Malgré sa suspension antérieure pour dérives, l’opération de remorquage des véhicules à Kinshasa refait parler d’elle. Un cas jugé abusif dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa relance le débat sur les pratiques des agents commis au « kikalungu ».
Un
remorquage jugé abusif en pleine commune de Bandalungwa
Le
journaliste Innocent Olenga a dénoncé, le 8 avril 2026, sur sa page Facebook,
les excès observés dans l’opération de remorquage des véhicules à Bandalungwa.
Selon
son témoignage, un véhicule stationné sur l’avenue Inga, en dehors de la bande
de circulation, a été emporté par des agents de la Police. Le propriétaire,
absent momentanément, effectuait un retrait d’argent dans un commerce à
proximité.
Pour
l’auteur de la dénonciation, cet acte illustre une dérive manifeste de la part
des agents davantage motivés par la recherche de gains que par le respect du
code de la route.
Des
pratiques dénoncées comme une « chasse à l’argent »
À en
croire plusieurs témoignages, les équipes chargées du remorquage ne feraient
plus la distinction entre stationnement irrégulier et arrêt momentané hors de
la chaussée. Cette confusion volontaire alimenterait un système de perception
informelle, où chaque véhicule remorqué devient une opportunité de rançon, au
détriment des automobilistes.
Interpellation
des autorités urbaines
Dans
son message, Innocent Olenga interpelle directement le gouverneur de la ville
de Kinshasa, Daniel Bumba, l’accusant de tolérer, voire d’encourager
indirectement ces pratiques.
Il
évoque également la question des vignettes automobiles, dont les paiements
auraient été perçus sans délivrance de timbres, dénonçant ce qu’il qualifie «
d'escroquerie tacite ».
Une
opération déjà suspendue pour abus
L’opération
de remorquage des véhicules, communément appelée « kikalungu », avait pourtant
été suspendue par les autorités urbaines à la suite de nombreuses plaintes des
citoyens. À l’époque, plusieurs cas d’abus avaient été signalés : remorquages
sans motif valable ; absence de signalisation claire des zones interdites ;
perception d’amendes sans quittance officielle ; collusion présumée entre
agents publics et sociétés privées de remorquage.
Face
à la grogne populaire et aux dénonciations relayées sur les réseaux sociaux, la
suspension avait été décidée pour assainir le secteur et réorganiser
l’opération.
Un
retour controversé sur le terrain
Malgré
ces mesures, les faits rapportés à Bandalungua laissent penser à une reprise
des anciennes pratiques, sans réforme en profondeur. Pour de nombreux
observateurs, l’absence de contrôle strict et de mécanismes de redevabilité
favorise la résurgence des abus.
Ce
nouvel incident remet en lumière l’urgence d’encadrer rigoureusement les
opérations de régulation du stationnement à Kinshasa.
Entre
nécessité d’ordre public et respect des droits des citoyens, les autorités sont
appelées à trouver un équilibre afin d’éviter que ces opérations ne se
transforment en instruments d’extorsion.
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