L’ancien
président gabonais Ali Bongo Ondimba est sorti de son silence, samedi 19
septembre 2026, pour réagir au dossier judiciaire français dit des « biens mal
acquis ».
Dans
une déclaration adressée aux Gabonais, il conteste principalement les
observations formulées par la République gabonaise dans cette procédure,
estimant qu’elles portent atteinte à la mémoire de son père, Omar Bongo
Ondimba.
Une
réaction centrée sur la mémoire d’Omar Bongo
Ali
Bongo précise que sa prise de parole ne vise pas à remettre en cause le
principe même de la procédure judiciaire. Il affirme que la justice doit
poursuivre son travail devant les juridictions compétentes.
Son
intervention porte plutôt sur les termes employés par l’État gabonais à l’égard
de son père, ancien président de la République décédé en 2009.
L’ancien
chef de l’État rappelle son lien filial avec Omar Bongo et affirme qu’il peut
accepter que l’action politique de son père soit examinée et critiquée, sans
accepter, selon lui, que sa mémoire soit bafouée.
Le
Gabon partie civile dans la procédure
Cette
sortie intervient dans un contexte de polémique sur la position actuelle de
l’État gabonais dans cette affaire. La chronologie rappelle toutefois que la
République gabonaise avait engagé sa démarche judiciaire avant le changement de
pouvoir de 2023.
Selon
des éléments rapportés par la presse gabonaise, l’État avait cherché à obtenir
le statut de partie civile sous la présidence d’Ali Bongo. Après un premier
refus en 2022, la Cour d’appel de Paris lui a reconnu cette qualité le 14 mars
2023, soit plusieurs mois avant la chute du régime d’Ali Bongo.
Juger
l’action politique sans bafouer la mémoire
Dans
sa déclaration, Ali Bongo établit donc une distinction entre l'examen de
l'action politique d'Omar Bongo et ce qu'il considère comme une remise en cause
de son honneur et de sa mémoire.
Il
présente cette démarche comme celle d'un ancien président, mais aussi comme
celle d'un fils souhaitant défendre la mémoire de son père. Il souligne par
ailleurs qu’Omar Bongo appartient désormais à l’histoire du Gabon.
Ali
Bongo ne s’est pas limité au dossier des biens mal acquis. Il a également
annoncé une prochaine prise de parole destinée aux militants du Parti
démocratique gabonais (PDG).
Cette
intervention devrait porter sur l’organisation du parti, son unité et son
avenir dans le nouveau contexte politique gabonais.
Sa
déclaration du 19 septembre 2026 apparaît ainsi comme une première prise de
position publique après plusieurs mois de silence, avant un développement
annoncé sur l’avenir de sa formation politique.
Une
controverse qui relance le débat sur l’héritage des Bongo
La
réaction d’Ali Bongo intervient alors que le dossier des « biens mal acquis »
ravive au Gabon les débats sur l’héritage politique, familial et patrimonial de
l’ancien président Omar Bongo.
Elle
a déjà suscité des réactions publiques, notamment celle de Serge Abessolo, qui
a répondu à Ali Bongo en mettant l’accent sur la manière dont l’ancien
président aurait préservé l’héritage de son père durant ses quatorze années au
pouvoir.
Ces
appréciations relèvent du débat politique et doivent être distinguées des
éléments judiciaires établis dans la procédure.
Au
cœur de cette controverse demeure donc une question distincte : d’un côté, la
procédure judiciaire française et la défense des intérêts patrimoniaux de
l’État gabonais ; de l’autre, la volonté d’Ali Bongo de préserver la mémoire de
son père et de contester la formulation retenue par les autorités actuelles.
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