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vendredi 18 septembre 2026

Maniema : une ONG lance la campagne « Stop à la drogue en pharmacie »

Dans la ville de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, l’Action Communautaire de Développement et Encadrement Social des Personnes Vulnérables et des Enfants (ACODSPVE) dénonce avec force la vente illicite de médicaments assimilés à des drogues dans les officines locales.

Lors du lancement officiel de sa campagne de sensibilisation, Me Aristote Albati Bendera, coordonnateur national de l'ONG, a alerté la population, la société civile et les autorités sur ce qu’il qualifie de « danger mortel qui tue silencieusement nos enfants, nos jeunes et nos vieux ».

Une prolifération de drogues vendues sans ordonnance

Selon les constats dressés par l'organisation, des substances psychotropes et antalgiques puissants, notamment le Tramadol, la Morphine et le Valium (communément appelé diazépam), sont vendus en toute libre circulation dans la ville de Kindu et à travers la province.

Proposés « comme des bonbons » pour des sommes dérisoires variant entre 2.000 et 5.000 francs congolais, ces produits classés comme stupéfiants par la législation congolaise sont accessibles sans moindre contrôle ni ordonnance médicale, y compris aux mineurs dès l'âge de 15 ans.

Cette accessibilité incontrôlée entraîne des conséquences dévastatrices sur la jeunesse avec l'accroissement de la dépendance et de la criminalité (vols, déscolarisation) ; de troubles de la santé mentale (dépressions sévères, cas de folie) ; de surdoses mortelles enregistrées au sein de la communauté.

Pharmacies clandestines et corruption dans le corps médical

L'ACODSPVE pointe également du doigt la prolifération anarchique des « pharmacies de secours » dans les quartiers périphériques et les territoires de la province. Ces échoppes non autorisées commercialisent des produits périmés ou hors de tout contrôle de la Division provinciale de la Santé, violant l'ordonnance-loi 72-046 du 14 septembre 1972 régissant l'exercice de la pharmacie.

Plus grave encore, l'ONG accuse certaines firmes pharmaceutiques de corrompre des professionnels de santé à Kindu. En échange de primes, des médecins prescriraient des médicaments inadaptés au détriment des besoins réels des patients, plaçant leur intérêt financier avant la vie humaine.

L'association dénonce une pratique où des praticiens « détiennent désormais une pharmacie dans leur poche ou leur mallette », un acte passible de poursuites pour mise en danger de la vie d'autrui au regard du Code pénal congolais.

Saisine de la justice et actions sur le terrain

Face à cette crise sanitaire, l'ACODSPVE a pris des mesures concrètes. Saisine de la justice : dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile auprès du Procureur Général près la Cour d’Appel du Maniema. L'ONG exige l'ouverture d'une inspection générale, la fermeture immédiate de toutes les officines clandestines et des poursuites judiciaires contre les responsables.

Il est prévu une sensibilisation communautaire avec le lancement de la campagne "Stop à la drogue en pharmacie" (Tulinde Vijana Wetu), accompagnée de la distribution de dépliants pédagogiques rédigés en français et en swahili.

Un appel pressant a été lancé au gouverneur de province, aux responsables de la santé, ainsi qu'aux journalistes pour relayer ce message de prévention et interpeller les citoyens sur les dangers de l'automédication.

« Ne consommez jamais ces produits sans avis médical », a martelé Me Aristote Albati Bendera, réaffirmant la détermination de l'ACODSPVE à défendre les personnes vulnérables et à sauver la jeunesse du Maniema.


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