APO

vendredi 24 avril 2026

Menuiserie : un champion africain dénonce le non-respect de ses droits

Sacré meilleur menuisier d’Afrique en 2022, le Congolais Daniel Tshimanga Mpoyi accuse les organisateurs nationaux de l’avoir écarté des compétitions mondiales, malgré son parcours exemplaire et sa qualification obtenue sur le terrain.

Originaire de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental, Daniel Tshimanga Mpoyi s’est imposé en 2022 comme le meilleur menuisier du continent lors de la compétition WorldSkills Africa organisée à Swakopmund, en Namibie.

Son œuvre, une porte en bois décorée réalisée sans clous, sans vis ni colle, a impressionné le jury par son ingéniosité et sa précision technique, confirmant son savoir-faire exceptionnel.

Un parcours sans faute jusqu’au sommet

Avant ce sacre continental, le menuisier congolais avait franchi toutes les étapes, notamment compétition provinciale, puis nationale, où il a également remporté la médaille d’or, avant de représenter la République Démocratique du Congo à l’échelle africaine.

Cette victoire lui a ouvert automatiquement les portes de la compétition mondiale, ultime étape du circuit des métiers.

Des compétitions mondiales manquées

Malgré cette qualification, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme n’avoir jamais été aligné pour les compétitions mondiales de 2022 et 2024. Pour l’édition 2022, il indique que des raisons liées à un contexte de guerre auraient été avancées pour justifier son absence. En 2024, il déplore n’avoir reçu aucune information officielle. « Si je n’avais pas fait des recherches moi-même, je ne saurais même pas que la compétition est prévue », regrette-t-il.

Le champion pointe du doigt les organisateurs nationaux, notamment Enabel, qu’il accuse de mauvaise gestion et d’irrégularités dans le processus de sélection. Selon lui, cette structure, impliquée dans l’organisation des compétitions en RDC, serait également responsable de la sélection des représentants aux compétitions internationales.

Des droits non respectés

Daniel Tshimanga Mpoyi évoque plusieurs droits dont il n’a pas bénéficié depuis son sacre, par exemple le financement de sa préparation, un encadrement technique adéquat, un appui matériel, ainsi que sa participation aux compétitions mondiales.

Il rappelle que la compétition panafricaine constitue une passerelle directe vers la scène mondiale, rendant son exclusion difficile à comprendre.

À quelques mois de la prochaine compétition mondiale prévue en septembre 2026 à Shanghai en Chine, le menuisier lance un appel aux autorités congolaises.

Il demande au chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi et au gouvernement d’intervenir pour garantir sa participation et faire respecter ses droits, tout en exigeant des explications de la part de Enabel.

Une détermination intacte et hors paire

Malgré les obstacles, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme être prêt à représenter dignement la RDC. « J’ai encore la capacité de remporter la compétition », assure-t-il, tout en insistant sur l’urgence d’un encadrement à quelques mois de l’échéance.

Le cas de ce champion africain met en lumière les défis liés à la valorisation des talents en République Démocratique du Congo. Entre succès internationaux et manque d’accompagnement, la question de la gestion des compétences locales reste posée.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire