Une mobilisation nationale pour dénoncer des injustices a été constatée le 10 avril 2026 par les conseillers communaux de la République Démocratique du Congo qui se sont mobilisés devant le Ministère des Finances à Kinshasa pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de gestion opaque de leurs ressources.
Prenant la parole au nom de ses collègues, le coordonnateur du caucus, Willy Nzembela, a dénoncé une série d’irrégularités dans le traitement de leur enveloppe budgétaire, appelant le ministre des Finances à mettre fin à toute manipulation.
Des accusations de réduction illégale de l’enveloppe
Au
cœur des revendications, les conseillers communaux accusent le ministre des
Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, de réduire de manière injustifiée
leur enveloppe globale de fonctionnement.
Selon eux, jusqu’à 50 % des fonds auraient été retranchés, alors que ces ressources couvrent : la location des sièges administratifs, la rémunération du personnel d’appoint, les charges de fonctionnement, ainsi que les indemnités des élus.
Ils dénoncent également la signature tardive des documents techniques, évoquant une incohérence majeure dans l’exécution budgétaire de l’exercice 2025.
Des institutions fragilisées dès leur mise en place
Les conseillers communaux rappellent qu’ils représentent de nouvelles institutions encore en phase de structuration, sans infrastructures propres. « Nous n’avons pas de sièges. Tout repose sur les frais de fonctionnement », ont-ils insisté, soulignant que ces coupes budgétaires compromettent directement leur capacité à travailler et à servir les populations locales.
Les manifestants affirment que les réductions auraient commencé dès 2025, avec une baisse d’environ 30 % de l’enveloppe initiale. Ils s’interrogent sur la destination des fonds retranchés, affirmant ne retrouver aucune trace de ces montants dans les documents officiels, notamment la loi de reddition des comptes.
Un appel à la Première ministre et au Parlement
Face
à cette situation, une correspondance officielle a été adressée à la Première
ministre, Judith Suminwa Tuluka, afin de dénoncer ces pratiques remontant à
2024.
Les conseillers communaux appellent également l’Assemblée nationale à jouer pleinement son rôle de contrôle pour établir les responsabilités, clarifier la gestion des fonds publics, et garantir un traitement équitable entre institutions.
Des paiements partiels et irréguliers
Les
élus reconnaissent avoir commencé à percevoir des frais de fonctionnement en
2025, mais dénoncent des paiements incomplets et irréguliers. Sur 12 mois,
seuls 8 mois auraient été payés, souvent après des pressions et des sit-in.
« Devons-nous manifester pour être payés ? », s’interrogent-ils.
Se réclamant de l’Union sacrée, les conseillers communaux mettent en garde contre les conséquences politiques de cette situation dans un contexte jugé sensible. Ils appellent le ministre des Finances à « revoir ses calculs » afin d’éviter une escalade, estimant que ces pratiques sont discriminatoires par rapport à d’autres institutions publiques comme les assemblées provinciales ou les gouvernements provinciaux.
“Trop, c’est trop”
Unis
et venus de plusieurs provinces, les conseillers communaux affirment leur
détermination à poursuivre la mobilisation jusqu’à obtenir des réponses
concrètes.
Pour eux, cette lutte
dépasse la simple question salariale. Elle concerne la reconnaissance et le
respect des élus locaux, considérés comme les plus proches de la population.
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