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samedi 30 mai 2026

Piratage audiovisuel en RDC : le CSAC suspend quatre chaînes et durcit le ton

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a décidé de renforcer sa lutte contre le piratage des contenus audiovisuels en République démocratique du Congo. Réunie en session ordinaire le 21 mai 2026 à Kinshasa, l’Assemblée plénière de cette institution d’appui à la démocratie a prononcé la suspension, pour une durée de 90 jours, des chaînes Mercure TV, TVSCD, Bein SPO et Fou de Jésus TV.

Ces médias sont accusés de récidive dans la diffusion frauduleuse de contenus audiovisuels protégés, notamment à travers le piratage des signaux d’autres opérateurs.

Selon le CSAC, ces pratiques constituent une violation grave des règles de la concurrence loyale, des droits des détenteurs de contenus ainsi qu’une menace pour l’ordre public médiatique.

Le retrait des fréquences demandé pour certaines chaînes

Dans le cas de Fou de Jésus TV et Mercure TV, l’organe de régulation des médias est allé plus loin en sollicitant officiellement auprès de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) le retrait des fréquences attribuées à ces chaînes. Dans une correspondance adressée au Directeur général de l’ARPTC, le président du CSAC, Christian Bosembe, estime que le maintien de ces médias sur les fréquences qui leur ont été accordées n’est plus compatible avec les exigences de légalité, de responsabilité et d’ordre public médiatique.

Le CSAC reproche notamment à ces chaînes d’avoir persisté dans des violations répétées malgré plusieurs avertissements et rappels à l’ordre.

Le CSAC veut mettre fin à l’impunité médiatique

À travers cette décision, le régulateur entend envoyer un message clair à l’ensemble du secteur audiovisuel congolais. Pour l’institution, la liberté de la presse et la liberté d’entreprendre dans les médias ne peuvent être assimilées à l’anarchie, à la fraude ou à la violation des droits des tiers.

Le CSAC affirme également vouloir protéger les opérateurs qui acquièrent légalement les droits de diffusion, s’acquittent des redevances requises et respectent les règles du secteur audiovisuel.

Le piratage des contenus protégés cause en effet d’importantes pertes économiques aux ayants droit, aux producteurs, aux distributeurs officiels ainsi qu’aux partenaires du secteur créatif.

Un avertissement à tous les médias

Au-delà des sanctions prises contre Mercure TV, TVSCD, Bein SPO et Fou de Jésus TV, le CSAC prévient que les contrôles seront désormais renforcés dans l’ensemble du paysage médiatique congolais.

Les médias qui continueront à diffuser illégalement des programmes, films, compétitions sportives ou autres contenus protégés s’exposeront à des sanctions proportionnelles à la gravité des faits constatés.

L’Autorité de régulation annonce également un contrôle accru dans d’autres domaines sensibles, notamment la diffusion de la publicité dans les médias traditionnels, les plateformes numériques et les nouveaux supports de communication.

Restaurer l’ordre dans l’espace médiatique congolais

Par cette série de mesures, le CSAC affiche sa volonté de restaurer la discipline, la responsabilité et le respect des règles dans l’espace médiatique national.

L’institution rappelle que la régulation constitue une exigence légale visant à protéger le public, les professionnels sérieux du secteur, les ayants droit ainsi que l’équilibre de l’écosystème médiatique congolais.

La suspension de ces quatre chaînes apparaît ainsi comme un signal fort : les médias impliqués dans le piratage audiovisuel devront désormais répondre de leurs actes devant l’autorité de régulation.


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