En
visite à Kinshasa, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé
(OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a réaffirmé le 29 mai 2016 le soutien de son
institution à la République Démocratique du Congo dans la lutte contre la
nouvelle flambée d’Ebola qui touche l’Est du pays. Reçu par la Première
ministre Judith Suminwa Tuluka, il a salué l’expertise acquise par la RDC au
fil des années et s’est montré confiant quant à la capacité du pays à maîtriser
cette crise sanitaire.
L’OMS
mise sur l’expérience congolaise
Tedros
Adhanom Ghebreyesus a souligné que la RDC possède aujourd’hui une solide
expérience dans la gestion des épidémies d’Ebola. Malgré les défis liés à
l’insécurité et aux déplacements de populations dans les zones affectées, le
patron de l’OMS estime que les autorités congolaises disposent des compétences
nécessaires pour contenir cette nouvelle flambée.
« La
RDC a déjà démontré sa capacité à faire face à Ebola. Nous sommes convaincus
qu’elle pourra une nouvelle fois maîtriser cette épidémie ».
Renforcer
durablement le système de santé
Le
Directeur général de l’OMS a également salué la volonté du gouvernement
congolais de transformer cette crise en opportunité pour consolider le système
national de santé.
Il a
mis en avant les efforts déjà engagés par les autorités ainsi que l’appui des
partenaires internationaux, tout en réaffirmant l’engagement de l’OMS à
accompagner la RDC dans toutes les étapes de la riposte.
L’absence
de vaccin contre la souche Bundibugyo
Tedros
Adhanom Ghebreyesus a reconnu que l’absence de vaccin et de traitement
spécifique contre la souche Bundibugyo constitue l’un des principaux défis de
cette épidémie.
Identifiée
pour la première fois en 2007 en Ouganda, cette souche a jusqu’ici provoqué peu
de flambées, ce qui a limité les avancées de la recherche scientifique.
Selon
l’OMS, plusieurs candidats vaccins et traitements sont néanmoins en cours de
développement et pourraient être évalués dans le cadre de la réponse actuelle.
Contre
la fermeture des frontières
Le
responsable de l’OMS s’est également opposé aux restrictions de voyage et aux
fermetures de frontières adoptées par certains pays. Pour lui, ces mesures ne
permettent pas d’arrêter durablement la propagation du virus et peuvent même
freiner la coopération internationale nécessaire à une riposte efficace.
« La
meilleure façon de lutter contre Ebola est de soutenir les efforts déployés à
l’épicentre de l’épidémie ».
Une
visite à Bunia pour évaluer la riposte
Tedros
Adhanom Ghebreyesus a annoncé son déplacement à Bunia, en Ituri, afin de
rencontrer les équipes engagées sur le terrain et d’évaluer les besoins
opérationnels de la riposte. Cette mission vise à renforcer davantage le
soutien de l’OMS aux autorités sanitaires congolaises dans la lutte contre
l’épidémie.
Agir
sur les causes profondes de la maladie
Évoquant
le retour régulier d’Ebola en RDC, où cette flambée est la 17ème recensée
officiellement, le Directeur général de l’OMS a souligné l’importance du
travail communautaire. Selon lui, certaines pratiques à risque, notamment lors
des funérailles et des enterrements, continuent de favoriser la transmission du
virus lorsque les mesures sanitaires ne sont pas respectées.
Pour
l’OMS, la lutte contre Ebola doit ainsi combiner renforcement du système de
santé, sensibilisation des communautés, surveillance épidémiologique et
coopération internationale afin de bâtir une réponse durable face aux futures
épidémies.
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