La
Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) exprime sa vive inquiétude et son
indignation face à la résurgence des violences xénophobes en Afrique du Sud.
Dans une déclaration solennelle, l’organisation rappelle que l’État
sud-africain est tenu de respecter ses engagements internationaux, notamment la
Déclaration universelle des droits de l'homme, ainsi que les conventions
relatives à la protection des réfugiés.
Selon
la FBCP, la situation actuelle révèle une dégradation préoccupante des valeurs
humanistes dans un pays autrefois symbole de lutte contre l’oppression,
incarnée par Nelson Mandela. Le constat dressé par l’organisation est jugé
alarmant et appelle une réaction urgente de la communauté internationale, les
violations des droits fondamentaux : des réfugiés, notamment originaires de la
République Démocratique du Congo, auraient été expulsés de leurs lits d’hôpital
en pleine prise en charge médicale ; atteintes à l’éducation et à l’emploi :
des ressortissants africains, dont des Nigérians, Zimbabwéens et Ghanéens,
seraient exclus des écoles et de leurs activités professionnelles.
Insécurité
et violences : la FBCP dénonce des exactions commises par des milices civiles,
opérant en dehors de tout cadre légal, dans un climat rappelant les heures
sombres de l’Apartheid. La FBCP critique vivement l’inaction et l’ambiguïté des
autorités sud-africaines. Elle estime que, malgré des déclarations officielles,
des pratiques telles que les arrestations arbitraires, les actes de torture et
même des homicides continuent de se produire dans une impunité préoccupante.
L’Union
africaine interpellée pour son silence
L’organisation
dénonce également le manque de réaction de l’Union africaine, qu’elle accuse de
passivité face à ces dérives. Ce silence, selon la FBCP, fragilise la
crédibilité de l’institution et met en péril l’idéal d’unité africaine. Elle
évoque aussi une propagation inquiétante de ces pratiques dans d’autres pays,
citant notamment des interpellations massives survenues à Kumasi le 26 avril
2026.
Vers
des poursuites devant les juridictions africaines
Face
à la gravité des faits, la FBCP envisage des actions judiciaires. Elle appelle
les États et les organisations de la société civile à saisir la Cour africaine
des droits de l'homme et des peuples afin de faire constater les violations
répétées imputées à Pretoria. L’organisation exige également l’ouverture
d’enquêtes indépendantes pour identifier les responsables de ces violences et
garantir réparation aux victimes.
Des
recommandations pour une action urgente
Dans
sa déclaration, la FBCP formule plusieurs recommandations au gouvernement
sud-africain d'adopter des mesures concrètes pour protéger les étrangers et
restaurer l’autorité de l’État.
À
l’Union africaine de sortir de son silence et condamner officiellement ces
actes.
À la
Commission africaine des droits de l’homme d'engager des poursuites judiciaires
contre l’État sud-africain.
Sur
le plan institutionnel : engager une réforme profonde de l’Union africaine pour
renforcer son indépendance et son efficacité.
Pour
Emmanuel Adu Cole, président de la FBCP, il est impératif de mettre fin à
l’impunité et de réaffirmer les principes fondamentaux de solidarité et de
dignité humaine sur le continent. L’organisation conclut en rappelant que le
droit international ne saurait tolérer que des frontières servent de refuge à
l’injustice et à la haine.
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