Plaidoyer pour une intervention urgente en faveur de près de 15.000 déplacés de guerre, dont environ 5.000 femmes et 1.700 enfants, qui vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement précaires dans la région de Kasindi, située dans le territoire de Beni, en province du Nord-Kivu. L’alerte est lancée par Aimé Mukanda Mbusa, notable local, défenseur des droits humains et porte-parole du comité des déplacés.
Ces
populations, majoritairement accueillies dans des familles hôtes, ont été
recensées par l’organisation non gouvernementale Mission de compassion aux
opprimés et aux vulnérables (MCOV), en collaboration avec les structures
locales. Elles sont réparties dans quatre aires de santé : Kangahuka, Lubiriha,
Kasindi et la zone frontalière.
Depuis la dernière vague de déplacements enregistrée en février 2025, les appels à l’aide se multiplient.
Pourtant,
la réponse humanitaire reste largement insuffisante au regard des besoins sur
le terrain. L’absence prolongée d’assistance ne fait qu’aggraver la détresse de
ces populations déjà traumatisées par les violences et les déplacements forcés.
Face
à cette situation, les acteurs locaux rappellent la responsabilité de l’État
congolais dans la protection des civils, conformément à ses engagements
nationaux et internationaux. Ils plaident pour des mesures urgentes : le
renforcement de la réponse humanitaire, la mobilisation des partenaires, ainsi
qu’une assistance coordonnée, régulière et adaptée aux besoins prioritaires.
Ils
appellent également la communauté internationale, notamment le Conseil de
sécurité des Nations unies, à prendre des décisions fermes pour mettre fin aux
agressions et sanctionner les auteurs de violations des droits humains.
Au-delà
de Kasindi, la crise est généralisée dans toute la province du Nord-Kivu, où
plus d’un million de déplacés vivent dans des conditions alarmantes.
Des
interrogations persistent quant à l’effectivité du couloir humanitaire annoncé.
Faut-il attendre la réouverture de l’aéroport de Goma pour espérer une arrivée
significative de l’aide ? Sur le terrain, l’impatience et l’incompréhension
grandissent.
Par
ailleurs, malgré son importance stratégique et économique — la douane de
Kasindi étant l’un des principaux postes frontaliers générateurs de recettes —,
les retombées peinent à bénéficier aux populations locales, notamment aux
déplacés.
La
situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs femmes déplacées sont
exposées à des risques accrus, notamment en matière de santé et de violences, y
compris la propagation du VIH/Sida.
Face
à l’ampleur de la crise, les acteurs locaux insistent qu'il y a urgence d’agir
pour les déplacés de Kasindi et ses environs.
En
parallèle, des allégations de détournement de fonds visant le comité de gestion
de l’eau potable à Kasindi sont évoquées et devraient faire l’objet d’un examen
approfondi dans les prochains jours.
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