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samedi 11 avril 2026

Réforme constitutionnelle en RDC : Philomène Omatuku plaide pour des changements profonds

“Aucune génération ne peut bloquer les suivantes”. Favorable à une réforme de la Constitution, Philomène Omatuku estime qu’il est inacceptable qu’une génération impose ses choix aux générations futures.

Pour elle, considérer la Constitution comme un texte figé est « sans sens », rappelant qu’elle a elle-même participé à son élaboration en 2006 et que celle-ci n’était pas parfaite dès l’origine. « On ne peut pas dire : nous avons fait la Constitution, elle ne changera jamais », insiste-t-elle.

Contre la limitation des mandats présidentiels

L’ancienne présidente de l’Assemblée Constituante Législative/Parlement de Transition (ACL/PT) se prononce clairement contre la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Selon elle, le véritable arbitre doit rester le peuple. « Après chaque mandat de cinq ans, le dirigeant doit revenir devant le peuple pour présenter son bilan et ses projets ».

Philomène Omatuku estime que la limitation actuelle peut freiner l’action publique, les dirigeants étant constamment confrontés à des oppositions qui misent sur leur départ programmé.

L’éducation gratuite au cœur des priorités

Parmi les réformes qu’elle juge essentielles, Philomène Omatuku propose l’élargissement de la gratuité de l’enseignement. Elle plaide pour la gratuité de l’éducation de la maternelle à l’université, la généralisation des bourses d’études et un meilleur accès à l’enseignement pour tous les enfants congolais.

Elle salue les avancées déjà réalisées, notamment la gratuité de l’enseignement primaire, qu’elle considère comme une réforme majeure.

Clarifier les responsabilités institutionnelles

L’ancienne responsable politique dénonce également certaines incohérences dans l’organisation des institutions. Elle critique notamment l’obligation faite à certains dirigeants d’entreprises publiques de se présenter devant le Parlement, estimant qu’il n’y a pas de « parallélisme des formes ».

L'ex-présidente de l''ACL/PT fait remarquer que les directeurs généraux doivent répondre à leurs ministres de tutelle, seuls les ministres, investis par le Parlement, doivent rendre compte devant celui-ci.

Renforcer la séparation des pouvoirs

Philomène Omatuku appelle aussi à une clarification du rôle des magistrats. Elle insiste sur la nécessité de garantir une véritable séparation des pouvoirs, estimant que les magistrats doivent relever du pouvoir judiciaire, et non dépendre de l’exécutif à travers le ministère de la Justice.

Beaucoup de toilettage reste à faire

Pour Philomène Omatuku, la Constitution actuelle comporte encore de nombreuses zones à corriger. Elle plaide ainsi pour un débat ouvert et sans tabou, soutenant l’initiative du président Félix-Antoine Tshisekedi d’engager une réflexion sur une éventuelle révision constitutionnelle.

En définitive, Philomène Omatuku appelle à une réforme ambitieuse, estimant que la Constitution doit évoluer avec la société et répondre aux réalités du moment, sans être enfermée dans des limites rigides.

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