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mardi 5 mai 2026

Affaire René Capain Bassène au Sénégal : le chef rebelle César Atoute Badiate conteste sa condamnation

Le chef rebelle César Atoute Badiate a publiquement réfuté toute implication du journaliste René Capain Bassène dans les violences de 2018 en Casamance.bSelon lui, Bassène « n’est ni membre ni porte-parole » du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) et ne lui a jamais donné d’instructions. Il affirme l’avoir uniquement connu comme journaliste et écrivain.

Une condamnation de plus en plus contestée

Condamné à la prison à vie en 2022 pour complicité dans l’assassinat de 14 coupeurs de bois dans la forêt des Bayottes, Bassène est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) qualifie cette affaire comme l’une des pires erreurs judiciaires du Sénégal et appelle à sa libération.

De nouvelles révélations mettent en cause la solidité du dossier : témoignages obtenus sous contrainte, incohérences dans les procès-verbaux, doutes sur des preuves numériques et géolocalisation contestée. Plusieurs anciens coaccusés, acquittés, affirment avoir été forcés à l’incriminer.

Soutiens et indignation

Plusieurs voix s’élèvent en faveur du journaliste. L’ancien diplomate américain Mark Boulware décrit Bassène comme un professionnel indépendant et une ressource précieuse dans le processus de paix. De son côté, le sociologue Paul Diédhiou dénonce une « diabolisation médiatique » d’un chercheur reconnu pour son objectivité.

Un expert du conflit en Casamance

Spécialiste du conflit en Casamance, qui dure depuis 1982, Bassène a consacré sa carrière à documenter ses causes et ses acteurs à travers enquêtes et publications. Ses travaux, basés sur des centaines d’entretiens, font aujourd’hui référence et participent à la mémoire historique du Sénégal.

Malgré les zones d’ombre entourant le procès, la condamnation a été confirmée par la Cour suprême. Pour ses proches, dont son épouse Odette Victorine Coly, cette détention prolongée est une injustice qui prive ses enfants de leur père depuis 2018. Dans un contexte où couvrir le conflit reste risqué pour les journalistes, l’affaire Bassène est devenue emblématique des défis liés à la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest.


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