Le
ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières a
publié le 22 avril 2026 à Kinshasa une note circulaire visant à encadrer les
relations entre les Conseils communaux et les Exécutifs communaux, dans un
contexte marqué par la coexistence de deux régimes administratifs au niveau
local.
Une
dualité administrative source de tensions
Selon
le document signé à Kinshasa par Jacquemain Shabani, cette situation découle du
non-achèvement du processus électoral local. D’un côté, les Conseils communaux,
issus des élections, fonctionnent conformément à la loi organique sur les
entités territoriales décentralisées. De l’autre, les Exécutifs communaux,
notamment les bourgmestres et leurs adjoints, demeurent nommés et relèvent
encore du régime administratif fixé par le décret-loi de 1998.
Cette
dualité juridique, souligne la note, risque de paralyser le fonctionnement des
communes si elle n’est pas encadrée de manière stricte.
Pour
éviter toute confusion ou conflit de compétences, le ministère rappelle que les
Conseils communaux doivent se limiter à leurs prérogatives légales, notamment
en formulant des recommandations, sans toutefois prendre de décisions
concernant les membres des exécutifs.
En
cas de faute grave reprochée à un bourgmestre ou à son adjoint, les Conseils
communaux sont appelés à saisir directement l’autorité de tutelle, en
l’occurrence le ministre de l’Intérieur, seul habilité à engager des mesures
disciplinaires.
Les
bourgmestres, quant à eux, sont tenus d’assurer la gestion administrative de
leurs entités en conformité avec les lois et règlements en vigueur. Ils doivent
également prendre en compte les recommandations des Conseils communaux. Tout
manquement à ces obligations pourrait entraîner des sanctions hiérarchiques.
Transmission
obligatoire des rapports
La
note insiste par ailleurs sur l’obligation pour les Conseils communaux de
transmettre régulièrement leurs rapports et recommandations à l’autorité de
tutelle. Cette démarche vise à permettre une prise de décision rapide et
appropriée en cas de dysfonctionnement au sein des exécutifs.
Dans
cette optique, un comité ad hoc sera prochainement institué au sein du cabinet
du ministre pour analyser et assurer le suivi des résolutions prises par les
Conseils communaux.
Enfin,
les gouverneurs de province sont appelés à veiller à l’application stricte de
cette note circulaire. Ils devront également promouvoir un climat de
collaboration entre les organes délibérants et exécutifs des communes,
notamment à travers des cadres permanents de concertation.
Cette
initiative vise à garantir la continuité et l’efficacité de l’administration
locale, en attendant l’organisation complète des élections des bourgmestres et
des conseillers urbains.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire