APO

vendredi 10 avril 2026

Kasindi–Beni : des milliers de déplacés livrés à eux-mêmes, un cri d’alarme face à l’urgence humanitaire

Plaidoyer pour une intervention urgente en faveur de près de 15.000 déplacés de guerre, dont environ 5.000 femmes et 1.700 enfants, qui vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement précaires dans la région de Kasindi, située dans le territoire de Beni, en province du Nord-Kivu. L’alerte est lancée par Aimé Mukanda Mbusa, notable local, défenseur des droits humains et porte-parole du comité des déplacés.

Ces populations, majoritairement accueillies dans des familles hôtes, ont été recensées par l’organisation non gouvernementale Mission de compassion aux opprimés et aux vulnérables (MCOV), en collaboration avec les structures locales. Elles sont réparties dans quatre aires de santé : Kangahuka, Lubiriha, Kasindi et la zone frontalière.

Depuis la dernière vague de déplacements enregistrée en février 2025, les appels à l’aide se multiplient.

Pourtant, la réponse humanitaire reste largement insuffisante au regard des besoins sur le terrain. L’absence prolongée d’assistance ne fait qu’aggraver la détresse de ces populations déjà traumatisées par les violences et les déplacements forcés.

Face à cette situation, les acteurs locaux rappellent la responsabilité de l’État congolais dans la protection des civils, conformément à ses engagements nationaux et internationaux. Ils plaident pour des mesures urgentes : le renforcement de la réponse humanitaire, la mobilisation des partenaires, ainsi qu’une assistance coordonnée, régulière et adaptée aux besoins prioritaires.

Ils appellent également la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité des Nations unies, à prendre des décisions fermes pour mettre fin aux agressions et sanctionner les auteurs de violations des droits humains.

Au-delà de Kasindi, la crise est généralisée dans toute la province du Nord-Kivu, où plus d’un million de déplacés vivent dans des conditions alarmantes.

Des interrogations persistent quant à l’effectivité du couloir humanitaire annoncé. Faut-il attendre la réouverture de l’aéroport de Goma pour espérer une arrivée significative de l’aide ? Sur le terrain, l’impatience et l’incompréhension grandissent.

Par ailleurs, malgré son importance stratégique et économique — la douane de Kasindi étant l’un des principaux postes frontaliers générateurs de recettes —, les retombées peinent à bénéficier aux populations locales, notamment aux déplacés.

La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs femmes déplacées sont exposées à des risques accrus, notamment en matière de santé et de violences, y compris la propagation du VIH/Sida.

Face à l’ampleur de la crise, les acteurs locaux insistent qu'il y a urgence d’agir pour les déplacés de Kasindi et ses environs.

En parallèle, des allégations de détournement de fonds visant le comité de gestion de l’eau potable à Kasindi sont évoquées et devraient faire l’objet d’un examen approfondi dans les prochains jours.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire