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samedi 23 mai 2026

Haut-Katanga : la démission de Jacques Kyabula consolide le pouvoir du gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula

Dans une libre opinion de Me Hubert Tshiswaka Masoka, la démission du gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, ouvre une nouvelle séquence politique dans cette province stratégique du sud-est de la République Démocratique du Congo.

Dans une lettre adressée le 21 mai 2026 au président Félix-Antoine Tshisekedi, Jacques Kyabula a officialisé son départ après deux mandats successifs à la tête de la province.

Cette décision renforce de facto la position du gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula, qui dirige déjà la province depuis juillet 2025.

Deux mandats à la tête du Haut-Katanga

Jacques Kyabula avait accédé au gouvernorat en avril 2019 aux côtés du vice-gouverneur Jean-Claude Kamfwa Kimimba. Réélu en 2024, il avait alors formé un nouveau ticket avec Martin Kazembe Shula. Sa démission marque ainsi la fin de près de sept années de gouvernance provinciale.

Sur le plan constitutionnel, l’article 198 de la Constitution congolaise prévoit que le gouverneur et le vice-gouverneur sont élus pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Leur désignation reste toutefois individuelle, chaque membre du ticket étant investi séparément par ordonnance présidentielle.

Une transition encadrée par la loi

La démission du gouverneur entraîne automatiquement celle de l’ensemble du gouvernement provincial, conformément à l’article 160 de la loi électorale. Dans ce contexte, le vice-gouverneur devenu gouverneur intérimaire assure désormais la gestion des affaires courantes jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection. Cette clarification juridique permet à Martin Kazembe Shula d’exercer plus librement les prérogatives liées à la gestion de la province, alors que plusieurs actes politiques majeurs restaient jusque-là sujets à controverse en raison du caractère intérimaire de son pouvoir.

Un avantage politique pour Martin Kazembe Shula

La nouvelle configuration politique offre également un avantage stratégique au gouverneur intérimaire. En tant qu’ancien vice-gouverneur, Martin Kazembe Shula conserve la possibilité de briguer son propre mandat lors de la future élection partielle.

Plusieurs observateurs estiment par ailleurs que le retard éventuel dans l’organisation du scrutin pourrait prolonger la période d’intérim, en fonction du calendrier de la Commission électorale nationale indépendante. Cette situation relance le débat autour du risque de « glissement » institutionnel dans la province.

Une gouvernance déjà controversée

Le 23 mars 2026, Martin Kazembe Shula avait déjà suscité de vives réactions en procédant à la nomination d’un nouveau gouvernement provincial alors qu’il assurait l’intérim. Des juristes et acteurs politiques avaient contesté cette initiative, estimant qu’un intérimaire ne dispose pas de la pleine compétence pour poser des actes de souveraineté aussi importants. La démission officielle de Jacques Kyabula vient toutefois modifier le contexte institutionnel et renforcer la légitimité politique du gouverneur intérimaire.

Les défis d’une nouvelle étape politique

Au-delà des enjeux de succession, cette transition ouvre une période décisive pour l’avenir politique du Haut-Katanga. Des organisations de défense des droits humains, notamment l’IRDH, appellent les autorités provinciales à répondre à plusieurs dossiers sensibles, parmi lesquels les conflits fonciers de Kashimbala, dans la zone d’INERA/Kipopo, ainsi que les accusations de détournement de la redevance minière destinée à la route Kipopo–Tshamalale-Poleni.

Pour plusieurs analystes, la capacité des autorités intérimaires à garantir la continuité institutionnelle tout en respectant les exigences démocratiques constituera le principal défi des prochains mois.


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