Le
Tribunal militaire de garnison de Tshikapa a rendu, le 25 mai 2026 à Lukuaya,
dans le territoire de Luebo, son jugement dans le procès de quatre prévenus
poursuivis pour leur implication présumée dans le mouvement insurrectionnel
Kamuina Nsapu.
Ces
audiences foraines, ouvertes le 15 mai 2026 dans le secteur de Ndjoko-Punda,
portaient sur des faits graves commis entre mars et avril 2017 dans plusieurs
villages du territoire de Luebo, au Kasaï.
Des
crimes contre l’humanité retenus contre les accusés
À
l’issue du procès, les quatre prévenus ont été reconnus coupables de crimes
contre l’humanité. Ils sont notamment poursuivis pour meurtre, torture, viol,
privation de liberté, disparition forcée, pillage, destruction de biens ainsi
que participation à un mouvement insurrectionnel. Le principal accusé a été
condamné à la peine de mort. Les trois autres prévenus ont, quant à eux, écopé
de 25 ans de servitude pénale. Le Tribunal a également condamné la République
Démocratique du Congo à des réparations civiles et a reconnu 187 parties
civiles constituées dans ce dossier.
Une
avancée dans la lutte contre l’impunité au Kasaï
Ce
procès est présenté comme une nouvelle étape dans la lutte contre l’impunité
des crimes commis durant la crise liée au mouvement Kamuina Nsapu dans l’espace
Kasaï. Il intervient après une première audience foraine tenue à Tshikapa en
décembre 2025, confirmant une dynamique progressive de justice de proximité
dans la province.
Les
autorités judiciaires entendent ainsi poursuivre les auteurs présumés de crimes
internationaux et renforcer la reconnaissance des droits des victimes.
TRIAL
International critique la peine de mort
Dans
une réaction, l’organisation TRIAL International a exprimé son regret face au
recours à la peine capitale dans cette affaire, rappelant son opposition à
toute forme d’exécution judiciaire. L’organisation appelle les autorités
congolaises à restaurer le moratoire sur la peine de mort et à poursuivre les
réformes visant à garantir une justice équitable et respectueuse des droits
humains.
Un
soutien international aux efforts judiciaires
TRIAL
International souligne que son action dans ce dossier s’inscrit dans le cadre
du Cadre de Concertation de Tshikapa, un réseau d’acteurs nationaux et
internationaux appuyant les juridictions congolaises dans la lutte contre les
crimes de masse.
Son
travail dans la région du Kasaï bénéficie notamment de l’appui de l’Union
européenne, de l’Agence suédoise de coopération internationale (SIDA) ainsi que
du Fonds national pour les réparations des victimes des violences sexuelles
liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité
(FONAREV).
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