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mardi 21 avril 2026

Nkamba : entre incompréhension et reconnaissance, l’Église kimbanguiste recadre le débat

L’Église kimbanguiste, par la voix de son conseiller international, le Révérend Bernard Bena Nsilu, a réagi aux propos attribués à Mgr Fulgence Muteba concernant le statut particulier de la Cité de Nkamba dans une réaction empreinte de tristesse et d’espoir.

D’entrée de jeu, deux sentiments contrastés sont exprimés : un profond regret, mais aussi une réelle satisfaction. Le regret naît du constat que, dans un pays où Simon Kimbangu a vécu, souffert et passé trente années de détention dans des conditions éprouvantes, son histoire reste encore méconnue d’une large frange de la population, y compris parmi certaines élites.

À l’inverse, la satisfaction provient de l’intérêt suscité par le débat dans l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux. Pour le Révérend Bena Nsilu, cette mobilisation traduit une prise de conscience progressive au sein de la société congolaise.

Pas de conflit avec l’Église catholique

L’Église kimbanguiste insiste qu'il ne s’agit nullement d’une déclaration de guerre contre l’Église catholique. Selon elle, les propos de Mgr Fulgence Muteba n’engagent pas l’ensemble de l’institution catholique, mais relèvent d’une prise de position personnelle.

Toutefois, ces déclarations sont jugées regrettables, d’autant plus qu’elles proviennent d’une autorité religieuse censée maîtriser l’histoire religieuse du pays.

Nkamba, une cité sainte bien avant toute reconnaissance officielle

Contrairement à certaines interprétations, Nkamba n’est pas devenue une « ville sainte » par décision récente des autorités politiques. L’Église Kimbanguiste rappelle que ce caractère sacré remonte à 1921, à l’époque de Simon Kimbangu lui-même. Plusieurs pratiques, comme le fait de se déchausser en entrant dans la cité, témoignent de cette sacralité ancienne.

De nombreux chefs d’État congolais, dont le Maréchal Mobutu et Joseph Kabila, ont d’ailleurs respecté ces traditions lors de leurs visites à Nkamba. Ainsi, pour les kimbanguistes, la reconnaissance du statut particulier de Nkamba par le Président Félix-Antoine Tshisekedi ne constitue qu’une officialisation d’une réalité déjà établie.

La notion universelle de “terre sainte

En réponse à ceux qui limitent la notion de « terre sainte » à la Palestine, l’Église Kimbanguiste souligne que plusieurs religions reconnaissent des lieux sacrés à travers le monde. Si la Palestine est historiquement associée aux récits bibliques, d’autres espaces comme La Mecque pour les musulmans ou Nkamba pour les kimbanguistes sont également des lieux de forte manifestation spirituelle.

Pour les fidèles, Nkamba est un lieu de prière, de guérison et de communion avec Dieu, ce qui justifie pleinement son statut.

Un passé douloureux, mais dépassé

Le Révérend Bena Nsilu évoque également les relations historiques difficiles entre l’Église Kimbanguiste et certaines autorités religieuses durant la période coloniale. Des persécutions et incompréhensions ont marqué cette époque, alimentant encore aujourd’hui certaines sensibilités. Cependant, il insiste sur le fait que cette page est tournée : le pardon a été accordé et les catholiques sont désormais considérés comme des frères dans la foi chrétienne.

Un appel au dialogue et à la connaissance

Plutôt que d’alimenter les tensions, l’Église kimbanguiste appelle à la compréhension mutuelle. Le Révérend Bena Nsilu invite notamment Mgr Muteba à visiter les lieux historiques liés à Simon Kimbangu, notamment son lieu de détention, ainsi que la cité de Nkamba, afin de mieux saisir la portée spirituelle et historique de ce site.

Selon lui, une telle démarche permettrait d’éviter les jugements hâtifs et de renforcer la cohésion entre confessions religieuses en République Démocratique du Congo.

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