La
Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) a ouvert, le lundi 17
août 2026 à Kinshasa, sa deuxième session ordinaire de l’Assemblée plénière
pour l’exercice 2026. La cérémonie s’est déroulée en présence du Vice-premier
ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, représentant la
Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ainsi que de plusieurs personnalités,
diplomates, représentants d’organisations internationales et acteurs de la
société civile.
Le
président de la CNDH-RDC, Paul Nsapu Mukulu, a présenté les principaux enjeux
de cette session, tout en dressant un état des lieux de l’action de son
institution. Il a notamment insisté sur les difficultés financières qui
affectent la mise en œuvre du plan opérationnel de la Commission et limité ses
capacités d’intervention sur le terrain.
Des
moyens financiers jugés insuffisants
Paul
Nsapu Mukulu a reconnu que l’exécution du plan opérationnel de la CNDH a été
affectée par l’insuffisance des ressources budgétaires mises à la disposition
de l’institution.
Selon
lui, certaines activités programmées et considérées comme prioritaires n'ont
pas pu être réalisées en raison de ces contraintes. Il a toutefois assuré que
ces difficultés n'ont pas entamé la détermination de la Commission à remplir
son mandat de protection et de promotion des droits humains.
Malgré
des moyens limités, la CNDH dit avoir poursuivi la publication de déclarations
et de communiqués, la formulation d’avis et de recommandations aux pouvoirs
publics, les missions de monitoring, le traitement des plaintes relatives aux
violations des droits humains, les visites des lieux de détention, les
activités de sensibilisation ainsi que les interventions auprès des autorités
compétentes.
Appel
au Parlement et au gouvernement
Face
à ces difficultés, le président de la CNDH a lancé un appel au Parlement et au
gouvernement pour doter l’institution d’un budget adéquat et faciliter le
décaissement, dans les délais, des fonds nécessaires à l’exécution de ses
missions.
Paul
Nsapu Mukulu estime que les contraintes budgétaires réduisent notamment la
capacité de la Commission à intervenir efficacement sur le terrain et à
renforcer sa collaboration avec les mécanismes régionaux et internationaux de
protection des droits de l’homme.
Des
actes de torture dénoncés à Buta
Le
président de la CNDH-RDC a également dénoncé des actes de torture dont auraient
été victimes le secrétaire administratif du bureau de représentation
provinciale de la CNDH et un partenaire de la société civile à Buta, dans la
province du Bas-Uélé.
Selon
Paul Nsapu Mukulu, ces actes auraient été commis par des éléments des Forces
armées de la République Démocratique du Congo. La CNDH demande aux autorités
judiciaires compétentes d’engager sans délai des poursuites contre les auteurs
présumés.
L’institution
estime que cette situation souligne davantage la nécessité de renforcer la
protection des défenseurs des droits de l’homme, conformément à la loi du 15
juin 2023 relative à leur protection et à leur responsabilité en République
Démocratique du Congo.
Des
rapports annoncés sur l’Est du pays
Au
cours de cette session, l’Assemblée plénière doit notamment examiner le niveau
d’exécution des résolutions adoptées lors de la précédente session, l’état de
mise en œuvre du plan opérationnel ainsi que l’évolution de la situation des
droits humains à travers le pays.
La
CNDH entend également dégager des stratégies permettant d’accélérer l’exécution
de ses activités prioritaires au cours du second semestre, de renforcer sa
présence sur le terrain et d’améliorer sa capacité de réponse face aux
violations des droits humains.
Paul
Nsapu Mukulu a par ailleurs annoncé la publication prochaine de rapports
consacrés à la situation des droits de l’homme au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et
dans certains territoires de l’Ituri. Il a appelé les partenaires du
gouvernement et de la société civile à collaborer avec la Commission dans ce
travail.
La
CNDH condamne l’agression dans l’Est
Le
président de la CNDH a également évoqué la situation des populations de l’Est
de la RDC, particulièrement celles vivant dans les zones occupées par
l’AFC/M23.
Il a
condamné les exactions attribuées aux forces combattantes et dénoncé l’appui
présumé du Rwanda au mouvement rebelle.
Paul
Nsapu Mukulu a appelé la communauté internationale à prendre des mesures pour
mettre fin aux violences et sanctionner les responsables des violations des
droits humains.
La
CNDH réaffirme ainsi son attachement au respect des instruments juridiques
internationaux et régionaux, notamment la Charte des Nations unies et la Charte
africaine des droits de l’homme et des peuples.
Préoccupation
face à l’épidémie d’Ebola
Autre
sujet abordé : la situation sanitaire dans plusieurs provinces du pays,
notamment face à l’épidémie à virus Ebola.
Paul
Nsapu Mukulu a salué les efforts déployés par le gouvernement pour contenir
l’épidémie ainsi que le travail des équipes de riposte engagées sur le terrain.
Pour
le président de la CNDH, la protection des populations face aux crises
sécuritaires, humanitaires, sociales et sanitaires doit demeurer au cœur des
priorités nationales.
Une
session placée sous le signe de la responsabilité
En
conclusion, Paul Nsapu Mukulu a appelé les commissaires nationaux et l’ensemble
du personnel de la CNDH à poursuivre leur mission avec intégrité, discipline,
créativité et esprit d’équipe.
Il a
assuré que les travaux de cette deuxième session ordinaire devront permettre à
l’institution d’identifier des solutions appropriées, de renforcer son
efficacité et de donner un nouvel élan à son action en faveur de la protection
des droits humains.
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