Le
commissaire général adjoint en charge de la Police judiciaire, le commissaire
divisionnaire Bertin Balekupayi, a tenu une parade le lundi 4 mai 2026 au siège
de la coordination nationale à Kinshasa. M'objectif était de rappeler aux
cadres et agents les principes fondamentaux encadrant leurs missions, notamment
la discipline, la hiérarchie et le rôle exact de la Police judiciaire.
Une
hiérarchie stricte et des missions verticales
Au
cours de cette rencontre, Bertin Balekupayi a relayé les instructions du
commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC), le commissaire
divisionnaire principal Benjamin Alonga Boni. Il a insisté sur le respect
strict de la discipline et des lois régissant le fonctionnement du service.
Selon
lui, les missions au sein de la Police judiciaire sont « verticales », ce qui
implique que toute revendication ou préoccupation doit suivre la voie
hiérarchique normale. Il a mis en garde contre toute forme d’indiscipline
susceptible de compromettre le bon fonctionnement de la coordination.
Encadrement
des OPJ : mettre fin à la divagation
Le
commissaire général adjoint a déploré la « divagation » de certains officiers
de police judiciaire (OPJ) à travers la ville de Kinshasa. Il a rappelé que
chaque responsable est tenu de savoir où se trouvent ses éléments et quelles
missions leur sont assignées. « Les tâches doivent être clairement réparties
avant toute descente sur le terrain afin de garantir la maîtrise des effectifs
et de répondre efficacement aux autorités en cas de besoin ».
Il a
également dénoncé des pratiques abusives de certains agents opérant dans des
zones reculées, notamment l’interpellation d’opérateurs économiques étrangers
suivie d’exigences financières illégales. Certains cas de séquestration visant
à extorquer de l’argent ont été évoqués. Un message a été adressé au
commissaire provincial de la police de Kinshasa, le commissaire divisionnaire
Israël Kantu, afin que ces instructions soient relayées dans tous les postes et
commissariats pour mettre fin à ces dérives.
Renforcement
des capacités des OPJ
Sur
le plan technique, Bertin Balekupayi a annoncé un programme de remise à niveau
de 40 officiers de police judiciaire, en collaboration avec des partenaires
tels que le PNUD et EUPOL. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer
la collaboration entre les différents services spécialisés, notamment le Bureau
central national (BCN) Interpol, la Police technique et scientifique, ainsi que
les cours et tribunaux de Kinshasa. Les OPJ traitant des dossiers de
criminalité transnationale sont appelés à passer par le BCN Interpol,
interlocuteur des polices étrangères.
Par
ailleurs, les services techniques doivent être sollicités pour appuyer les
enquêtes, notamment à travers l’exploitation des nouvelles technologies, y
compris la géolocalisation dans les affaires de crimes, vols ou assassinats.
Clarification
sur le statut des OPJ
Le
commissaire général adjoint a également levé l’équivoque autour des officiers
de police judiciaire issus d’autres services de l’État. Il a rappelé que
certains ministères et d'autres structures de l'État disposent de leurs propres
OPJ, nommés par arrêté du ministre de la Justice, puis habilités après
prestation de serment devant le procureur général. Cependant, ces derniers ont
une compétence territoriale limitée, contrairement à ceux relevant de la Police
nationale congolaise.
S’appuyant
sur la loi organique du 11 août 2011, notamment en son article 86, alinéa 2, il
a précisé que seuls le BCN Interpol et la police judiciaire des parquets sont
regroupés au sein de la PNC. « Il n’existe pas d’autre service de Police
judiciaire en dehors de ce cadre légal ». Il a enfin rappelé qu’une loi
organique ne peut être abrogée par un simple texte réglementaire, invitant
ainsi les OPJ à dissiper toute confusion sur leur statut et leurs prérogatives.
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