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mardi 21 avril 2026

Prison de Makala : le calvaire des visiteurs dénoncé par Me Fiston Mukinayi

Aller rendre visite à un proche à la Prison centrale de Makala relève d’un véritable parcours du combattant, entre humiliations, tracasseries et paiements informels à répétition. C’est ce que dénonce Me Fiston Mukinayi dans un témoignage publié sur Facebook.

Dès l’entrée, le visiteur est confronté à une série d’exigences financières : jetons, accès aux différentes portes, dépôt de téléphone… À chaque étape, quelques francs sont exigés. Une accumulation de frais qui, selon ce récit, transforme la visite en une épreuve éprouvante, tant sur le plan moral que financier.

Une succession de paiements informels

Le témoignage décrit un système bien rodé où chaque passage donne lieu à un paiement. De l’enregistrement des visiteurs au contrôle des colis destinés aux détenus, tout semble conditionné à des frais supplémentaires.

Même les denrées alimentaires apportées aux prisonniers sont soumises à des restrictions, parfois arbitraires, poussant les visiteurs à payer davantage pour les faire accepter.

Un coût élevé pour quelques minutes de visite

Au final, le coût total pour accéder à un détenu peut atteindre 40.000 francs congolais, une somme considérable pour de nombreuses familles.

Et pour ce montant, le visiteur n’obtient que quelques minutes d’échange : parfois même, il faut encore payer pour une chaise afin de s’asseoir face à son proche.

Au-delà des montants, c’est la dimension humaine qui choque. Les visiteurs, souvent déjà fragilisés par la situation de leurs proches incarcérés, se retrouvent confrontés à un système qui exploite leur vulnérabilité.

« On ne vient pas ici par plaisir », souligne Me Fiston Mukinayi, évoquant une expérience marquée par les larmes et l’indignation.

Un appel implicite à la responsabilité de l’État

Ce témoignage met en lumière des pratiques qui se déroulent sous le regard des autorités, dans un lieu censé incarner l’autorité de l’État.

Pour l’auteur, cette réalité quotidienne à Makala soulève une question fondamentale : comment des citoyens, déjà éprouvés, peuvent-ils être ainsi soumis à un tel traitement ?

Une situation qui, selon lui, ne devrait pas exister, mais qui semble s’être installée comme une routine.


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