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samedi 22 août 2026

Processus de paix RDC-AFC/M23 : à Montreux, une diplomatie à la recherche d’un nouveau souffle

Une retraite diplomatique pour relancer un processus en panne et relancer une machine diplomatique grippée. Tel était l’objectif de la retraite diplomatique organisée du 17 au 21 août 2026 en Suisse autour du processus de paix entre la République Démocratique du Congo et le mouvement rebelle AFC/M23.

Pendant une semaine, des représentants de Kinshasa et du mouvement rebelle se sont retrouvés à Montreux, aux côtés de plusieurs acteurs impliqués dans la médiation et la facilitation, notamment le Qatar, les États-Unis, le Togo, l’Union africaine et la Suisse.

L’objectif était de mettre de l’ordre dans un processus jusque-là marqué par les divergences, en clarifiant notamment les responsabilités respectives des médiateurs, facilitateurs et observateurs.

Deux protocoles sur huit seulement traités

Cette rencontre intervient alors que le processus de Doha peine à produire des résultats concrets. L’accord-cadre conclu sous médiation qatarie prévoit huit protocoles destinés à encadrer progressivement les engagements des parties.

À ce jour, seuls deux de ces huit protocoles ont été traités. La retraite suisse n’a pas permis de négocier de nouveaux protocoles, confirmant la lenteur des discussions sur les dossiers de fond.

Le principal résultat obtenu à Montreux reste ainsi institutionnel. Les participants se sont accordés sur la mise en place d’un mécanisme destiné à suivre et à surveiller l’application des engagements pris dans le cadre du processus de Doha.

Sanctions et prisonniers au cœur des tensions

Deux questions particulièrement sensibles ont dominé les échanges. Il s'agit des sanctions internationales et de la libération des prisonniers. L'AFC/M23 continue de contester certaines sanctions internationales qu’il considère comme déséquilibrées et visant essentiellement son camp. Cette question demeure l’un des points de friction dans les discussions diplomatiques.

Le dossier des prisonniers constitue l’autre sujet de tension. Sur les quinze détenus récemment remis au mouvement rebelle, seuls neuf figuraient sur la liste de huit cents noms communiquée par le M23.

Cette différence entre les personnes effectivement libérées et celles réclamées par le mouvement rebelle illustre les difficultés persistantes dans la mise en œuvre des engagements liés aux mesures de confiance.

Un processus de paix sous pression

La rencontre de Montreux s’inscrit dans un contexte de forte tension dans l’Est de la RDC, où le conflit impliquant l'AFC/M23 continue de peser lourdement sur la situation sécuritaire et humanitaire.

Le processus de Doha avait été engagé pour tenter de parvenir à une solution politique au conflit, avec l’implication du Qatar comme médiateur et le soutien de plusieurs partenaires internationaux et africains.

Malheureusement, les avancées restent lentes, tandis que les désaccords sur les responsabilités, les mesures de confiance, les sanctions et les conditions de mise en œuvre des engagements continuent de compliquer les négociations.

Pas de percée, mais une tentative de réorganiser la médiation

Au terme de cette retraite, aucun « miracle » diplomatique n’a donc été enregistré à Montreux. Aucun nouveau protocole n’a été conclu et les principaux dossiers de fond restent ouverts.

L’acquis principal réside plutôt dans la volonté affichée d’unifier la méthode de travail et de renforcer le suivi des engagements pris à Doha.

Il reste désormais à savoir si ce nouveau mécanisme de surveillance permettra de transformer les engagements diplomatiques en actions concrètes.

Car pendant que les diplomates cherchent une nouvelle boussole au processus de paix, sur le terrain, dans l’Est de la RDC, la situation sécuritaire demeure préoccupante et les armes continuent de parler.


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