La
situation des droits humains en République Démocratique du Congo s’est
davantage dégradée au cours du mois de juin 2026. C’est ce que relève le Bureau
conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) dans son rapport sur
les principales tendances observées durant cette période.
Les
violences persistantes dans les provinces touchées par les conflits, les
restrictions de l’espace civique et les difficultés dans les lieux de détention
figurent parmi les principaux facteurs ayant marqué la situation. L’épidémie de
la maladie à virus Ebola a également aggravé la situation dans certaines zones
de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
657
violations et 1.187 victimes recensées
Au total, le BCNUDH a documenté 657 violations et atteintes aux droits humains ayant affecté au moins 1.187 victimes en juin 2026. Par rapport au mois de mai 2026, où 481 violations avaient été enregistrées, cela représente une hausse de 33 % du nombre de violations et atteintes. En revanche, le nombre de victimes a diminué de 7 %.
Les
provinces en conflit concentrent l’essentiel des cas, avec 574 violations et
atteintes ayant affecté 904 victimes. Dans les provinces non affectées par le
conflit, 83 violations ont été documentées pour 283 victimes.
L’Est
du pays reste le principal foyer de violences
Le
BCNUDH attribue cette hausse principalement à la persistance des violences dans
l’est de la RDC, particulièrement en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Les
attaques de groupes armés contre les populations civiles se poursuivent dans
ces provinces, avec de lourdes conséquences humanitaires.
Le
nombre de victimes est toutefois resté relativement stable par rapport au mois
de mai 2026. Le BCNUDH l’explique notamment par le caractère moins meurtrier
des attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) au cours du mois
de juin 2026.
L’intensification
des patrouilles des FARDC dans certaines zones touchées par les attaques des
ADF, notamment en Tshopo et au Bas-Uélé, aurait également contribué à cette
évolution.
73
victimes de violences sexuelles liées aux conflits
Le rapport fait état de 46 cas de violences sexuelles liées aux conflits, ayant touché au moins 73 victimes : 56 femmes, 15 filles et deux hommes. Ce bilan représente une hausse de 4 % par rapport au mois précédent, durant lequel 70 victimes avaient été recensées. Le Nord-Kivu concentre à lui seul 73 % des victimes, suivi du Sud-Kivu avec 16 % et de l’Ituri avec 11 %.
Contrairement
au mois précédent, les groupes armés ont été identifiés comme les principaux
responsables des violences sexuelles documentées. Ils seraient impliqués dans
les cas concernant 56 victimes, soit 77 % du total. L’AFC/M23 arrive en tête
parmi les auteurs présumés, avec 34 victimes recensées.
L’espace
civique davantage sous pression
Le
BCNUDH a également documenté 17 violations et atteintes liées à l’espace
civique, ayant fait 68 victimes, dont deux femmes. Ces chiffres sont en forte
progression par rapport au mois de mai 2026, qui avait enregistré six
violations et 22 victimes.
Selon
le Bureau, cette augmentation est notamment liée aux répressions ayant entouré
les manifestations organisées autour du projet de changement de la
Constitution.
Des
défenseurs des droits humains et journalistes accompagnés
Sur le volet de la protection individuelle, sept cas ont été documentés, impliquant notamment la Police nationale congolaise, les autorités judiciaires, les services de renseignements et des groupes armés. Ces cas ont été enregistrés dans les provinces de la Tshopo, à Kinshasa, au Nord-Kivu et en Ituri.
À
l’issue de l’examen de ces situations, neuf personnes, dont sept défenseurs des
droits humains, ainsi que deux journalistes, ont bénéficié de conseils en
matière d’autoprotection, de plaidoyer et de suivi afin d’améliorer leur
sécurité.
Des
militaires condamnés, dont cinq à la peine de mort
Sur
le plan judiciaire, les juridictions militaires ont engagé 12 poursuites contre
11 militaires des FARDC et un membre d’un groupe Wazalendo. Ces procédures ont
abouti à des condamnations pour des infractions liées aux violations et
atteintes aux droits humains.
Parmi
les personnes condamnées, quatre militaires des FARDC et le combattant
Wazalendo ont été condamnés à mort.
Dans
le cadre de ces procédures, le BCNUDH indique avoir contribué à la protection
judiciaire de 102 victimes et témoins, parmi lesquels 35 hommes, 28 femmes,
deux filles et 37 garçons.
À
travers la publication de ces tendances, le BCNUDH rappelle ainsi la nécessité
de renforcer la protection des civils, la prévention des violations et la
poursuite des auteurs présumés, notamment dans les zones affectées par les
conflits.
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