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vendredi 10 avril 2026

Kinshasa : retour des abus dans l’opération de remorquage, dénonciation d’un cas à Bandalungwa

Malgré sa suspension antérieure pour dérives, l’opération de remorquage des véhicules à Kinshasa refait parler d’elle. Un cas jugé abusif dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa relance le débat sur les pratiques des agents commis au « kikalungu ».

Un remorquage jugé abusif en pleine commune de Bandalungwa

Le journaliste Innocent Olenga a dénoncé, le 8 avril 2026, sur sa page Facebook, les excès observés dans l’opération de remorquage des véhicules à Bandalungwa.

Selon son témoignage, un véhicule stationné sur l’avenue Inga, en dehors de la bande de circulation, a été emporté par des agents de la Police. Le propriétaire, absent momentanément, effectuait un retrait d’argent dans un commerce à proximité.

Pour l’auteur de la dénonciation, cet acte illustre une dérive manifeste de la part des agents davantage motivés par la recherche de gains que par le respect du code de la route.

Des pratiques dénoncées comme une « chasse à l’argent »

À en croire plusieurs témoignages, les équipes chargées du remorquage ne feraient plus la distinction entre stationnement irrégulier et arrêt momentané hors de la chaussée. Cette confusion volontaire alimenterait un système de perception informelle, où chaque véhicule remorqué devient une opportunité de rançon, au détriment des automobilistes.

Interpellation des autorités urbaines

Dans son message, Innocent Olenga interpelle directement le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, l’accusant de tolérer, voire d’encourager indirectement ces pratiques.

Il évoque également la question des vignettes automobiles, dont les paiements auraient été perçus sans délivrance de timbres, dénonçant ce qu’il qualifie « d'escroquerie tacite ».

Une opération déjà suspendue pour abus

L’opération de remorquage des véhicules, communément appelée « kikalungu », avait pourtant été suspendue par les autorités urbaines à la suite de nombreuses plaintes des citoyens. À l’époque, plusieurs cas d’abus avaient été signalés : remorquages sans motif valable ; absence de signalisation claire des zones interdites ; perception d’amendes sans quittance officielle ; collusion présumée entre agents publics et sociétés privées de remorquage.

Face à la grogne populaire et aux dénonciations relayées sur les réseaux sociaux, la suspension avait été décidée pour assainir le secteur et réorganiser l’opération.

Un retour controversé sur le terrain

Malgré ces mesures, les faits rapportés à Bandalungua laissent penser à une reprise des anciennes pratiques, sans réforme en profondeur. Pour de nombreux observateurs, l’absence de contrôle strict et de mécanismes de redevabilité favorise la résurgence des abus.

Ce nouvel incident remet en lumière l’urgence d’encadrer rigoureusement les opérations de régulation du stationnement à Kinshasa.

Entre nécessité d’ordre public et respect des droits des citoyens, les autorités sont appelées à trouver un équilibre afin d’éviter que ces opérations ne se transforment en instruments d’extorsion.

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