Le
chef rebelle César Atoute Badiate a publiquement réfuté toute implication du
journaliste René Capain Bassène dans les violences de 2018 en Casamance.bSelon
lui, Bassène « n’est ni membre ni porte-parole » du Mouvement des forces
démocratiques de la Casamance (MFDC) et ne lui a jamais donné d’instructions.
Il affirme l’avoir uniquement connu comme journaliste et écrivain.
Une
condamnation de plus en plus contestée
Condamné
à la prison à vie en 2022 pour complicité dans l’assassinat de 14 coupeurs de
bois dans la forêt des Bayottes, Bassène est aujourd’hui au cœur d’une vive
polémique. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) qualifie cette
affaire comme l’une des pires erreurs judiciaires du Sénégal et appelle à sa
libération.
De
nouvelles révélations mettent en cause la solidité du dossier : témoignages
obtenus sous contrainte, incohérences dans les procès-verbaux, doutes sur des
preuves numériques et géolocalisation contestée. Plusieurs anciens coaccusés,
acquittés, affirment avoir été forcés à l’incriminer.
Soutiens
et indignation
Plusieurs
voix s’élèvent en faveur du journaliste. L’ancien diplomate américain Mark
Boulware décrit Bassène comme un professionnel indépendant et une ressource
précieuse dans le processus de paix. De son côté, le sociologue Paul Diédhiou
dénonce une « diabolisation médiatique » d’un chercheur reconnu pour son
objectivité.
Un
expert du conflit en Casamance
Spécialiste du conflit en Casamance, qui dure depuis 1982, Bassène a consacré sa carrière à documenter ses causes et ses acteurs à travers enquêtes et publications. Ses travaux, basés sur des centaines d’entretiens, font aujourd’hui référence et participent à la mémoire historique du Sénégal.
Malgré
les zones d’ombre entourant le procès, la condamnation a été confirmée par la
Cour suprême. Pour ses proches, dont son épouse Odette Victorine Coly, cette
détention prolongée est une injustice qui prive ses enfants de leur père depuis
2018. Dans un contexte où couvrir le conflit reste risqué pour les
journalistes, l’affaire Bassène est devenue emblématique des défis liés à la
liberté de la presse en Afrique de l’Ouest.
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