Condamné
à une amende de 102.000 dollars américains, le directeur général de l’Office
des Voiries et Drainage (OVD) est reconnu coupable de manquement aux
obligations légales de reddition des comptes. Une décision qui s’inscrit dans
une série de sanctions visant à renforcer la discipline budgétaire en RDC.
La
Cour des comptes a frappé fort. Dans un arrêt rendu en audience publique le 8
avril 2026, l’institution a condamné Victor Tumba Tshikela, directeur général
de l’Office des Voiries et Drainage (OVD), à une amende de 102.000 dollars
américains, payables en francs congolais, assortie des frais d’instance.
Le
gestionnaire public a été reconnu coupable de faute de gestion pour n’avoir pas
produit, dans les délais légaux, les comptes annuels de l’OVD pour les
exercices 2022 et 2023. Une obligation pourtant clairement établie par la
législation congolaise en matière de gestion des finances publiques.
L’audience
était présidée par Gilbert Tonduangu, président de la chambre de discipline
budgétaire et financière, une juridiction interne à la Cour des comptes réputée
pour sa rigueur dans le contrôle de la gestion publique.
Une
exigence légale stricte
La
décision s’appuie notamment sur la loi organique du 13 octobre 2018 portant
organisation et fonctionnement de la Cour des comptes. En son article 30, cette
loi impose aux gestionnaires publics de transmettre dans les délais leurs
rapports financiers, sous peine de sanctions.
À
plusieurs reprises, le Premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga
Ngwaka, a rappelé le caractère impératif de cette obligation, considérée comme
un pilier de la transparence et de la bonne gouvernance.
Des
cas similaires déjà enregistrés
Cette
condamnation n’est pas un cas isolé. Ces dernières années, la Cour des comptes
a multiplié les décisions disciplinaires à l’encontre de gestionnaires publics
pour des manquements similaires.
Plusieurs
responsables d’entreprises publiques et d’établissements étatiques ont déjà été
sanctionnés pour défaut de reddition des comptes, irrégularités dans la gestion
financière ou non-respect des procédures budgétaires. Ces sanctions vont
généralement des amendes à des interdictions temporaires d’exercer des
fonctions de gestion publique.
Ces
décisions traduisent une volonté accrue des institutions de contrôle de
renforcer la redevabilité dans la gestion des ressources publiques, dans un
contexte où la gouvernance financière reste un enjeu majeur en République
démocratique du Congo.
Vers
une culture de reddition des comptes
Pour
de nombreux observateurs, cette dynamique marque un tournant dans l’application
des règles de discipline budgétaire en RDC. Elle vise à instaurer une culture
de transparence, où les gestionnaires publics sont tenus de rendre compte de
manière régulière et conforme à la loi.
La
condamnation du DG de l’OVD apparaît ainsi comme un signal fort envoyé à
l’ensemble des responsables publics : le non-respect des obligations légales en
matière de gestion financière expose désormais à des sanctions effectives.
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