Le
Coordonnateur national des conseillers communaux de la RDC Willy Nzembela,
accompagné du président de la Commission de suivi et de paie des Conseillers
communaux, Blondel Mazebo, ainsi que du vice-président Cédric Tumusifu et du
rapporteur Bonheur Mayamba, ont adressé le 30 mars 2026 une correspondance de
dénonciation à la Première ministre Judith Suminwa.
Cette lettre met en lumière ce qu’ils qualifient de traitement discriminatoire
et de prélèvements irréguliers sur les fonds publics destinés aux Conseils
communaux.
Des
amputations injustifiées des enveloppes de fonctionnement
Selon
la lettre, depuis l’année précédente, les Conseils communaux subissent des réductions
répétées et injustifiées de leurs enveloppes mensuelles de fonctionnement. Ces
coupes, soulignent les auteurs, sont contraires au principe d’égalité entre les
institutions provinciales, toutes censées bénéficier de la rétrocession légale
de 40 % des recettes à caractère national.
Ils
dénoncent une inégalité flagrante dans la répartition des fonds publics,
soulignant que les Assemblées provinciales, les Entités Territoriales
Décentralisées (ETD) et les gouvernements provinciaux ne sont pas concernés par
de telles réductions.
Cinq
milliards de francs congolais retranchés en 2026
Les
signataires s’alarment particulièrement d’un nouveau prélèvement de plus de
cinq milliards de francs congolais effectué sur les fonds du mois en cours, en
contradiction avec les engagements du ministère du Budget.
Ils estiment que cette situation soulève de sérieuses présomptions
d’irrégularités financières et de mauvaise gouvernance au sein du ministère des
Finances.
Une
demande urgente de suspension des paiements
Face
à ces irrégularités présumées, les responsables communaux demandent la
suspension immédiate du processus de paie du mois de janvier à la Banque
Centrale du Congo, en attendant que toute la lumière soit faite sur l’origine
et la régularité des prélèvements constatés.
Ils soulignent que ces pratiques entravent gravement le bon fonctionnement des
Conseils communaux et violent les principes de transparence, d’équité et de
légalité dans la gestion des finances publiques.
Des
exigences claires pour rétablir la justice
Dans
leur correspondance, les signataires formulent plusieurs revendications
précises :
- L’ouverture d’une enquête administrative
et financière indépendante ;
- La clarification du sort des montants
prélevés ;
- L’établissement des responsabilités et
des sanctions légales ;
- La restitution intégrale des fonds
indûment prélevés.
Appel
à l’intervention du Président de la République
Enfin,
les Conseils communaux sollicitent l’implication personnelle de la Première
ministre et appellent le Président de la République, en sa qualité de garant du
bon fonctionnement des institutions, à se saisir de ce dossier aux implications
institutionnelles majeures.
Ils réaffirment leur attachement à l’État de droit et réclament avec fermeté justice,
équité et respect de leurs droits institutionnels.
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