APO

mercredi 6 mai 2026

Kinshasa : la Police judiciaire rappelée à l’ordre sur la discipline et ses missions

Le commissaire général adjoint en charge de la Police judiciaire, le commissaire divisionnaire Bertin Balekupayi, a tenu une parade le lundi 4 mai 2026 au siège de la coordination nationale à Kinshasa. M'objectif était de rappeler aux cadres et agents les principes fondamentaux encadrant leurs missions, notamment la discipline, la hiérarchie et le rôle exact de la Police judiciaire.

Une hiérarchie stricte et des missions verticales

Au cours de cette rencontre, Bertin Balekupayi a relayé les instructions du commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC), le commissaire divisionnaire principal Benjamin Alonga Boni. Il a insisté sur le respect strict de la discipline et des lois régissant le fonctionnement du service.

Selon lui, les missions au sein de la Police judiciaire sont « verticales », ce qui implique que toute revendication ou préoccupation doit suivre la voie hiérarchique normale. Il a mis en garde contre toute forme d’indiscipline susceptible de compromettre le bon fonctionnement de la coordination.

Encadrement des OPJ : mettre fin à la divagation

Le commissaire général adjoint a déploré la « divagation » de certains officiers de police judiciaire (OPJ) à travers la ville de Kinshasa. Il a rappelé que chaque responsable est tenu de savoir où se trouvent ses éléments et quelles missions leur sont assignées. « Les tâches doivent être clairement réparties avant toute descente sur le terrain afin de garantir la maîtrise des effectifs et de répondre efficacement aux autorités en cas de besoin ».

Il a également dénoncé des pratiques abusives de certains agents opérant dans des zones reculées, notamment l’interpellation d’opérateurs économiques étrangers suivie d’exigences financières illégales. Certains cas de séquestration visant à extorquer de l’argent ont été évoqués. Un message a été adressé au commissaire provincial de la police de Kinshasa, le commissaire divisionnaire Israël Kantu, afin que ces instructions soient relayées dans tous les postes et commissariats pour mettre fin à ces dérives.

Renforcement des capacités des OPJ

Sur le plan technique, Bertin Balekupayi a annoncé un programme de remise à niveau de 40 officiers de police judiciaire, en collaboration avec des partenaires tels que le PNUD et EUPOL. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les différents services spécialisés, notamment le Bureau central national (BCN) Interpol, la Police technique et scientifique, ainsi que les cours et tribunaux de Kinshasa. Les OPJ traitant des dossiers de criminalité transnationale sont appelés à passer par le BCN Interpol, interlocuteur des polices étrangères.

Par ailleurs, les services techniques doivent être sollicités pour appuyer les enquêtes, notamment à travers l’exploitation des nouvelles technologies, y compris la géolocalisation dans les affaires de crimes, vols ou assassinats.

Clarification sur le statut des OPJ

Le commissaire général adjoint a également levé l’équivoque autour des officiers de police judiciaire issus d’autres services de l’État. Il a rappelé que certains ministères et d'autres structures de l'État disposent de leurs propres OPJ, nommés par arrêté du ministre de la Justice, puis habilités après prestation de serment devant le procureur général. Cependant, ces derniers ont une compétence territoriale limitée, contrairement à ceux relevant de la Police nationale congolaise.

S’appuyant sur la loi organique du 11 août 2011, notamment en son article 86, alinéa 2, il a précisé que seuls le BCN Interpol et la police judiciaire des parquets sont regroupés au sein de la PNC. « Il n’existe pas d’autre service de Police judiciaire en dehors de ce cadre légal ». Il a enfin rappelé qu’une loi organique ne peut être abrogée par un simple texte réglementaire, invitant ainsi les OPJ à dissiper toute confusion sur leur statut et leurs prérogatives.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire