Un
jeune choriste de la Paroisse Saint-Joseph de Lukala, dans le territoire de
Mbanza-Ngungu au Kongo Central, affirme avoir été victime d’une arrestation
arbitraire dans la soirée du 20 mai 2026. Il dénonce également des pratiques
d’extorsion au sein d’une équipe de police en patrouille.
Une
soirée ordinaire qui vire à l’interpellation
Selon
son témoignage, tout a commencé après la célébration du mercredi 20 mai 2026 à
l’église catholique Saint-Joseph. Après la messe et un moment d’échange
organisé à la réception paroissiale jusqu’aux environs de 19 heures, le jeune
homme quitte la paroisse pour rejoindre des connaissances près du stade de la
Cimenterie de Lukala (CILU).
Il
explique avoir ensuite accompagné une cousine au quartier 3, avenue Kokolo,
afin qu’elle lui montre le domicile d’un ami malade à qui il souhaitait rendre
visite.
Interpellé
près du stade de la CILU
Alors
qu’ils revenaient vers le terrain de football situés près du stade de la CILU,
des policiers en patrouille les auraient interpellés. Les agents lui auraient
reproché de discuter avec une femme à cette heure de la soirée. Le jeune
choriste affirme avoir été embarqué manu militari sans explication valable. «
Un criminel ne peut jamais se cacher dans un endroit aussi visible »,
soutient-il, précisant que plusieurs personnes circulaient encore dans la zone
au moment des faits.
Selon
son récit, les policiers auraient également tenté de déshabiller sa cousine
pendant l’intervention.
«
Dites-nous le motif pour lequel vous voulez nous arrêter puisqu’il est
seulement 19h37. Je regardais ma montre », affirme-t-il avoir déclaré avant
d’être conduit au bureau de la police.
Une
nuit au cachot
Le
jeune homme raconte avoir passé toute la nuit au cachot avec d’autres personnes
arrêtées lors de cette même opération policière. Informés de son arrestation,
les responsables de l’école primaire où il travaille comme technicien de
surface se seraient rendus au poste de police afin de comprendre les raisons de
son interpellation.
Selon
les témoignages recueillis, ils auraient tenté de rencontrer le commissaire
principal chargé de la patrouille, mais celui-ci n’était pas présent au bureau
vers 22 heures.
Une
libération après paiement d’argent
Le
lendemain matin, les responsables de l’établissement scolaire auraient
finalement rencontré le chef de la patrouille, lequel aurait exigé 250.000
francs congolais pour la libération du jeune homme. Après plusieurs
discussions, un arrangement aurait été trouvé autour d’un montant équivalent à
environ 50 dollars américains.
«
Moi, j’ai été libéré vers 8 heures après le paiement de cette somme d’argent »,
témoigne-t-il.
D’après
lui, plusieurs autres personnes arrêtées cette nuit-là auraient été transférées
au cachot de la police de Mbanza-Ngungu après avoir passé la nuit au cachot de
Lukala.
Des
inquiétudes dans la cité de Lukala
Ce
témoignage ravive les inquiétudes de plusieurs habitants de Lukala qui
dénoncent la multiplication d’arrestations arbitraires et de paiements exigés
pour obtenir une remise en liberté.
Des
acteurs de la société civile appellent les autorités provinciales et
judiciaires à ouvrir une enquête afin de faire la lumière sur ces allégations
et garantir le respect des droits des citoyens.
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