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jeudi 30 avril 2026

RDC : choléra, mpox et rougeole sous pression, l’OMS intensifie la riposte sanitaire au premier trimestre 2026

Le bulletin trimestriel du Programme des urgences sanitaires de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en République Démocratique du Congo dresse un constat préoccupant pour les trois premiers mois de 2026. Cette période a été marquée par une intensification des interventions pour faire face à des crises sanitaires et humanitaires, particulièrement dans l’Est du pays.

Les autorités sanitaires et leurs partenaires ont dû répondre simultanément à plusieurs épidémies, notamment le choléra, le mpox et la rougeole, tout en poursuivant les efforts de résilience après les épidémies d’Ebola. Le choléra reste la menace sanitaire majeure. Entre la semaine 1 de 2025 et la semaine 8 de 2026, 83.266 cas et 2.384 décès ont été enregistrés, soit un taux de létalité de 3 %. La ville de Kinshasa concentre à elle seule près de 30 % des cas.

Parallèlement, l’épidémie de mpox a comptabilisé 11.577 cas suspects pour 130 décès. Quant à la rougeole, elle a touché 44.379 personnes, causant 428 décès, confirmant la pression persistante sur le système de santé.

La situation sanitaire est aggravée par une crise humanitaire durable dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Environ 6,47 millions de personnes déplacées vivent dans des conditions précaires, augmentant leur vulnérabilité face aux maladies.

Des avancées dans la préparation et la coordination

Malgré ce contexte difficile, des progrès ont été enregistrés dans le renforcement des capacités nationales liées au Règlement sanitaire international (RSI 2005). Ces avancées concernent notamment la surveillance épidémiologique, la communication des risques, l’engagement communautaire, la sécurité sanitaire des aliments, la surveillance des zoonoses et la gestion des points d’entrée. Deux exercices stratégiques ont orienté la riposte : la revue intra-action sur le choléra, qui a permis d’améliorer la coordination et les interventions communautaires, et la revue après-action Ebola, centrée sur la préparation et la gestion des urgences sanitaires.

Sur le plan opérationnel, les capacités de diagnostic ont été renforcées, notamment grâce à l’extension du diagnostic du mpox via la plateforme RadiOne et la mise à disposition de 1.500 cartouches GeneXpert.

La lutte contre le choléra s’est intensifiée à Kinshasa et dans plusieurs provinces, avec le déploiement du quadrillage communautaire, l’ouverture du Centre de traitement du choléra de Binza Ozone et le prépositionnement de plus de 12 tonnes de matériels médicaux.

Avec l’appui de l’OMS, 25 kits de prise en charge de la rougeole ont permis de traiter près de 14.000 patients dans 13 zones de santé. Par ailleurs, 4.236 agents de première ligne ont été formés dans des domaines clés tels que la surveillance, la prévention et le contrôle des infections, la prise en charge des cas et la communication des risques.

Des investissements pour renforcer le système de santé

L’OMS a également soutenu la réhabilitation des infrastructures sanitaires et le renforcement des services de santé dans plusieurs zones, notamment autour de Bulape. Ces interventions ont amélioré l’accès à l’eau potable, aux médicaments et aux services de laboratoire, contribuant à la continuité des soins.

Malgré les efforts engagés, de nombreux défis subsistent. L’insuffisance de ressources humaines qualifiées, la couverture limitée en laboratoires de santé publique, la faible implication de certains secteurs dans la lutte contre le choléra et le manque de coordination multisectorielle au niveau provincial continuent de freiner l’efficacité de la riposte. Face à cette situation, l’OMS appelle à une mobilisation accrue pour renforcer durablement le système de santé et mieux préparer le pays aux futures urgences sanitaires.


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