La
Société civile du peuple Mwenga/Kamituga hausse le ton contre les modalités de
perception de la Direction provinciale de la mobilisation et de l’encadrement
des recettes (DPMER) dans le territoire de Mwenga et la ville de Kamituga. Dans
une dénonciation adressée à la Présidence de la République et au gouverneur du
Sud-Kivu, elle demande que les recettes publiques soient versées par voie
bancaire et réclame des explications sur leur utilisation.
Des
interrogations sur la collecte des recettes
Dans
sa correspondance, la Société civile du peuple Mwenga/Kamituga affirme
s’opposer au paiement de la DPMER « dans les mains des individus ». Elle estime
que les recettes publiques doivent être versées dans un circuit financier
permettant leur traçabilité.
L’organisation
interpelle ainsi les autorités provinciales et nationales sur l'identité des
personnes chargées de collecter ces fonds, ainsi que sur leur destination.
« Un
individu peut-il garder l’argent de Mwenga et Kamituga ? Si l’argent se perd,
qui va nous rembourser ? », s’interroge-t-elle. La Société civile demande de
connaître la banque destinataire des recettes, le numéro du compte utilisé
ainsi que les mécanismes de contrôle et de justification des montants
collectés. « Depuis 2025, vous collectez notre argent. Où est-il ? »
La
société civile affirme que la perception des recettes se poursuit depuis 2025,
sans que les populations ne disposent, selon elle, d'informations suffisantes
sur les montants mobilisés et leur affectation. Elle demande aux autorités de
publier les données relatives aux recettes collectées dans la région et de
préciser leur destination dans les différents exercices budgétaires.
La
Société civile soulève également une préoccupation concernant la prise en
compte de Mwenga dans le budget provincial pour l'exercice 2026, estimant que
le territoire ne bénéficie pas suffisamment des retombées des recettes perçues
auprès de sa population.
Routes,
électricité et transport : le sentiment d’abandon
Dans
sa dénonciation, la Société civile dresse un constat particulièrement critique
de la situation des infrastructures à Mwenga et Kamituga. Elle évoque l'état
des routes, qu'elle juge très préoccupant, en faisant référence aux accidents
impliquant des motocyclistes. Pour les auteurs de la correspondance, l'état des
infrastructures routières constitue un problème majeur pour les déplacements
des personnes et l'acheminement des biens.
L'organisation
déplore également l'absence, selon elle, d'améliorations significatives dans le
secteur de l'électricité. Sur le plan du transport, elle affirme que la moto
demeure pratiquement le principal moyen de déplacement, notamment pour les
populations qui doivent parcourir de longues distances dans une région où les
infrastructures routières restent difficiles.
Les
conducteurs des motos au centre des préoccupations
La
Société civile demande par ailleurs aux autorités de mettre fin à ce qu'elle
qualifie de « tracasseries » visant les motocyclistes.
Elle
dénonce les opérations de bouclage ainsi que les multiples barrières installées
sur la RN2, où, selon elle, des éléments des FARDC et de la PNC exigeraient
quotidiennement 1.000 francs congolais aux motocyclistes.
Ces
pratiques sont présentées comme une charge supplémentaire pour des conducteurs
dont l'activité constitue, selon la Société civile, l'une des principales
sources de mobilité et de revenus dans la région. « Laissez nos conducteurs des
motos tranquilles, c’est notre seul espoir », plaide-t-elle.
Pas
de banque à Mwenga, pas de paiement DPMER
Face
à ces préoccupations, la Société civile du peuple Mwenga/Kamituga formule une
revendication centrale : le paiement des recettes publiques par un mécanisme
bancaire officiellement identifié et accessible à la population locale. Elle
résume sa position par cette formule : « Pas de banque à Mwenga, pas de
paiement DPMER ».
La
Société civile appelle ainsi la Présidence de la République et le gouvernorat
de la province du Sud-Kivu à clarifier le dispositif de perception des
recettes, à garantir leur traçabilité et à renforcer les mécanismes de
contrôle.
La
dénonciation est signée par Frédéric Muyengo, présenté comme représentant de la
Société civile du peuple Mwenga/Kamituga. Les griefs et chiffres avancés dans
cette correspondance relèvent des déclarations de cette structure et appellent,
pour leur vérification, des éléments de réponse des autorités provinciales et
des services concernés.
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