Au site de déplacés de Katashola, à Bushushu, dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu, la situation des familles déplacées devient de plus en plus préoccupante. Une mission de monitoring menée le 8 septembre 2026 par l’Inspection territoriale du Mouvement des Sociétés civiles du Congo (MSCO-Kalehe) fait état d’une dégradation avancée des abris, à l’approche de la saison des pluies.
Des abris qui ne protègent plus les familles
Selon le constat dressé par le MSCO-Kalehe, plus de 80 % des abris du site sont aujourd’hui constitués de bâches déchirées, usées ou fortement détériorées.
Ces installations, destinées à offrir un minimum de protection aux personnes déplacées, ne rempliraient désormais plus correctement leur fonction. Les bâches endommagées laissent passer la pluie et le vent, exposant directement les occupants au froid et à l’humidité.
La situation est particulièrement préoccupante pour les familles les plus vulnérables. Le MSCO indique que les personnes vivant sur le site sont majoritairement des femmes et des enfants, dont certains sont contraints de passer la nuit dans des conditions extrêmement précaires.
Des familles exposées à la pluie et au froid
La détérioration des abris contraint plusieurs familles à dormir à même le sol, dans des conditions qui ne garantissent ni confort ni protection suffisante.
Avec l’arrivée annoncée de la saison des pluies, la situation pourrait rapidement s’aggraver. Des infiltrations d’eau pourraient rendre les espaces de vie davantage insalubres, tandis que les vents et les fortes précipitations risquent d'endommager, voire de détruire complètement, les abris déjà fragilisés.
Pour le MSCO-Kalehe, il ne s’agit donc plus seulement d’un problème de confort, mais d’une urgence humanitaire nécessitant une intervention rapide.
Un risque accru de maladies
La dégradation des abris intervient dans un contexte où les conditions de vie des personnes déplacées sont déjà particulièrement difficiles.
L’exposition prolongée à l’humidité, au froid et aux eaux de pluie peut accroître la vulnérabilité des enfants et des autres personnes fragiles face à plusieurs problèmes de santé.
Le MSCO redoute notamment une aggravation des risques sanitaires si aucune mesure préventive n’est prise avant l’intensification des pluies.
La dégradation des abris pourrait également compliquer davantage les conditions d’hygiène et de vie quotidienne des familles accueillies sur le site.
Appel urgent aux acteurs humanitaires
Face à cette situation, l’Inspection territoriale du MSCO-Kalehe interpelle directement les acteurs humanitaires intervenant dans le secteur des abris et des articles ménagers essentiels, notamment le Cluster Abris/AME, ainsi que ses partenaires tels que le HCR et l’OIM.
L’organisation de la société civile demande une intervention urgente afin de procéder au remplacement des bâches détériorées et à la distribution de kits AME, destinés à répondre aux besoins essentiels des familles déplacées.
Pour le MSCO, cette assistance doit intervenir avant que les premières pluies importantes ne rendent la situation encore plus critique.
Le temps presse à Katashola
L’alerte lancée le 8 septembre intervient donc à quelques semaines d’une période qui pourrait mettre davantage à rude épreuve les conditions de vie des déplacés.
Le MSCO-Kalehe appelle ainsi à une réponse rapide et coordonnée des autorités et des partenaires humanitaires. L’objectif est d’éviter que des familles déjà fragilisées par le déplacement ne se retrouvent sans abri fonctionnel au moment où les conditions météorologiques deviendront plus difficiles.
À Katashola, le remplacement des bâches et la fourniture de kits essentiels apparaissent désormais comme des besoins prioritaires pour protéger les familles déplacées et prévenir une nouvelle dégradation de leur situation humanitaire.

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