Une
offensive politique au cœur du ministère des Sports à Kinshasa, la candidate à
la présidence de la Ligue nationale de football féminin (Linaff), la
journaliste Arlette Butela, a marqué un tournant décisif dans la défense des
droits des anciennes internationales congolaises.
Jeudi
9 avril 2026, celle que les milieux sportifs surnomment déjà « Maman Linaff »
s’est rendue au cabinet du ministre des Sports, Didier Budimbu, avec un
plaidoyer d'obtenir justice et reconnaissance pour ces joueuses qui ont
représenté la RDC sur la scène mondiale.
Objectif
atteint. Son initiative a débouché sur une décision aux implications majeures,
à la fois politiques et sociales.
Une
reconnaissance officielle enfin actée
Au
centre des discussions : les anciennes Léopards dames ayant participé aux
compétitions internationales, notamment aux éditions mondiales de 2006 en
Russie et 2008 au Chili. Longtemps restées dans l’ombre, ces athlètes devraient
désormais bénéficier d’un statut officiel.
Le
ministre Didier Budimbu a annoncé leur reconnaissance « au même titre » que les
Léopards masculins, notamment ceux sacrés champions d’Afrique en 1968 et 1974
et ayant marqué l’histoire du football congolais.
Une
décision qui corrige une inégalité mémorielle persistante et réhabilite la
contribution des femmes dans l’histoire sportive nationale.
De la
symbolique à l’action : vers des emplois stables
Au-delà
de la reconnaissance, une mesure concrète a été annoncée : la « mécanisation »
de ces anciennes joueuses.
Dans
le contexte administratif congolais, cette intégration signifie l’accès à un
emploi stable au sein des structures publiques, accompagné d’une rémunération
régulière.
Cette
avancée marque une rupture avec des décennies de précarité pour ces sportives,
souvent oubliées après leur carrière, malgré leur engagement au service du
pays.
Un
signal fort pour le sport féminin congolais
Cette
décision envoie un message clair : le temps de l’invisibilisation des femmes
dans le sport congolais doit appartenir au passé.
Elle
s’inscrit dans une dynamique plus large de rééquilibrage des politiques
sportives, en valorisant les parcours féminins et en leur offrant des
perspectives concrètes.
Arlette
Butela, d’outsider à actrice influente
Par
cette initiative, Arlette Butela s’impose comme une figure montante du
leadership sportif en RDC. Plus qu’une candidate à la tête de la Linaff, elle
apparaît désormais comme une interlocutrice crédible capable de mobiliser les
autorités autour de causes longtemps négligées.
Son
action pourrait bien redéfinir les priorités du football féminin congolais et
peser dans la course à la présidence de la Ligue.
Vers
une nouvelle ère pour les anciennes Léopards dames ?
Si la
mise en œuvre effective des engagements reste attendue, cette annonce constitue
déjà une victoire symbolique majeure.
Pour
ces anciennes internationales, c’est la promesse d’une reconnaissance tardive,
mais essentielle. Pour le sport congolais, c’est peut-être le début d’une
réforme plus profonde, où mérite et équité ne seront plus dissociés.
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