“Aucune
génération ne peut bloquer les suivantes”. Favorable à une réforme de la
Constitution, Philomène Omatuku estime qu’il est inacceptable qu’une génération
impose ses choix aux générations futures.
Pour
elle, considérer la Constitution comme un texte figé est « sans sens »,
rappelant qu’elle a elle-même participé à son élaboration en 2006 et que
celle-ci n’était pas parfaite dès l’origine. « On ne peut pas dire : nous avons
fait la Constitution, elle ne changera jamais », insiste-t-elle.
Contre
la limitation des mandats présidentiels
L’ancienne
présidente de l’Assemblée Constituante Législative/Parlement de Transition
(ACL/PT) se prononce clairement contre la limitation du nombre de mandats
présidentiels.
Selon
elle, le véritable arbitre doit rester le peuple. « Après chaque mandat de cinq
ans, le dirigeant doit revenir devant le peuple pour présenter son bilan et ses
projets ».
Philomène
Omatuku estime que la limitation actuelle peut freiner l’action publique, les
dirigeants étant constamment confrontés à des oppositions qui misent sur leur
départ programmé.
L’éducation
gratuite au cœur des priorités
Parmi les réformes qu’elle juge essentielles, Philomène Omatuku propose l’élargissement de la gratuité de l’enseignement. Elle plaide pour la gratuité de l’éducation de la maternelle à l’université, la généralisation des bourses d’études et un meilleur accès à l’enseignement pour tous les enfants congolais.
Elle
salue les avancées déjà réalisées, notamment la gratuité de l’enseignement
primaire, qu’elle considère comme une réforme majeure.
Clarifier
les responsabilités institutionnelles
L’ancienne
responsable politique dénonce également certaines incohérences dans
l’organisation des institutions. Elle critique notamment l’obligation faite à
certains dirigeants d’entreprises publiques de se présenter devant le
Parlement, estimant qu’il n’y a pas de « parallélisme des formes ».
L'ex-présidente
de l''ACL/PT fait remarquer que les directeurs généraux doivent répondre à
leurs ministres de tutelle, seuls les ministres, investis par le Parlement,
doivent rendre compte devant celui-ci.
Renforcer
la séparation des pouvoirs
Philomène Omatuku appelle aussi à une clarification du rôle des magistrats. Elle insiste sur la nécessité de garantir une véritable séparation des pouvoirs, estimant que les magistrats doivent relever du pouvoir judiciaire, et non dépendre de l’exécutif à travers le ministère de la Justice.
Beaucoup
de toilettage reste à faire
Pour
Philomène Omatuku, la Constitution actuelle comporte encore de nombreuses zones
à corriger. Elle plaide ainsi pour un débat ouvert et sans tabou, soutenant
l’initiative du président Félix-Antoine Tshisekedi d’engager une réflexion sur
une éventuelle révision constitutionnelle.
En
définitive, Philomène Omatuku appelle à une réforme ambitieuse, estimant que la
Constitution doit évoluer avec la société et répondre aux réalités du moment,
sans être enfermée dans des limites rigides.
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