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jeudi 30 avril 2026

Transport aérien en RDC : le ras-le-bol des passagers face aux dérives des compagnies

En République Démocratique du Congo, de plus en plus de passagers dénoncent le non-respect des horaires de vol par certaines compagnies aériennes, notamment Gomair. Des voyageurs censés embarquer le jeudi 23 avril 2026 ont été contraints de modifier leurs plans après un changement unilatéral de programme, leur vol ayant été avancé au 22 avril 2026 sans préavis suffisant.

Bagages abandonnés et passagers lésés

Selon plusieurs témoignages, la compagnie serait coutumière de pratiques controversées, notamment l’abandon de bagages à l’aéroport international de N'djili en raison de surcharge. Une situation incompréhensible pour certains passagers qui s’interrogent sur l’utilité des formalités de check-in si leurs effets personnels ne suivent pas. À destination, nombreux sont ceux qui se retrouvent sans bagages, accentuant leur frustration.

Un monopole qui inquiète

Pour plusieurs usagers, ces dérives s’expliquent en partie par l’absence de concurrence sur certaines lignes. Le retrait d’Air Kasaï sur des axes comme Lodja aurait laissé le champ libre à Gomair, réduisant les options pour les voyageurs. Dans ce contexte, certains passagers dénoncent une forme d’abus, allant jusqu’au débarquement imprévu de clients le jour même du vol.

Désorganisation totale à l’embarquement

Les témoignages font état d’une grande confusion autour des heures de départ. Le 21 avril 2026, un passager a été informé à la dernière minute du changement de son vol au lendemain, avec des consignes contradictoires sur l’heure d’arrivée à l’aéroport. 

Sur place, les formalités se sont déroulées dans des conditions difficiles : bousculades, chaleur étouffante, lenteur du service et absence d’informations claires.

Même dans la salle d’attente, les passagers ont dû faire face à une climatisation défaillante et à une incertitude totale quant à l’heure de décollage.

Attente sous le soleil et embarquement chaotique

L’embarquement s’est fait dans une confusion générale. Après un transport en bus jusqu’à l’avion, les passagers ont été contraints d’attendre sous une chaleur accablante, certains invités à se réfugier sous les ailes de l’appareil. Pendant ce temps, le personnel au sol s’activait à réaménager l’avion, allant jusqu’à démonter des sièges pour charger des marchandises.

Conditions de vol dénoncées

À bord, les conditions de voyage ont choqué plus d’un passager. Des marchandises entassées dans la cabine, une allée encombrée de colis, des odeurs nauséabondes et la présence d’insectes — mouches et même cafards — ont marqué ce vol à destination de Lodja. Une situation jugée inacceptable par les voyageurs, y compris les habitués de la compagnie.

Une indignation croissante des voyageurs

Le décollage n’est finalement intervenu qu’à 14h13, après de longues heures d’attente. Excédés, certains passagers ont exprimé leur amertume face à ces conditions qu’ils jugent incompatibles avec toute ambition de développement du pays.

« On ne peut pas construire un pays dans ces conditions », déplore un voyageur, contraint de passer toute une journée à attendre un vol incertain. Dans un mélange de résignation et d’ironie, un autre lance en Tshiluba : « Kwata bukole », tenez bon, comme pour encourager ses compagnons d’infortune à supporter l’insupportable.

Retards, désordre et frustrations des passagers entre Kinshasa et Lodja

Malgré la forte pluie qui s’est abattue le 24 avril 2026 sur Kinshasa, plusieurs passagers se sont mobilisés pour arriver à temps à l’aéroport. À leur grande surprise, ils apprennent sur place que l’avion est immobilisé à Beni, faute de carburant.

Face à cette situation, la compagnie aérienne remet 10 dollars américains à chaque passager pour leur permettre de rentrer et revenir le lendemain. Le voyage vers Lodja sera finalement effectué avec un important retard.

Bagages laissés et solutions improvisées

À l’arrivée à Lodja, une passagère constate la disparition de son sac d’habits. Contrainte de s’adapter, elle décide d’acheter des vêtements sur place. Le 28 avril 2026, lors d’un appel téléphonique, elle demande expressément à la compagnie de ne pas envoyer son bagage, estimant avoir déjà acquis suffisamment d’habits pour éviter tout excédent de poids. Elle prévient qu’en cas d’envoi du sac, elle refusera de payer les frais supplémentaires. Malgré cela, son bagage sera tout de même acheminé à Lodja.

Incertitudes autour des vols de retour

La veille du 29 avril 2026, des passagers en partance pour Kinshasa tentent d’obtenir des informations sur leur vol auprès de l’agence locale de la compagnie. En vain, aucune heure de départ n’est communiquée. Face à cette incertitude, les voyageurs ne savent pas à quel moment se rendre à l’aéroport. Un cadre du secteur de la santé relativise, « attendons la fin des travaux de la piste de l’aéroport de Lodja. Pour le moment, il faut faire avec, faute d’alternative ».

Plusieurs passagers dénoncent cependant une situation jugée injuste : si des pénalités sont appliquées aux voyageurs en cas de retard, ils estiment qu’une réciprocité devrait s’imposer aux compagnies aériennes qui ne respectent pas leurs engagements.

Désordre à l’embarquement et pratiques décriées

Au moment du retour depuis l’aéroport local le 30 avril 2026, l’organisation laisse à désirer. Sous la menace de nouvelles pluies, l’agence de Lodja ne maîtrise ni l’heure d’atterrissage ni celle du décollage de l’appareil en provenance de Kinshasa via Beni.

Lors des formalités d’embarquement, certains agents exigent 10.000 francs congolais pour éviter une fouille approfondie des bagages. Un passager, refusant de céder, affirme n’avoir rien à cacher et invite les agents à faire leur travail correctement. En réaction, des fouilles désordonnées sont menées, perturbant les effets personnels de plusieurs voyageurs.

Décollage précipité dans des conditions précaires

Le contrôle à l’embarquement se fait à la hâte. Il est près de 18h30 à Lodja, et la piste, non balisée, impose un départ rapide avant la tombée de la nuit. L’embarquement s’effectue dans la précipitation. À bord, les sièges sont cette fois correctement installés, mais une odeur désagréable est perceptible dans la cabine. L’avion décolle finalement vers 18h30 et atterrit à l’aéroport international de N'djili aux alentours de 19h38.


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