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vendredi 18 septembre 2026

RDC : Olivier Kamitatu exige des explications à Ensemble pour la République sur une campagne présumée de dénigrement

Une procédure de notification par exploit d’huissier a été engagée, mercredi 16 septembre 2026 à Kinshasa, à la demande d’Olivier Kamitatu et de Me Hervé Diakiese Kyungu wa Kumwanza. Les deux cadres d’Ensemble pour la République dénoncent une série de publications qu’ils considèrent comme injurieuses, diffamatoires et attentatoires à leur réputation.

La démarche vise directement Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République. Dans une correspondance de Me Alain Amundala, dont une copie a été remise par huissier, le parti est appelé à s’expliquer sur l’origine, la nature et l’éventuelle prise en charge de cette campagne sur les réseaux sociaux.

Une notification officielle par huissier

L’exploit établi par l’étude d’huissiers de justice Maîtres Ingombe et Muadi fait état de la notification, le 16 septembre 2026, d'une correspondance référencée 075/CAB/AMA/Septembre/2026.

Le document a été remis au secrétaire général du parti, avec copie de la lettre adressée par Me Alain Amundala, conseil d’Olivier Kamitatu.

La notification est présentée comme une démarche préalable avant l’éventuelle mise en œuvre d’autres voies de droit.

L’avocat accorde à Ensemble pour la République un délai de 48 heures pour répondre aux demandes formulées.

57 publications versées dans une « matrice probatoire »

Selon la correspondance, Olivier Kamitatu et Me Hervé Diakiese auraient été visés, entre le 26 juillet et le 24 août 2026, par une série de publications diffusées sur les réseaux sociaux.

Le conseil affirme avoir constitué un dossier comprenant 57 publications, répertoriées dans une « matrice probatoire ». Il évoque une campagne qu'il décrit comme « convergente et répétée ».

Les publications dénoncées comporteraient notamment, selon la lettre, des injures, des attaques concernant la filiation ainsi que des accusations de trahison, corruption, rapprochement rémunéré avec le pouvoir en place et détournement de dons.

La lettre précise également que certaines publications auraient appelé à la radiation des deux intéressés du parti.

Ces accusations sont rapportées ici comme celles formulées par le conseil d’Olivier Kamitatu et de Me Hervé Diakiese ; elles ne constituent pas, à ce stade, des faits judiciairement établis.

Huit comptes et personnes identifiés

Le cabinet d’avocats cite huit personnes ou comptes qui figureraient dans le dossier transmis à la direction d’Ensemble pour la République. Il s'agit de

Christophe Kaffeke, @ChrisKaffeke ;

Youri Miteu, @YouriMiteu ;

Pascal Kasema, @Kasema Pascal ;

Andy Ledia, @7edia7 ;

Luhembwe Mango, @MangoLuhembwe ;

Sony Djeka, @NdjekaSony ;

Trésor Yuma, @Bonny_Yuma ;

Kilosho Museme, @Kilosho03.

La correspondance précise toutefois que cette liste n’est pas nécessairement exhaustive et que d’autres éléments pourraient encore être versés au dossier.

Surtout, l’avocat ne demande pas seulement des explications sur les contenus publiés.

Il cherche à déterminer le statut exact de ces personnes au sein du parti et l’existence éventuelle d'un lien entre leurs publications et la communication officielle d’Ensemble pour la République.

Cinq questions adressées à la direction du parti

Me Alain Amundala demande à Dieudonné Bolengetenge de préciser si les personnes citées sont des communicateurs officiellement mandatés par Ensemble pour la République.

Dans le cas contraire, il demande au parti d’indiquer à quel titre elles figurent éventuellement dans son organisation.

Pour les personnes reconnues comme communicateurs officiels, l’avocat veut également savoir si des responsables du parti leur auraient transmis des éléments de langage repris ensuite dans leurs publications.

La lettre demande par ailleurs à Ensemble pour la République d’expliquer la convergence et la répétition des publications dénoncées, ainsi que les éventuelles mesures prises pour s’en désolidariser.

Enfin, le parti est appelé à préciser si des mesures disciplinaires ou autres ont été engagées contre les personnes identifiées.

Le fondement juridique invoqué

La démarche s’appuie sur les articles 74 et 75 du Code pénal congolais, Livre II, relatifs aux imputations dommageables et aux injures publiques. Dans le droit congolais, l’imputation dommageable concerne l’attribution publique d’un fait précis susceptible de porter atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne.

La jurisprudence congolaise souligne également l’importance de l’élément de publicité dans l’application de ces dispositions. L’avocat invoque également plusieurs dispositions de la loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant Code du numérique.

Il estime que certaines publications pourraient relever de dispositions concernant la diffusion de contenus à caractère tribaliste, raciste ou xénophobe, le harcèlement par communication électronique et la diffusion de fausses informations visant une personne.

Il appartiendra toutefois aux autorités judiciaires, si elles sont saisies, de déterminer si les faits dénoncés remplissent effectivement les éléments constitutifs des infractions invoquées.

Le silence du parti au cœur de la démarche

Le conseil affirme avoir déjà saisi le Directoire d’Ensemble pour la République à travers un dossier intitulé « Ensemble pour la République : crise interne, communication et responsabilités », complété par des éléments factuels transmis le 20 août 2026.

Selon lui, l’absence de réponse du parti depuis près d’un mois justifie désormais cette notification formelle.

Me Amundala demande ainsi au secrétaire général de répondre dans les 48 heures à compter de la notification.

Des poursuites envisagées en cas d’absence de réponse

La correspondance ne constitue pas, en elle-même, une décision judiciaire ni une condamnation des personnes citées. Elle constitue une mise en demeure et une demande formelle d’explications, adressée à la direction du parti par le conseil des personnes qui s’estiment lésées.

L’avocat indique qu’en l’absence d’une réponse jugée satisfaisante dans le délai imparti, il se réserve « l’ensemble des voies de droit utiles », compte tenu de la nature des propos dénoncés et de la qualité des personnes visées.

L’affaire place ainsi la direction d’Ensemble pour la République devant deux questions distinctes : déterminer le statut réel des auteurs présumés des publications et préciser si leurs prises de position relevaient d’initiatives individuelles ou d’une communication liée au parti.

À ce stade, le document fourni ne contient pas la réponse de Dieudonné Bolengetenge ou de la direction d’Ensemble pour la République. Il ne permet donc pas d’établir leur position sur les accusations formulées par le conseil d’Olivier Kamitatu et de Me Hervé Diakiese.


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