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vendredi 8 mai 2026

Martin Fayulu dénonce une « tentative de coup d’État constitutionnel » et met en garde contre un troisième mandat

Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa, Martin Fayulu a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « tentative de coup d’État constitutionnel » à travers la proposition de loi référendaire portée par le professeur et député Paul Gaspard Ngondankoy.

Initialement convoquée pour dénoncer cette initiative parlementaire, la conférence de presse a également été l’occasion pour l’opposant congolais de réagir aux récentes déclarations du président Félix Tshisekedi lors de sa conférence de presse du mercredi précédent.

Fayulu critique la gestion de la crise sécuritaire

Dans son intervention, Martin Fayulu a dressé un tableau sombre de la situation que traverse actuellement la République Démocratique du Congo. Il a évoqué l’occupation de plusieurs localités du Sud-Kivu et du Nord-Kivu par le Rwanda à travers le M23/AFC, les massacres perpétrés dans les zones non occupées par les ADF avec l’implication de l’Ouganda, ainsi que les millions de déplacés internes.

L’opposant a également dénoncé l’insécurité généralisée, les tensions persistantes aux frontières, la pauvreté, le chômage, ainsi que « le vol, la corruption et l’enrichissement sans cause de certains dirigeants ».

Selon lui, certaines déclarations du chef de l’État laissent craindre une volonté de se maintenir au pouvoir au-delà des échéances constitutionnelles de 2028. Martin Fayulu s’est interrogé sur les véritables bénéficiaires de la guerre dans l’Est du pays et sur l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Une proposition de loi jugée dangereuse

Au cœur de sa critique figure la proposition de loi référendaire du député Paul Gaspard Ngondankoy. Pour Martin Fayulu, ce texte constitue « un subterfuge destiné à permettre à Félix Tshisekedi de réaliser un véritable coup d’État constitutionnel ».

L’opposant estime que les articles 87 à 90 de cette proposition introduisent un mécanisme permettant de contourner les dispositions jugées intangibles par la Constitution, notamment celles protégées par l’article 220.

Selon lui, le recours à la notion de « dysfonctionnement majeur » ouvre la voie à une remise en cause des principes fondamentaux de la République. Il a rejeté l’idée selon laquelle des experts désignés par ordonnance pourraient se substituer à la souveraineté populaire et à la Constitution. « Aucune majorité, aucun consensus, aucune consultation ne peut rendre légal ce que la Constitution interdit », a-t-il martelé devant la presse.

« Barrer la route à un troisième mandat »

Martin Fayulu a rappelé que l’article 220 constitue, selon lui, une garantie essentielle pour préserver l’alternance démocratique, les libertés et l’équilibre des pouvoirs.

Il a appelé les députés nationaux à retirer purement et simplement les articles contestés de la proposition de loi, évoquant le précédent de janvier 2015 lorsque le Sénat avait rejeté une disposition controversée de la loi électorale à la suite de la mobilisation populaire.

L’opposant a également estimé que les promoteurs de cette initiative devraient répondre devant la justice pour atteinte à l’ordre constitutionnel.

Enfin, Martin Fayulu a assuré que « la majorité du peuple congolais » s’opposerait à toute tentative de troisième mandat de Félix Tshisekedi, comme cela avait été le cas, selon lui, sous Joseph Kabila.

Appel au dialogue national inclusif

Dans la conclusion de son intervention, Martin Fayulu a lancé un appel à la « sagesse » et au « sens des responsabilités » du président Félix Tshisekedi. Il a averti contre toute initiative susceptible, selon lui, de fragiliser la cohésion nationale et de favoriser la balkanisation du pays. « Le Congo est plus grand que nos ambitions personnelles. Le Congo doit rester un, indivisible et souverain », a-t-il déclaré, plaidant pour un dialogue national inclusif comme seule issue à la crise actuelle.


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