La
société Kivu Développement SAS (SKD SAS) a publié un démenti officiel en
réaction à la note de dénonciation et d'alerte à la vigilance adressée le 4
août 2026 au vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur par le député
national Trésor Lutala Mutiki.
Dans
ce document, l'entreprise affirme maintenir intégralement la position exprimée
dans ses communiqués des 29 et 31 juillet 2026. Elle rejette notamment les
accusations selon lesquelles ses représentants auraient appelé la population à
se retourner contre les élus ou accusé les autorités de Kinshasa de détruire le
pays.
Selon
SKD SAS, les propos tenus visaient uniquement certains membres des Wazalendo
que l'entreprise estime manipulés, et non l'ensemble de la population.
La
société défend la légalité du partenariat avec le Sud-Kivu
Sur
le plan administratif, SKD SAS soutient que le protocole de partenariat
public-privé (PPP) conclu avec la province du Sud-Kivu pour la réhabilitation
de la Route nationale n°2 (RN2), sur le tronçon Bukavu-Lwino, est conforme à la
Constitution.
L'entreprise
rappelle que l'article 203 de la Constitution confère à la fois au pouvoir
central et aux provinces des compétences en matière de construction et
d'entretien des routes d'intérêt national.
Elle
estime également que l'autorisation accordée en mai 2026 par le vice-gouverneur
du Sud-Kivu, agissant comme gouverneur intérimaire, respecte le principe de
continuité de l'administration publique.
Concernant
les critiques sur son statut, SKD SAS affirme que ses statuts lui permettent
d'exécuter des travaux de génie civil et de construction d'infrastructures
routières. Elle réfute également les accusations d'exploitation minière
illégale à Tubimbi.
Financement
et perception de carburant : SKD apporte ses précisions
La
société indique que les travaux sont financés par son représentant, Me Asaph
Wenda Lukangyela, dans le cadre d'un contrat PPP signé en janvier 2025 avec la
province du Sud-Kivu.
À
propos des contributions en carburant réclamées aux transporteurs, SKD SAS
affirme qu'il ne s'agit pas d'une taxe obligatoire. Selon elle, cette
initiative est née d'un partenariat avec l'Association des transporteurs pour
le développement au Congo (ATDCO), dont les membres auraient accepté
volontairement de fournir deux bidons de carburant par voyage pendant trois
jours afin de soutenir les travaux.
L'entreprise
assure par ailleurs qu'aucune taxe n'est perçue par SKD SAS et que l'évolution
du chantier est régulièrement communiquée aux autorités compétentes.
Des
accusations sécuritaires qualifiées de "contre-vérités"
Face
aux soupçons de liens avec la rébellion du M23 et d'éventuels intérêts miniers
dans les zones sous tension, SKD SAS dément catégoriquement toute collaboration
avec des groupes armés.
L'entreprise
affirme qu'aucune preuve n'étaye les accusations formulées par le député Mutiki
et soutient que les travaux de réhabilitation ont débuté en janvier 2025 dans
des zones alors sous contrôle gouvernemental.
Elle
précise que ses engins sont stationnés depuis cette période à la paroisse
catholique de Mukasa, à Kasika, et rejette également les allégations concernant
une prétendue installation irrégulière de ressortissants étrangers ou un
financement du terrorisme.
Une
polémique aux relents politiques
Dans
son démenti, SKD SAS estime que les accusations portées contre elle relèvent
davantage d'un différend politique que d'éléments factuels.
La
société accuse le député Trésor Mutiki de chercher à bloquer un projet de
désenclavement du territoire de Mwenga pour des considérations politiques et
électorales.
Elle
soutient que les attaques viseraient également son représentant, Me Asaph Wenda
Lukangyela, présenté comme un acteur engagé dans le développement de la région.
Enfin,
SKD SAS rappelle que le député Mutiki avait lui-même, par le passé, entrepris
des travaux de réhabilitation de ponts sur la RN2 ainsi que des travaux
d'entretien de l'aérodrome de Manungu, s'interrogeant sur les autorisations
administratives dont il disposait alors.
L'entreprise
conclut en réaffirmant sa disponibilité à fournir aux autorités tous les
documents relatifs à son existence légale, à son immatriculation et au
partenariat conclu avec la province du Sud-Kivu.
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