des zones touchées.

Une mesure jugée salutaire, mais qui soulève des interrogations

Le député Patrick Namazihana Bachoke salue cette orientation, qu’il considère comme une mesure permettant d’assurer la continuité des études. Il estime cependant que la réussite de cette initiative dépendra largement des conditions concrètes dans lesquelles les étudiants pourront rejoindre les établissements d’accueil.

Dans sa question écrite, il souligne que la majorité de ces étudiants vivent dans des conditions particulièrement précaires en raison des conséquences du conflit. Leur demander de rejoindre une autre ville ou une autre institution sans prévoir un accompagnement matériel risque, selon lui, de limiter fortement l’efficacité de la mesure gouvernementale.

La note circulaire encadre en effet l’accueil académique, mais ne détaille pas, selon l’élu, les modalités relatives au transport, au logement ou encore à la restauration des étudiants concernés.

Transport, logement et restauration : les principales préoccupations

L’élu national demande ainsi à la ministre de préciser les dispositions envisagées pour faciliter le déplacement des étudiants finalistes depuis les zones affectées vers leurs nouveaux établissements d’accueil.

Il souhaite également savoir si le Gouvernement prévoit une prise en charge totale ou partielle des frais de transport, de logement et de restauration. Dans l’affirmative, il demande que soient précisés le mécanisme retenu ainsi que la source de financement.

Pour Patrick Namazihana Bachoke, ces aspects sont essentiels pour éviter que des étudiants déjà fragilisés par le conflit ne soient contraints d’abandonner leurs études faute de moyens.

Combien d’étudiants concernés ?

La question écrite porte également sur l’identification des bénéficiaires de la mesure ministérielle.

Le député demande au ministère de communiquer le nombre d’étudiants finalistes concernés et d’expliquer le mécanisme qui sera utilisé pour les identifier et les orienter vers les établissements susceptibles de les accueillir.

Il souhaite, par ailleurs, connaître les instructions précises données aux établissements d’accueil afin que l’intégration académique annoncée soit réellement effective.

Éviter une mesure uniquement administrative

À travers sa démarche parlementaire, Patrick Namazihana Bachoke insiste sur la nécessité de transformer la décision ministérielle en une solution concrète pour les étudiants victimes des conséquences du conflit.

Pour lui, l’objectif ne doit pas se limiter à autoriser administrativement les étudiants à poursuivre leurs études ailleurs. Encore faut-il leur donner les moyens matériels de rejoindre les établissements d’accueil et d’y poursuivre leur formation dans des conditions acceptables.

La situation des étudiants de Goma et de Bukavu illustre ainsi une conséquence moins visible des conflits dans l’Est de la RDC : au-delà des déplacements de populations et des pertes matérielles, l’instabilité sécuritaire menace également la continuité des parcours scolaires et universitaires.

La réponse du ministère de l’Enseignement supérieur est donc attendue sur les modalités pratiques de cette prise en charge, notamment pour les finalistes dont l’avenir académique ne peut être durablement suspendu par la crise sécuritaire.


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