Le
Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a décidé de
renforcer sa lutte contre le piratage des contenus audiovisuels en République
démocratique du Congo. Réunie en session ordinaire le 21 mai 2026 à Kinshasa,
l’Assemblée plénière de cette institution d’appui à la démocratie a prononcé la
suspension, pour une durée de 90 jours, des chaînes Mercure TV, TVSCD, Bein SPO
et Fou de Jésus TV.
Ces
médias sont accusés de récidive dans la diffusion frauduleuse de contenus
audiovisuels protégés, notamment à travers le piratage des signaux d’autres
opérateurs.
Selon
le CSAC, ces pratiques constituent une violation grave des règles de la
concurrence loyale, des droits des détenteurs de contenus ainsi qu’une menace
pour l’ordre public médiatique.
Le
retrait des fréquences demandé pour certaines chaînes
Dans
le cas de Fou de Jésus TV et Mercure TV, l’organe de régulation des médias est
allé plus loin en sollicitant officiellement auprès de l’Autorité de Régulation
de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) le retrait des
fréquences attribuées à ces chaînes. Dans une correspondance adressée au
Directeur général de l’ARPTC, le président du CSAC, Christian Bosembe, estime
que le maintien de ces médias sur les fréquences qui leur ont été accordées
n’est plus compatible avec les exigences de légalité, de responsabilité et
d’ordre public médiatique.
Le
CSAC reproche notamment à ces chaînes d’avoir persisté dans des violations
répétées malgré plusieurs avertissements et rappels à l’ordre.
Le
CSAC veut mettre fin à l’impunité médiatique
À
travers cette décision, le régulateur entend envoyer un message clair à
l’ensemble du secteur audiovisuel congolais. Pour l’institution, la liberté de
la presse et la liberté d’entreprendre dans les médias ne peuvent être
assimilées à l’anarchie, à la fraude ou à la violation des droits des tiers.
Le
CSAC affirme également vouloir protéger les opérateurs qui acquièrent
légalement les droits de diffusion, s’acquittent des redevances requises et
respectent les règles du secteur audiovisuel.
Le
piratage des contenus protégés cause en effet d’importantes pertes économiques
aux ayants droit, aux producteurs, aux distributeurs officiels ainsi qu’aux
partenaires du secteur créatif.
Un
avertissement à tous les médias
Au-delà
des sanctions prises contre Mercure TV, TVSCD, Bein SPO et Fou de Jésus TV, le
CSAC prévient que les contrôles seront désormais renforcés dans l’ensemble du
paysage médiatique congolais.
Les
médias qui continueront à diffuser illégalement des programmes, films,
compétitions sportives ou autres contenus protégés s’exposeront à des sanctions
proportionnelles à la gravité des faits constatés.
L’Autorité
de régulation annonce également un contrôle accru dans d’autres domaines
sensibles, notamment la diffusion de la publicité dans les médias
traditionnels, les plateformes numériques et les nouveaux supports de
communication.
Restaurer
l’ordre dans l’espace médiatique congolais
Par
cette série de mesures, le CSAC affiche sa volonté de restaurer la discipline,
la responsabilité et le respect des règles dans l’espace médiatique national.
L’institution
rappelle que la régulation constitue une exigence légale visant à protéger le
public, les professionnels sérieux du secteur, les ayants droit ainsi que
l’équilibre de l’écosystème médiatique congolais.
La
suspension de ces quatre chaînes apparaît ainsi comme un signal fort : les
médias impliqués dans le piratage audiovisuel devront désormais répondre de
leurs actes devant l’autorité de régulation.
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