Le député provincial Israël Kabenda Kayuwa a déposé, le 7 avril 2026, une question orale avec débat auprès du Bureau du Président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Adressée au Chargé de Missions de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa, cette démarche s’inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire prévu par la Constitution.
Des recettes en baisse malgré la modernisation
Au
cœur de cette interpellation, la mobilisation des recettes de la ville, jugée
préoccupante. Le député souligne un paradoxe : malgré l’introduction de
réformes numériques, notamment la plateforme IRMS, certaines recettes, comme
celles liées aux vignettes, affichent une stagnation, voire une baisse, par
rapport aux exercices précédents.
Il s’interroge ainsi sur la pertinence technique des dispositifs mis en place et sur la coexistence de plusieurs systèmes de perception.
Une architecture financière controversée
Israël
Kabenda dénonce également la prolifération de comptes dits « dédiés » ainsi que
la multiplication de commissions d’encadrement opérant, selon lui, en marge des
textes réglementaires en vigueur.
Cette organisation fragmentée, combinée à une externalisation croissante vers des prestataires privés, soulève des inquiétudes quant à la transparence des flux financiers et à la souveraineté fiscale de la ville.
Des inquiétudes sur la légalité de certaines pratiques
L’élu provincial questionne la conformité de certaines mesures, notamment la retenue de 5 % au profit d’une commission d’encadrement, dont la base légale reste, selon lui, floue. Il pointe également une possible contradiction entre des instructions administratives créant des comptes dédiés et les dispositions imposant l’unicité du compte public, soulevant ainsi un problème de respect de la hiérarchie des normes.
Un
malaise social profond au sein de la régie
Au-delà des aspects financiers, le député met en lumière une crise sociale au sein de la DGRK. Parmi les griefs évoqués : disparités dans le paiement des primes, absence de couverture santé et conditions de travail précaires.
Ce climat, estime-t-il, favorise le phénomène dit « Mamé-Mamé », assimilé à des pratiques de détournement ou de coulage des recettes.
Exigence de transparence et de résultats
À travers une série de 18 questions, le député exige des éclaircissements sur plusieurs points clés notamment la part des prestataires privés dans la collecte des recettes ; la gestion des comptes et la traçabilité des fonds ; le bilan chiffré des opérations fiscales, notamment la « Grande Échéance » ; les conditions de vie et de travail des agents ; ainsi que la politique de recrutement et de gestion des carrières.
Un appel à des réformes profondes
En
initiant cette question orale avec débat, Israël Kabenda Kayuwa entend obtenir
des réponses claires sur la gestion de la Direction Générale des Recettes de
Kinshasa. Cette démarche pourrait ouvrir la voie à des réformes visant à
renforcer la transparence, améliorer les performances de la régie financière et
restaurer la confiance des citoyens dans la gestion des finances publiques de
la capitale congolaise.
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