Le
journaliste Steeve Mbuyi de la chaîne de radio et télévision B-One a été
entendu, mercredi 22 avril 2026, à l’auditorat général des Forces armées de la
République Démocratique du Congo (FARDC), où il s’est présenté sur invitation
des autorités judiciaires militaires. Cette audition visait à confirmer sa
dénonciation contre certains magistrats militaires, dans une procédure qu’il
juge entachée de nombreuses irrégularités.
À l’origine de cette affaire, son arrestation et sa détention durant 48 heures à l’auditorat militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema, alors même qu’il affirme ne pas être militaire. Selon lui, cette procédure a été initiée à la suite d’une plainte déposée par sa bailleresse.
Des accusations d’irrégularités et de traitements inhumains
Devant
l’auditorat général, Steeve Mbuyi a dénoncé un traitement qu’il qualifie
d’illégal, inapproprié et inhumain. Il évoque de multiples violations des
procédures judiciaires, tant dans son arrestation que dans la gestion de son
dossier.
Le journaliste affirme vouloir, au-delà de son cas personnel, attirer l’attention sur les dysfonctionnements du système judiciaire congolais. Il rappelle que si certains acteurs judiciaires respectent les normes, d’autres, selon lui, s’en écartent, au détriment des justiciables ordinaires.
Un litige locatif à l’origine du conflit
Parallèlement,
une procédure est en cours au Parquet près le Tribunal de grande instance de
Kinshasa-Gombe, où Steeve Mbuyi a porté plainte contre sa bailleresse et ses
enfants pour coups et blessures.
Le
différend serait né d’un désaccord autour d’une facture d’eau jugée
anormalement élevée. La parcelle concernée n’étant pas enregistrée auprès de la
REGIDESO, le journaliste affirme que sa facture aurait doublé en l’espace de
trois mois. Après avoir exigé des explications et une facture formelle, il dit
avoir été agressé par les fils de la propriétaire, avec la complicité de cette
dernière.
Interpellés par la police, les présumés agresseurs ont été relâchés peu après. De son côté, la REGIDESO a ouvert une enquête et effectué une descente sur le site pour vérifier la situation.
Accusations croisées et intervention de la justice militaire
En
réaction, la bailleresse et ses enfants ont saisi l’auditorat militaire de
Kinshasa-Ngaliema, accusant le journaliste d’avoir sollicité des « kuluna »
pour les attaquer. Une accusation que Steeve Mbuyi rejette catégoriquement,
affirmant n’avoir fait appel à aucun groupe de bandits.
Cette démarche a conduit à son interpellation et à sa détention temporaire, épisode qu’il conteste aujourd’hui devant les instances compétentes.
Menaces et inquiétudes pour sa sécurité
Depuis
qu’il a engagé des poursuites contre les magistrats militaires et sa
bailleresse, le journaliste affirme être la cible d’intimidations et de menaces
téléphoniques provenant d’inconnus.
Craignant pour sa sécurité, Steeve Mbuyi indique avoir quitté son domicile, bien que son contrat de bail soit toujours en cours de validité.
Une affaire révélatrice de tensions autour de la justice
Alors
que les différentes procédures suivent leur cours, cette affaire met en lumière
les tensions persistantes autour du fonctionnement de la justice en République
démocratique du Congo. Entre accusations d’abus, conflits privés et insécurité
personnelle, le dossier Steeve Mbuyi soulève des questions plus larges sur la
protection des citoyens et le respect des procédures judiciaires.
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