À
l’audience de la Cour de cassation le 19 août 2026 consacrée au procès FRIVAO,
le ministère public, le premier avocat général Jacques Melimeli, a détaillé les
différentes sommes qu’il considère comme ayant fait l’objet de détournements de
deniers publics impliquant les prévenus Constant Mutamba et Chançard Bolukola.
Dans
son réquisitoire, l’organe de la loi a notamment évoqué une somme de 14
millions de dollars américains remise à Congo Énergie, ainsi que 4 millions de
dollars américains remis à l'Institut Congolais de Conservation de la Nature
(ICCN).
Le
parquet a également cité 200.000 dollars américains remis à l’Assemblée
provinciale de la Tshopo, 1.024.000 dollars américains remis à l'agence Divo,
ainsi que 2 millions de dollars américains remis à Global Assurance pour le
compte de l’hôtel Wakena.
D’autres
montants ont également été mentionnés, dont 1,5 million de dollars américains
remis à un hôtel, ainsi que 75.875 dollars payés à l’entreprise Tropique
Architecture et 284.238 dollars américains destinés à la réalisation de travaux
de construction d'un mémorial.
Plus
de 269.920 mille de dollars américains évoqués pour des besoins personnels
Le
ministère public a par ailleurs évoqué une somme de 269.920.000 dollars
américains qui aurait, selon le réquisitoire, été utilisée par le prévenu pour
des besoins personnels.
L'ensemble
de ces montants a été présenté par l'accusation comme faisant partie des sommes
concernées par les infractions poursuivies dans ce dossier.
15
ans de travaux forcés requis
Au
terme de son réquisitoire, le ministère public a requis que chacun des deux
prévenus soit condamné à 15 ans de travaux forcés, en plus de plusieurs peines
complémentaires.
Il a
notamment demandé leur interdiction d'exercer le droit de vote et d'éligibilité
pendant la période prévue par la loi, ainsi que l'interdiction d'accéder aux
fonctions publiques et parapubliques, quelles que soient les charges
concernées.
L'organe poursuivant a également requis l'exclusion du bénéfice de la condamnation
conditionnelle, de la libération conditionnelle et de la réhabilitation.
Restitution
des sommes réclamée
Le
ministère public a demandé que les deux prévenus soient condamnés solidairement
à restituer l'ensemble des sommes d'argent considérées comme détournées, sous
peine des conséquences prévues par la loi.
L'accusation
retient également le blanchiment des capitaux
Concernant Chançard Bolukola, le ministère public a également retenu les faits de blanchiment des capitaux qui lui sont imputés. L'organe de la loi a demandé qu'il soit condamné pour ces faits aux peines principales et aux amendes prévues par la loi.
Toutefois,
le ministère public a relevé que Chançard Bolukola avait déjà été condamné à 15
ans de travaux forcés dans le cadre des détournements et que les faits de
blanchiment auraient été commis dans le même contexte.
Pour
cette raison, l'organe de la loi a demandé que, le concernant, la peine de 15
ans de servitude pénale principale soit retenue.
La
décision appartient désormais à la Cour
Ces
réquisitions constituent les demandes du ministère public et ne constituent pas
encore une condamnation définitive. Il appartient à la Cour de cassation
d'examiner les arguments de l'accusation et de la défense avant de rendre sa
décision dans cette affaire.
Le
procès FRIVAO porte sur la gestion de fonds destinés à la réparation et à
l'indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en République
Démocratique du Congo. L'affaire met notamment en cause la gestion et
l'utilisation de plusieurs millions de dollars américains, dont la destination
fait l'objet de débats devant la justice congolaise.
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