Sacré
meilleur menuisier d’Afrique en 2022, le Congolais Daniel Tshimanga Mpoyi
accuse les organisateurs nationaux de l’avoir écarté des compétitions
mondiales, malgré son parcours exemplaire et sa qualification obtenue sur le
terrain.
Originaire
de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental, Daniel Tshimanga Mpoyi s’est
imposé en 2022 comme le meilleur menuisier du continent lors de la compétition
WorldSkills Africa organisée à Swakopmund, en Namibie.
Son
œuvre, une porte en bois décorée réalisée sans clous, sans vis ni colle, a
impressionné le jury par son ingéniosité et sa précision technique, confirmant
son savoir-faire exceptionnel.
Un
parcours sans faute jusqu’au sommet
Avant
ce sacre continental, le menuisier congolais avait franchi toutes les étapes,
notamment compétition provinciale, puis nationale, où il a également remporté
la médaille d’or, avant de représenter la République Démocratique du Congo à
l’échelle africaine.
Cette
victoire lui a ouvert automatiquement les portes de la compétition mondiale,
ultime étape du circuit des métiers.
Des
compétitions mondiales manquées
Malgré
cette qualification, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme n’avoir jamais été aligné
pour les compétitions mondiales de 2022 et 2024. Pour l’édition 2022, il
indique que des raisons liées à un contexte de guerre auraient été avancées
pour justifier son absence. En 2024, il déplore n’avoir reçu aucune information
officielle. « Si je n’avais pas fait des recherches moi-même, je ne saurais
même pas que la compétition est prévue », regrette-t-il.
Le
champion pointe du doigt les organisateurs nationaux, notamment Enabel, qu’il
accuse de mauvaise gestion et d’irrégularités dans le processus de sélection.
Selon lui, cette structure, impliquée dans l’organisation des compétitions en
RDC, serait également responsable de la sélection des représentants aux
compétitions internationales.
Des
droits non respectés
Daniel
Tshimanga Mpoyi évoque plusieurs droits dont il n’a pas bénéficié depuis son
sacre, par exemple le financement de sa préparation, un encadrement technique
adéquat, un appui matériel, ainsi que sa participation aux compétitions
mondiales.
Il
rappelle que la compétition panafricaine constitue une passerelle directe vers
la scène mondiale, rendant son exclusion difficile à comprendre.
À
quelques mois de la prochaine compétition mondiale prévue en septembre 2026 à
Shanghai en Chine, le menuisier lance un appel aux autorités congolaises.
Il
demande au chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi et au gouvernement
d’intervenir pour garantir sa participation et faire respecter ses droits, tout
en exigeant des explications de la part de Enabel.
Une
détermination intacte et hors paire
Malgré
les obstacles, Daniel Tshimanga Mpoyi affirme être prêt à représenter dignement
la RDC. « J’ai encore la capacité de remporter la compétition », assure-t-il,
tout en insistant sur l’urgence d’un encadrement à quelques mois de l’échéance.
Le
cas de ce champion africain met en lumière les défis liés à la valorisation des
talents en République Démocratique du Congo. Entre succès internationaux et
manque d’accompagnement, la question de la gestion des compétences locales
reste posée.
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