Devant la Cour d’appel du Sankuru, le 27 avril 2026, Me Émile Vital Okoko, conseil des requérants Justin Omokala et Mambolo, a défendu les raisons de leur recours contre l’élection du gouverneur Jules Lodi. Selon lui, même lorsqu’un scrutin semble s’être déroulé dans des conditions régulières, la loi autorise tout candidat à le contester en cas de doute sérieux.
« En
matière électorale, la fraude corrompt tout. Lorsqu’il existe des indices,
notamment des votes irréguliers, la justice doit être saisie », a-t-il
expliqué.
La requête s’appuie principalement sur la participation jugée irrégulière de trois électeurs. Parmi eux figure Richard Loleha, ancien ministre provincial des Mines et Hydrocarbures. Bien qu’il ait présenté sa démission avant le scrutin, celle-ci n’aurait pas été entérinée par l’autorité compétente, ce qui remettrait en cause sa qualité d’électeur.
Autre cas soulevé est celui de Jean-Pierre Djungandeke, magistrat de son état, accusé de cumul de fonctions incompatibles avec le mandat de député provincial et la participation à un vote électoral. Pour la défense des requérants, ces irrégularités suffisent à entacher la crédibilité du scrutin.
Une récusation motivée par un doute sur l’impartialité
Le camp Omokala affirme également avoir introduit une requête en récusation visant un juge de la Cour d’appel. Me Okoko évoque une « crise de confiance » liée à des relations supposées entre un membre du camp adverse et un magistrat. « La loi permet la récusation lorsqu’il existe un doute légitime sur l’impartialité d’un juge », a-t-il rappelé, en référence aux dispositions légales en vigueur.
C’est
la gestion de cette récusation qui a conduit les requérants à se retirer de
l’audience. Selon leur avocat, le juge concerné aurait participé à l’examen de
sa propre récusation, une situation jugée contraire aux principes fondamentaux
du droit. « Les conditions d’un procès équitable n’étaient plus réunies »,
a-t-il affirmé.
Le retrait de la partie requérante se veut donc un acte de protestation, tout en laissant la porte ouverte à d’autres recours.
Aucune implication dans les perturbations de l’audience
Interrogé sur les incidents signalés lors de l’audience, Me Okoko a rejeté toute responsabilité de son camp. Il explique la forte affluence par l’intérêt suscité par cette affaire auprès de la population du Sankuru, soulignant le caractère public des audiences judiciaires.
Menace de nouvelles poursuites contre les magistrats
Face
à l’évolution du dossier, les requérants n’excluent pas d’autres actions
judiciaires.
Si la
Cour validait l’élection du gouverneur, leur avocat évoque la possibilité d’une
procédure de « prise à partie » contre le magistrat contesté. Cette démarche
viserait à engager sa responsabilité pour avoir statué dans une affaire où son
impartialité était mise en cause.
« Nous avons le sentiment que l’issue était déjà orientée, mais nous utiliserons toutes les voies de droit possibles », a-t-il averti.
Pour
l’heure, le camp Omokala dit attendre que la justice se prononce dans le
respect des règles. Il espère encore un revirement, notamment lors du délibéré,
avec un éventuel retrait des juges contestés.
Dans
ce dossier sensible, la décision de la Cour d’Appel du Sankuru sera
déterminante pour la suite du processus électoral et l’investiture du
gouverneur élu.
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