La
Haute Cour militaire a poursuivi, le jeudi 6 août 2026, l'examen du dossier RP
n°060/26 opposant l'Auditeur général, ministère public près la Haute Cour
militaire, et la République Démocratique du Congo à dix prévenus, parmi
lesquels le général d'armée Christian Tshiwewe Songesa, le général John Numbi
Banza Ntambo (en fuite), le général-major Maurice Nyembo Kufi, le général de
brigade John Chinyabuuma Kamukinde ainsi que plusieurs autres officiers
supérieurs des FARDC.
Les
prévenus sont poursuivis notamment pour complot, propagation de faux bruits,
apologie du terrorisme, trahison, violation des consignes, désertion à
l'étranger, détention illégale d'armes et de munitions de guerre ainsi
qu'incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la
discipline.
L'audience
du jeudi 6 août 2026 était consacrée à la présentation des mémoires uniques de
la défense du général-major Maurice Nyembo Kufi et du général de brigade John
Chinyabuuma Kamukinde.
À
travers plusieurs moyens de droit, leurs avocats ont demandé à la Haute Cour
militaire de constater la nullité de plusieurs actes de procédure et d'ordonner
la mise en liberté conditionnelle de leurs clients.
La
défense invoque des irrégularités de procédure
Au
cœur de leur argumentation, les conseils des deux officiers ont soutenu que
plusieurs actes de procédure auraient été accomplis en violation des
dispositions du Code judiciaire militaire et des règles de procédure pénale.
Selon
eux, ces irrégularités affecteraient la validité de l'ensemble de la procédure.
Ils ont rappelé que la nullité constitue une sanction applicable lorsqu'un acte
de procédure est entaché d'une violation substantielle de la loi ou des droits
de la défense.
Les
avocats ont ainsi demandé à la Haute Cour militaire d'annuler les actes qu'ils
estiment irréguliers et d'en tirer toutes les conséquences de droit.
Le
rôle du Conseil national de sécurité contesté
La
défense a également remis en cause l'intervention du Conseil national de
cyberdéfense dans cette affaire. Selon les avocats, cet organe n'a pas
compétence pour mener des enquêtes judiciaires, procéder à des arrestations ou
accomplir des actes relevant exclusivement des officiers de police judiciaire
et du ministère public.
Ils
ont soutenu que les investigations pénales doivent être conduites par les
autorités judiciaires légalement habilitées et dans le strict respect des
procédures prévues par la Constitution et les lois de la République.
Des
exceptions sur les actes d'enquête et les expertises
Les
conseils des prévenus ont ensuite contesté plusieurs pièces du dossier,
notamment des procès-verbaux d'audition et un rapport d'expertise produit par
l'accusation.
Selon
eux, certaines mentions obligatoires feraient défaut dans les procès-verbaux,
notamment celles relatives à la qualité des officiers de police judiciaire
ayant procédé aux auditions.
Ils
ont également soutenu que les formalités entourant l'expertise, notamment la
prestation de serment de l'expert avant l'exécution de sa mission, n'auraient
pas été respectées.
Pour
la défense, ces irrégularités privent ces documents de toute valeur probante.
Des
violations des droits fondamentaux dénoncées
Les
avocats ont en outre affirmé que les droits constitutionnels de leurs clients
auraient été méconnus au cours de la procédure. Ils ont évoqué le dépassement
du délai légal de garde à vue, l'absence d'accès immédiat à un avocat ainsi que
les restrictions au droit de communiquer avec leurs familles.
Selon
les conseils, ces garanties sont protégées par la Constitution et leur
violation est de nature à affecter la régularité des poursuites.
Une
demande de mise en liberté conditionnelle
À
l'issue de leurs plaidoiries, les conseils du général-major Maurice Nyembo Kufi
et du général de brigade John Chinyabuuma Kamukinde ont sollicité la mise en
liberté conditionnelle de leurs clients, tout en demandant à la Haute Cour
militaire de constater les nullités soulevées avant l'examen du fond du
dossier.
La
Cour poursuivra l'examen des exceptions de procédure avant de se prononcer sur
leur recevabilité et sur la suite de l'instruction de cette affaire, qui
implique plusieurs officiers supérieurs des FARDC poursuivis pour des faits
qualifiés d'atteinte à la sûreté de l'État et d'infractions militaires. La
présentation des mémoires va se poursuivre à l'audience du 13 août 2026.
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