Dans
une correspondance adressée le 7 avril 2026 à ses partenaires et aux
organisations de défense des droits humains, Roger Nzumbu Mosenge, président
national de l’ONG Action des jeunes pour le bien-être social (AJBS) et
coordonnateur provincial du Réseau de protection des défenseurs des droits de
l’homme dans la province de la Mongala, tire la sonnette d’alarme sur la
dégradation de sa situation sécuritaire.
Il
affirme vivre sous menace permanente dans la ville de Lisala. « Par ce message, nous voulons une fois de
plus alerter sur notre situation sécuritaire qui devient très dangereuse ».
Selon
son témoignage, les faits les plus récents remontent à la nuit du dimanche 5
avril 2026, aux environs de minuit. Des individus non identifiés auraient tenté
de forcer l’entrée de sa résidence. Alertée, la sentinelle en poste aurait
tenté de s’y opposer, avant d’entendre des menaces explicites visant
directement Roger Nzumbu Mosenge.
Les
assaillants auraient déclaré être venus spécifiquement pour lui, l’accusant de
« parler librement » et affirmant leur intention « d'en finir » avec lui.
Malgré
la résistance de la sentinelle, les individus auraient promis de revenir,
menaçant également de s’en prendre à toute personne tentant de le protéger.
Des
menaces de mort répétées par téléphone
Au
lendemain de cet incident, le lundi 6 avril 2026, Roger Nzumbu Mosenge indique
avoir reçu deux messages anonymes particulièrement violents. Les expéditeurs,
utilisant des numéros inconnus, affirment suivre ses mouvements et le menacent
explicitement de mort.
Dans
ces messages, ils évoquent même l’intention d’exposer son corps sans vie en
public, tout en lui reprochant ses prises de position à Lisala, qu’ils estiment
illégitimes au regard de ses origines.
Suite
à ces événements, la sentinelle chargée de sa sécurité a quitté son poste, par
crainte pour sa vie. Depuis, l’activiste affirme vivre sans protection, dans un
climat de peur permanent. Il déplore également l’attitude des autorités
locales, qu’il accuse de ne pas assurer sa sécurité, voire de devenir hostiles
à son égard.
Selon
lui, ces menaces seraient directement liées à ses récentes actions de
plaidoyer.
Il
évoque notamment une correspondance adressée au ministre de la Justice
concernant un conflit intercommunautaire entre les villages de Bokutu et Ngonzi
Balele, ayant causé plusieurs morts ; ainsi qu’une autre dénonçant un présumé
détournement de biens attribués à Enabel par l’exécutif provincial.
Un
appel à la protection des défenseurs des droits humains
Face
à cette situation, Roger Nzumbu Mosenge lance un appel pressant à la communauté
nationale et internationale.
Il
s’interroge que « nous vivons en danger… maintenant que nous sommes en
insécurité, qui viendra à notre secours ? »
Ce
nouveau cas relance la question de la protection des défenseurs des droits
humains en République Démocratique du Congo, particulièrement dans les
provinces où les tensions politiques et communautaires restent vives.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire