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lundi 4 mai 2026

Xénophobie en Afrique du Sud : la FBCP hausse le ton et interpelle les instances panafricaines

La Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) exprime sa vive inquiétude et son indignation face à la résurgence des violences xénophobes en Afrique du Sud. Dans une déclaration solennelle, l’organisation rappelle que l’État sud-africain est tenu de respecter ses engagements internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l'homme, ainsi que les conventions relatives à la protection des réfugiés.

Selon la FBCP, la situation actuelle révèle une dégradation préoccupante des valeurs humanistes dans un pays autrefois symbole de lutte contre l’oppression, incarnée par Nelson Mandela. Le constat dressé par l’organisation est jugé alarmant et appelle une réaction urgente de la communauté internationale, les violations des droits fondamentaux : des réfugiés, notamment originaires de la République Démocratique du Congo, auraient été expulsés de leurs lits d’hôpital en pleine prise en charge médicale ; atteintes à l’éducation et à l’emploi : des ressortissants africains, dont des Nigérians, Zimbabwéens et Ghanéens, seraient exclus des écoles et de leurs activités professionnelles.

Insécurité et violences : la FBCP dénonce des exactions commises par des milices civiles, opérant en dehors de tout cadre légal, dans un climat rappelant les heures sombres de l’Apartheid. La FBCP critique vivement l’inaction et l’ambiguïté des autorités sud-africaines. Elle estime que, malgré des déclarations officielles, des pratiques telles que les arrestations arbitraires, les actes de torture et même des homicides continuent de se produire dans une impunité préoccupante.

L’Union africaine interpellée pour son silence

L’organisation dénonce également le manque de réaction de l’Union africaine, qu’elle accuse de passivité face à ces dérives. Ce silence, selon la FBCP, fragilise la crédibilité de l’institution et met en péril l’idéal d’unité africaine. Elle évoque aussi une propagation inquiétante de ces pratiques dans d’autres pays, citant notamment des interpellations massives survenues à Kumasi le 26 avril 2026.

Vers des poursuites devant les juridictions africaines

Face à la gravité des faits, la FBCP envisage des actions judiciaires. Elle appelle les États et les organisations de la société civile à saisir la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples afin de faire constater les violations répétées imputées à Pretoria. L’organisation exige également l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour identifier les responsables de ces violences et garantir réparation aux victimes.

Des recommandations pour une action urgente

Dans sa déclaration, la FBCP formule plusieurs recommandations au gouvernement sud-africain d'adopter des mesures concrètes pour protéger les étrangers et restaurer l’autorité de l’État.

À l’Union africaine de sortir de son silence et condamner officiellement ces actes.

À la Commission africaine des droits de l’homme d'engager des poursuites judiciaires contre l’État sud-africain.

Sur le plan institutionnel : engager une réforme profonde de l’Union africaine pour renforcer son indépendance et son efficacité.

Pour Emmanuel Adu Cole, président de la FBCP, il est impératif de mettre fin à l’impunité et de réaffirmer les principes fondamentaux de solidarité et de dignité humaine sur le continent. L’organisation conclut en rappelant que le droit international ne saurait tolérer que des frontières servent de refuge à l’injustice et à la haine.


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