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samedi 23 mai 2026

Kongo Central : un choriste dénonce une arrestation arbitraire à Lukala et une libération contre 50 dollars

Un jeune choriste de la Paroisse Saint-Joseph de Lukala, dans le territoire de Mbanza-Ngungu au Kongo Central, affirme avoir été victime d’une arrestation arbitraire dans la soirée du 20 mai 2026. Il dénonce également des pratiques d’extorsion au sein d’une équipe de police en patrouille.

Une soirée ordinaire qui vire à l’interpellation

Selon son témoignage, tout a commencé après la célébration du mercredi 20 mai 2026 à l’église catholique Saint-Joseph. Après la messe et un moment d’échange organisé à la réception paroissiale jusqu’aux environs de 19 heures, le jeune homme quitte la paroisse pour rejoindre des connaissances près du stade de la Cimenterie de Lukala (CILU).

Il explique avoir ensuite accompagné une cousine au quartier 3, avenue Kokolo, afin qu’elle lui montre le domicile d’un ami malade à qui il souhaitait rendre visite.

Interpellé près du stade de la CILU

Alors qu’ils revenaient vers le terrain de football situés près du stade de la CILU, des policiers en patrouille les auraient interpellés. Les agents lui auraient reproché de discuter avec une femme à cette heure de la soirée. Le jeune choriste affirme avoir été embarqué manu militari sans explication valable. « Un criminel ne peut jamais se cacher dans un endroit aussi visible », soutient-il, précisant que plusieurs personnes circulaient encore dans la zone au moment des faits.

Selon son récit, les policiers auraient également tenté de déshabiller sa cousine pendant l’intervention.

« Dites-nous le motif pour lequel vous voulez nous arrêter puisqu’il est seulement 19h37. Je regardais ma montre », affirme-t-il avoir déclaré avant d’être conduit au bureau de la police.

Une nuit au cachot

Le jeune homme raconte avoir passé toute la nuit au cachot avec d’autres personnes arrêtées lors de cette même opération policière. Informés de son arrestation, les responsables de l’école primaire où il travaille comme technicien de surface se seraient rendus au poste de police afin de comprendre les raisons de son interpellation.

Selon les témoignages recueillis, ils auraient tenté de rencontrer le commissaire principal chargé de la patrouille, mais celui-ci n’était pas présent au bureau vers 22 heures.

Une libération après paiement d’argent

Le lendemain matin, les responsables de l’établissement scolaire auraient finalement rencontré le chef de la patrouille, lequel aurait exigé 250.000 francs congolais pour la libération du jeune homme. Après plusieurs discussions, un arrangement aurait été trouvé autour d’un montant équivalent à environ 50 dollars américains.

« Moi, j’ai été libéré vers 8 heures après le paiement de cette somme d’argent », témoigne-t-il.

D’après lui, plusieurs autres personnes arrêtées cette nuit-là auraient été transférées au cachot de la police de Mbanza-Ngungu après avoir passé la nuit au cachot de Lukala.

Des inquiétudes dans la cité de Lukala

Ce témoignage ravive les inquiétudes de plusieurs habitants de Lukala qui dénoncent la multiplication d’arrestations arbitraires et de paiements exigés pour obtenir une remise en liberté.

Des acteurs de la société civile appellent les autorités provinciales et judiciaires à ouvrir une enquête afin de faire la lumière sur ces allégations et garantir le respect des droits des citoyens.


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