Le
président du Conseil d’administration du FRIVAO, Dismas Kitenge Senga, a
reconnu le 20 avril 2026 que les activités du Fonds ont démarré depuis 2021,
avec des premières indemnisations effectives dès 2023.
Cependant,
il admet que ce processus s’est appuyé sur des documents présentant des
insuffisances majeures, notamment en ce qui concerne les critères objectifs
d’identification et d’indemnisation des victimes. Ces failles ont conduit à des
pratiques non conformes aux standards internationaux.
Un
nouveau guide méthodologique en préparation
Pour
corriger ces lacunes, une commission a été mise en place avec l’appui du
ministère de la Justice afin d’élaborer un guide méthodologique
d’identification et d’indemnisation des victimes. Ce document devra répondre à
des questions essentielles. Qui peut être considéré comme victime ? Comment
identifier les victimes de manière fiable ? Quel type d’indemnisation leur
accorder ?
Le
futur guide mettra fin à la standardisation des montants jusque-là pratiquée,
en introduisant une approche individualisée basée sur les préjudices subis,
conformément notamment à l’arrêt de la Cour internationale de Justice.
Face
aux accusations de paiement de fausses victimes, le Conseil d’administration
annonce un audit approfondi du fichier des bénéficiaires. Deux missions sont en
cours : un consultant international chargé d’évaluer la gouvernance du Fonds ; un
cabinet spécialisé chargé d’auditer la base de données des victimes.
Ces
travaux permettront d’identifier les victimes réelles, les fausses victimes, ainsi
que les cas fictifs. Les mesures à prendre, notamment la récupération
éventuelle des fonds indûment perçus, dépendront des recommandations issues de
ces audits.
Pour
éviter toute récidive, le FRIVAO mise sur une démarche inclusive. L’élaboration
du nouveau guide implique les autorités publiques, la société civile, les
représentants des victimes, ainsi que des institutions comme la Commission
nationale des droits de l’homme (CNDH). Ce processus participatif vise à
garantir la transparence, la redevabilité et le contrôle citoyen dans la mise
en œuvre des indemnisations.
Un
appel à la patience des victimes
Alors
que les victimes expriment leur impatience, notamment à Kisangani, Dismas
Kitenge appelle à la patience. « Nous devons aller lentement mais sûrement »,
a-t-il insisté, soulignant la nécessité de concilier célérité et rigueur pour
éviter de nouvelles irrégularités.
Il
rassure toutefois que le processus est en cours de relance et que, dans un
délai raisonnable — estimé à moins de trois mois —, les véritables victimes
pourront accéder à une indemnisation juste, transparente et conforme aux normes
internationales.
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