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samedi 16 mai 2026

RDC : Human Rights Watch accuse le M23 et les forces rwandaises d’atrocités à Uvira

L’organisation Human Rights Watch a publié, le 14 mai 2026, un rapport dénonçant de graves violations des droits humains commises par les rebelles du M23 et les forces militaires rwandaises lors de leur occupation de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.

Intitulé « Nous sommes des civils ! », ce document de 26 pages retrace les violences perpétrées entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026, période durant laquelle les rebelles et leurs alliés rwandais ont contrôlé la deuxième plus grande ville du Sud-Kivu. Selon le rapport, les combattants du M23 et les militaires rwandais ont mené des exécutions sommaires, des viols, des enlèvements forcés et des tirs contre des civils qui tentaient de fuir les combats.

Plus de 50 civils exécutés et plusieurs cas de viols documentés

D’après Human Rights Watch, plus de 50 civils ont été exécutés sommairement lors d’opérations de fouille menées de porte à porte à Uvira. L’organisation affirme également avoir documenté au moins huit cas de violences sexuelles commises par des combattants du M23 et des soldats rwandais dans la ville et ses environs.

Les survivantes ont dénoncé l’absence de structures sanitaires adéquates durant l’occupation, notamment le manque de traitements post-exposition contre le VIH et de soins médicaux appropriés pour les victimes de violences sexuelles.

Le rapport évoque aussi la disparition forcée d’au moins 12 civils enrôlés de force par le M23, dont les familles sont toujours sans nouvelles.

Des civils pris pour cible lors de la prise de la ville

Le rapport décrit une situation chaotique lors de la prise d’Uvira par les rebelles et les forces rwandaises le 10 décembre 2025. Des témoins interrogés par Human Rights Watch racontent que plusieurs civils ont été abattus alors qu’ils tentaient de quitter la ville pour se mettre à l’abri. Un habitant affirme avoir vu quatre membres de sa famille être tués par balles alors qu’ils fuyaient les affrontements vers le lac Tanganyika.

Selon l’organisation, les combattants du M23 accusaient de nombreux hommes et jeunes garçons d’être liés aux milices Wazalendo avant de les exécuter sur place.

Human Rights Watch réclame des poursuites internationales

Le directeur exécutif de Human Rights Watch, Philippe Bolopion, estime que les crimes documentés à Uvira pourraient ne représenter qu’une partie des abus réellement commis. L’ONG appelle à l’ouverture d’enquêtes pénales indépendantes, notamment par la Cour pénale internationale, afin de lutter contre l’impunité.

Human Rights Watch demande également au Rwanda de mettre fin à son soutien au M23 et exhorte les autorités congolaises à mener des enquêtes impartiales sur toutes les violations graves du droit international humanitaire commises par les différentes parties au conflit. 

Des sanctions et une mobilisation internationale réclamées

Le rapport rappelle que les États-Unis ont imposé, le 2 mars 2026, des sanctions contre l’armée rwandaise et certains de ses commandants pour leur implication présumée dans la prise et l’occupation d’Uvira. L’organisation de défense des droits humains appelle les partenaires internationaux de la RDC et du Rwanda à soutenir les enquêtes de la Commission indépendante des Nations Unies sur les violations commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Elle recommande également des sanctions ciblées contre les responsables du M23, les commandants rwandais impliqués ainsi qu’un réexamen de la coopération militaire et sécuritaire avec Kigali.

Des fosses communes signalées à Uvira

Human Rights Watch affirme enfin que plusieurs fosses communes subsistent encore dans différents quartiers d’Uvira.

L’organisation exhorte les autorités congolaises à faciliter l’accès des enquêteurs indépendants, à protéger les témoins et à préserver toutes les preuves liées aux crimes commis pendant l’occupation de la ville.

Elle demande aussi au gouvernement congolais de garantir la protection des civils et de mettre fin au soutien apporté aux groupes armés locaux accusés d’exactions, notamment certaines milices Wazalendo.


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